Sept morts dans l'incendie d'un autre immeuble insalubre à Paris - Chirac promet d'agir pour faire cesser les feux meurtriers
31 août 2005
Société
Photo : Agence Reuters
Les pompiers combattent l’incendie, qui a fait sept morts, dont quatre enfants.
Paris — Sept Ivoiriens, dont quatre enfants, sont morts lundi soir dans l'incendie d'un immeuble insalubre à Paris, squatté par des familles ivoiriennes, un sinistre qui est le troisième du genre depuis avril et qui a ravivé la polémique sur les conditions de logement des immigrés.
Ce drame fait suite à un autre incendie, d'origine toujours indéterminée, qui avait coûté la vie vendredi à 17 Africains, dont 14 enfants, dans un immeuble vétuste et surpeuplé du sud-est de la capitale française.
En avril, 24 Africains en attente de logement étaient déjà morts dans l'incendie d'un hôtel meublé du coeur de Paris.
Cette série repose la question du manque criant de logements sociaux. Des associations réclament des mesures de relogement d'urgence de la part de l'État mais surtout un programme de fond prévoyant la construction de nouveaux logements sociaux.
Lundi, c'est dans le quartier historique du Marais, dans le centre de Paris, qu'un incendie s'est déclaré peu avant 22h pour une raison encore inconnue dans la cage d'escalier en bois d'un immeuble de cinq étages.
La police privilégie la thèse de l'accident, évoquant des «installations et des circuits électriques défectueux».
L'immeuble était occupé par une douzaine de familles ivoiriennes réfugiées en France depuis trois ans, soit une quarantaine de personnes, dont la plupart était sans papiers. Il faisait partie des «423 pires immeubles insalubres» de Paris, selon René Dutrey, président de la société d'économie mixte SIEMP, propriétaire de l'immeuble.
D'après des témoignages, les conditions de vie étaient déplorables: murs lézardés, absence d'eau, de gaz et d'extincteurs, rats, cancrelats, intoxication au plomb. Un film tourné par l'AFP en février 2004 témoigne de cette insalubrité. Une voisine parle d'une «pile de pétitions» adressées à la mairie par des habitants «inquiets de voir autant d'enfants dans un immeuble aussi délabré».
Le feu a semé la panique. «Au quatrième étage, il y avait deux femmes enceintes. L'une a jeté son enfant de six ans par la fenêtre. Après, j'ai vu un homme foncer dans une vitre et s'écraser en bas», explique une femme, Karamoko, son enfant dans les bras.
Le président Jacques Chirac a promis «des initiatives fortes» pour éviter que de tels incendies se reproduisent, qualifiant la situation de «tout à fait indigne des exigences naturelles de l'accueil qu'on doit à celles et à ceux qui sont chez nous, quelles que soient leurs origines, quelle que soit leur nationalité».
La mairie a demandé à la préfecture la régularisation immédiate des familles qui occupaient l'immeuble incendié et leur a trouvé sept logements. Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, a quant à lui jugé qu'il fallait «fermer tous ces squats et tous ces immeubles pour arrêter ces drames».
La préfecture de police a annoncé hier soir «l'évacuation des immeubles et des squats les plus dangereux».
Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a concédé «un problème gravissime d'immeubles insalubres à Paris» avec un millier d'immeubles recensés.
Selon le maire du quartier, Pierre Aidenbaum, «les conditions de vie inadmissibles» dans l'immeuble étaient connues «depuis plusieurs années». Les habitants devaient évacuer les lieux en septembre pour permettre la réalisation de travaux.
Quelque 150 personnes ont manifesté hier après-midi près de l'immeuble incendié dans le Marais aux cris de «sans-papiers brûlés, sans-papiers assassinés!» et «Honte, honte à ce pouvoir qui laisse crever les immigrés!» tandis que 250 personnes se rassemblaient dans le XIIIe arrondissement à l'appel du Haut Conseil des Ivoiriens de France.
Le quotidien Le Monde a évoqué «l'impuissance» des pouvoirs publics, qui n'ont pas su «en vingt ans apporter une solution au problème du logement des populations fragiles».
Ce drame fait suite à un autre incendie, d'origine toujours indéterminée, qui avait coûté la vie vendredi à 17 Africains, dont 14 enfants, dans un immeuble vétuste et surpeuplé du sud-est de la capitale française.
En avril, 24 Africains en attente de logement étaient déjà morts dans l'incendie d'un hôtel meublé du coeur de Paris.
Cette série repose la question du manque criant de logements sociaux. Des associations réclament des mesures de relogement d'urgence de la part de l'État mais surtout un programme de fond prévoyant la construction de nouveaux logements sociaux.
Lundi, c'est dans le quartier historique du Marais, dans le centre de Paris, qu'un incendie s'est déclaré peu avant 22h pour une raison encore inconnue dans la cage d'escalier en bois d'un immeuble de cinq étages.
La police privilégie la thèse de l'accident, évoquant des «installations et des circuits électriques défectueux».
L'immeuble était occupé par une douzaine de familles ivoiriennes réfugiées en France depuis trois ans, soit une quarantaine de personnes, dont la plupart était sans papiers. Il faisait partie des «423 pires immeubles insalubres» de Paris, selon René Dutrey, président de la société d'économie mixte SIEMP, propriétaire de l'immeuble.
D'après des témoignages, les conditions de vie étaient déplorables: murs lézardés, absence d'eau, de gaz et d'extincteurs, rats, cancrelats, intoxication au plomb. Un film tourné par l'AFP en février 2004 témoigne de cette insalubrité. Une voisine parle d'une «pile de pétitions» adressées à la mairie par des habitants «inquiets de voir autant d'enfants dans un immeuble aussi délabré».
Le feu a semé la panique. «Au quatrième étage, il y avait deux femmes enceintes. L'une a jeté son enfant de six ans par la fenêtre. Après, j'ai vu un homme foncer dans une vitre et s'écraser en bas», explique une femme, Karamoko, son enfant dans les bras.
Le président Jacques Chirac a promis «des initiatives fortes» pour éviter que de tels incendies se reproduisent, qualifiant la situation de «tout à fait indigne des exigences naturelles de l'accueil qu'on doit à celles et à ceux qui sont chez nous, quelles que soient leurs origines, quelle que soit leur nationalité».
La mairie a demandé à la préfecture la régularisation immédiate des familles qui occupaient l'immeuble incendié et leur a trouvé sept logements. Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, a quant à lui jugé qu'il fallait «fermer tous ces squats et tous ces immeubles pour arrêter ces drames».
La préfecture de police a annoncé hier soir «l'évacuation des immeubles et des squats les plus dangereux».
Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a concédé «un problème gravissime d'immeubles insalubres à Paris» avec un millier d'immeubles recensés.
Selon le maire du quartier, Pierre Aidenbaum, «les conditions de vie inadmissibles» dans l'immeuble étaient connues «depuis plusieurs années». Les habitants devaient évacuer les lieux en septembre pour permettre la réalisation de travaux.
Quelque 150 personnes ont manifesté hier après-midi près de l'immeuble incendié dans le Marais aux cris de «sans-papiers brûlés, sans-papiers assassinés!» et «Honte, honte à ce pouvoir qui laisse crever les immigrés!» tandis que 250 personnes se rassemblaient dans le XIIIe arrondissement à l'appel du Haut Conseil des Ivoiriens de France.
Le quotidien Le Monde a évoqué «l'impuissance» des pouvoirs publics, qui n'ont pas su «en vingt ans apporter une solution au problème du logement des populations fragiles».
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