Moins de CPE pour gérer les garderies en milieu familial
Le ministère de la Famille envisage de concentrer la gestion des services de garde en milieu familial — soit 14 000 éducatrices — entre les mains de quelque 150 centres de la petite enfance, alors que 884 CPE les coordonnent actuellement.
C'est le principal scénario qui a fait l'objet de discussions cet été entre le ministère et l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE). On espère ainsi réduire les frais de gestion. Les règles budgétaires rendues publiques en juin dernier prévoyaient d'ailleurs une diminution de plus de 62 % du budget alloué à la gestion du milieu familial, soit une compression de 15 millions pour la période allant du 1er janvier ou 30 mars.
Pour l'AQCPE, une telle option nuirait à la relation de confiance établie entre les responsables de services de garde en milieu familial (RSG) et leur CPE. La présidente de l'association, Hélène Potvin, estime que cela limiterait la capacité des CPE à améliorer leur services: «Pour nous, un CPE, dans ce qu'on était rendu à développer, c'est, oui, la garde en milieu familial et en installation, mais c'est aussi la garde avec des horaires atypiques, la garde où on offre des possibilités de halte, où on développe des liens avec les organismes communautaires. [...] On casse tout cela».
Les pistes évaluées par les fonctionnaires impliqueraient également, selon l'AQCPE, une réduction du nombre de visites de supervision de trois à deux par année et l'évaluation de l'accréditation se ferait tous les trois ans plutôt qu'une fois par année. L'organisme appréhende aussi des fusions de CPE, certains n'ayant plus, sans le milieu familial, la masse critique pour absorber les coûts de gestion.
Le Conseil québécois des CPE (CQCPE), qui regroupe environ le quart des 1004 centres, est cependant moins fermé à l'idée d'une rationalisation de la gestion. Pour la directrice, Francine Lessard, la compression «énorme» de 15 millions dans la gestion des services de garde incite «à prendre le temps de s'asseoir et réfléchir». «On nous dit : "Il y a beaucoup de structures administratives pour le nombre de place, est-ce qu'on peut donner autant de place aux enfants du Québec, avec moins de structures administratives." C'est cela la grande question de l'été.»
Peu loquace quant aux scénarios envisagés, le cabinet de la ministre est néanmoins irrité par l'agitation qui s'accroît dans le milieu des CPE. «Il y a une grosse campagne de désinformation sur le terrain. On tient toutes sortes de propos alarmistes qui provoquent des réactions de panique. On est en train de dire qu'on va enlever le milieu familial, c'est faux», s'exclame l'attachée de presse de la ministre, Louise Bédard.
Elle reconnaît néanmoins que «la garde en milieu familial fait l'objet de réflexion, parce qu'on veut revoir les façons de faire». Elle cite notamment le besoin de faciliter le remplacement des éducatrices et d'offrir des horaires plus flexibles.
Du côté de l'Association des éducatrices et éducateurs en milieu familial du Québec, qui avait proposé une rationalisation similaire en 2003, on s'étonne de ne pas être consulté. «Nous qui sommes les principales intéressées, on trafique sur notre dos sans nous consulter», déplore la présidente Nathalie D'amour, qui est néanmoins favorable à une réorganisation pour éliminer les dédoublements entre les CPE.
C'est le principal scénario qui a fait l'objet de discussions cet été entre le ministère et l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE). On espère ainsi réduire les frais de gestion. Les règles budgétaires rendues publiques en juin dernier prévoyaient d'ailleurs une diminution de plus de 62 % du budget alloué à la gestion du milieu familial, soit une compression de 15 millions pour la période allant du 1er janvier ou 30 mars.
Pour l'AQCPE, une telle option nuirait à la relation de confiance établie entre les responsables de services de garde en milieu familial (RSG) et leur CPE. La présidente de l'association, Hélène Potvin, estime que cela limiterait la capacité des CPE à améliorer leur services: «Pour nous, un CPE, dans ce qu'on était rendu à développer, c'est, oui, la garde en milieu familial et en installation, mais c'est aussi la garde avec des horaires atypiques, la garde où on offre des possibilités de halte, où on développe des liens avec les organismes communautaires. [...] On casse tout cela».
Les pistes évaluées par les fonctionnaires impliqueraient également, selon l'AQCPE, une réduction du nombre de visites de supervision de trois à deux par année et l'évaluation de l'accréditation se ferait tous les trois ans plutôt qu'une fois par année. L'organisme appréhende aussi des fusions de CPE, certains n'ayant plus, sans le milieu familial, la masse critique pour absorber les coûts de gestion.
Le Conseil québécois des CPE (CQCPE), qui regroupe environ le quart des 1004 centres, est cependant moins fermé à l'idée d'une rationalisation de la gestion. Pour la directrice, Francine Lessard, la compression «énorme» de 15 millions dans la gestion des services de garde incite «à prendre le temps de s'asseoir et réfléchir». «On nous dit : "Il y a beaucoup de structures administratives pour le nombre de place, est-ce qu'on peut donner autant de place aux enfants du Québec, avec moins de structures administratives." C'est cela la grande question de l'été.»
Peu loquace quant aux scénarios envisagés, le cabinet de la ministre est néanmoins irrité par l'agitation qui s'accroît dans le milieu des CPE. «Il y a une grosse campagne de désinformation sur le terrain. On tient toutes sortes de propos alarmistes qui provoquent des réactions de panique. On est en train de dire qu'on va enlever le milieu familial, c'est faux», s'exclame l'attachée de presse de la ministre, Louise Bédard.
Elle reconnaît néanmoins que «la garde en milieu familial fait l'objet de réflexion, parce qu'on veut revoir les façons de faire». Elle cite notamment le besoin de faciliter le remplacement des éducatrices et d'offrir des horaires plus flexibles.
Du côté de l'Association des éducatrices et éducateurs en milieu familial du Québec, qui avait proposé une rationalisation similaire en 2003, on s'étonne de ne pas être consulté. «Nous qui sommes les principales intéressées, on trafique sur notre dos sans nous consulter», déplore la présidente Nathalie D'amour, qui est néanmoins favorable à une réorganisation pour éliminer les dédoublements entre les CPE.
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