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Faible participation des Québécois à la journée contre le prix de l'essence

12 septembre 2005  Société
Ils n’ont pas été beaucoup, hier, à sortir comme Robert Marotte leur pancarte pour protester contre la hausse record des prix de l’essence au Québec. À Montréal, quelques dizaines d’automobilistes ont tout de même tenté de perturber la jour
Photo : Jacques Grenier
Ils n’ont pas été beaucoup, hier, à sortir comme Robert Marotte leur pancarte pour protester contre la hausse record des prix de l’essence au Québec. À Montréal, quelques dizaines d’automobilistes ont tout de même tenté de perturber la jour
Rager, oui, mais manifester, non. La première journée de protestation contre la hausse des prix de l'essence organisée au Québec depuis la flambée record des tarifs ces dernières semaines n'a pas connu le succès escompté, hier. Alors que l'instigateur de l'événement s'attendait à ce que 100 000 automobilistes témoignent de leur mécontentement en ralentissant considérablement la circulation aux pompes, à peine quelques centaines de personnes ont répondu à cet appel.

Citoyen de Sherbrooke, Yves Charron s'est dit très déçu du peu de succès de son initiative, qui visait à importuner les sociétés pétrolières. Le concept de la journée de protestation était de se rendre dans différentes stations-service, et de ne mettre qu'un cent d'essence par voiture. M. Charron suggérait également aux gens d'utiliser leur carte de débit ou de crédit pour ralentir le processus, puis de vérifier l'huile, laver les fenêtres... bref, de prendre leur temps. Dans certaines stations de Montréal, le manège des manifestants a incité les propriétaires à fermer leurs pompes.

À Montréal comme en Estrie, certains ont donc répondu à l'appel, mais pas assez au goût de M. Charron. Il a déploré le manque de solidarité des Québécois devant cette situation, en se demandant pourquoi 50 000 citoyens ont pu sortir dans la rue pour protester contre la fermeture de la station de radio CHOI-FM, à Québec, alors que personne ne se présente pour cette situation. Il a notamment reproché aux chauffeurs de taxi de ne pas s'être joints à la manifestation d'hier.

Même modestes, ces moyens de pression ont néanmoins froissé l'Institut canadien des produits pétroliers, qui a dit les trouver malheureux. Le porte-parole de l'organisation qui représente les compagnies pétrolières, Carol Montreuil, estime que ces pressions peuvent avoir des conséquences fâcheuses.

Il souligne que le blocus des routes effectué la semaine dernière au Québec et au Nouveau-Brunswick par des camionneurs indépendants risque de créer un problème d'approvisionnement en pétrole mais aussi en diverses denrées. Quant à l'engorgement des stations-service par des automobilistes qui mettent peu d'essence, M. Montreuil estime qu'il n'embête que les détaillants.

Carol Montreuil note que les prix de l'essence ont déjà commencé à baisser, et que les effets de l'ouragan Katrina sur la production de pétrole diminuent graduellement. Il ne s'avance toutefois pas à prévoir un retour aux prix d'avant-Katrina, soit autour de 1,04 $ le litre.

Les représentants convoqués

Par ailleurs, à la demande du Bloc Québécois, le comité parlementaire fédéral de l'Industrie a convoqué les représentants des compagnies pétrolières pour une rencontre le 22 septembre. Le porte-parole bloquiste en matière d'industrie, Paul Crête, s'est réjoui que les pétrolières aient finalement à s'expliquer sur les hausses effrénées des prix de l'essence.

Cette rencontre, qui surviendra une semaine avant la rentrée aux Communes, vise notamment à préparer un plan d'action pour aider les plus démunis à faire face aux coûts de plus en plus exorbitants de l'essence et du mazout.

Selon Paul Crête, les récentes hausses sont complètement injustifiées. Il qualifie de honteux les profits encaissés par les raffineurs et les compagnies pétrolières. M. Crête estime qu'une surtaxe devrait être imposée sur ces profits faramineux. Par contre, il ne croit pas que le gouvernement fédéral devrait réduire ses taxes sur l'essence, parce que ces revenus sont investis dans des secteurs clés de l'économie comme les infrastructures.






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