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CPE: la CSN range sa menace de grève

Clairandrée Cauchy   1 septembre 2005  Société
La CSN a levé hier l'épée de Damoclès de la grève générale illimitée dans les 310 CPE qu'elle représente, du moins pour l'instant, afin de relancer la négociation. En gage de bonne foi, la centrale a promis de recommander aux éducatrices d'accepter le fruit de la négociation dans le secteur public, afin que les discussions puissent se concentrer sur l'équité salariale.

«Ce n'est pas vrai qu'on va faire subir des préjudices aux parents dans un contexte où il nous apparaît que l'attitude du gouvernement est davantage provocatrice», a déclaré la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, soulignant que la grève n'était pas le «plan de match préféré» des éducatrices. On n'écarte cependant pas définitivement la grève si les négociations achoppent de nouveau.

En tendant cette branche d'olivier, la CSN souhaite dissiper l'accusation récurrente voulant qu'elle utilise «les CPE comme une locomotive pour fracasser des murs» dans le secteur public. «On est prêts à témoigner de notre bonne foi et à recommander à nos membres de vivre avec les augmentations de salaire qui seront négociées dans le secteur public. Le secteur public fera la job qu'il aura à faire», a ajouté Mme Carbonneau.

Du même souffle, elle invite le gouvernement à mettre de l'eau dans son vin en considérant le dossier de l'équité salariale en garderie de façon distincte de l'exercice en cours dans le secteur public, le dissociant ainsi du cadre financier qui y prévaut. «On ne peut pas vivre avec le même pourcentage de la masse salariale pour compenser une erreur historique dans un milieu où il y a 100 % de femmes que dans un milieu où il y a 1 % de femmes. Cela ne tient pas la route», a illustré Mme Carbonneau, qui souhaite par ailleurs que les négociations embrayent également sur l'harmonisation des avantages sociaux entre les différents CPE syndiqués, ce qui représente, selon ses dires, des coûts «insignifiants».

Équité salariale

Sur l'équité salariale, un gouffre sépare les demandes syndicales et les offres patronales. La CSN estime qu'il faudrait 17 % d'augmentation pour payer les éducatrices à leur juste valeur, alors que le gouvernement offre 6,5 %, soit le même pourcentage que pour le secteur public.

La ministre de la Famille, Carole Théberge, s'est réjouie hier de cette ouverture syndicale, qu'elle qualifie de «responsable». «Je suis également heureuse de voir qu'on se rejoint sur un point: au niveau de l'équité salariale. [...] Ce sera le coeur des discussions dans les prochaines semaines. C'est bien pour les femmes du Québec», a fait valoir la ministre, qui ne démord cependant pas du cadre financier mis en avant par son gouvernement.

Cette attitude suscite la critique du porte-parole de l'opposition, le député péquiste Camil Bouchard, qui l'invite à dépasser «la rhétorique d'une collaboration de façade». «On ne peut négocier et se montrer inflexible en même temps», a lancé M. Bouchard.

Avec la collaboration de Robert Dutrisac






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