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Accident à l'aéroport de Toronto - C'est confirmé : l'Airbus d'Air France s'est posé beaucoup trop loin sur la piste

N/A ZZZN/A   8 août 2005  Société
Le dérapage de l’Airbus A340 d’Air France à l’aéroport de Toronto, mardi dernier, a fait 43 blessés, mais aucun mort parmi les 309 passagers et membres d’équipage.
Photo : Agence Reuters
Le dérapage de l’Airbus A340 d’Air France à l’aéroport de Toronto, mardi dernier, a fait 43 blessés, mais aucun mort parmi les 309 passagers et membres d’équipage.
Toronto — L'Airbus A340 accidenté mardi dernier à Toronto a touché le sol beaucoup plus loin que la normale, presque au milieu de la piste, et les conditions météo, sous un violent orage, ne lui permettaient pas de s'arrêter à temps, a déclaré hier le chef des enquêteurs, Réal Levasseur.

«La piste fait environ 2700 m de long», a-t-il expliqué, et l'A340 a avalé «1200 m» de piste, soit près de la moitié, avant de se poser. La piste était détrempée par l'orage et «dans ces conditions, je suis convaincu qu'il n'y avait pas moyen que l'avion puisse s'arrêter avant l'extrémité», a ajouté M. Levasseur au cours d'une conférence de presse.

Selon M. Levasseur, les données de vol indiquent que l'appareil volait à environ 148 noeuds, ou 274 km/h, avec un vent arrière, lorsqu'il a atterri. Ce n'est pas loin de la vitesse d'approche habituelle de 140 noeuds.

Selon M. Levasseur, l'Airbus filait encore à près de 80 noeuds, soit environ 148 km/h, lorsqu'il est arrivé en bout de piste.

Le quadriréacteur a fini sa course dans un ravin et a pris feu. L'accident a fait 43 blessés, mais aucun mort parmi les 309 passagers et membres d'équipage. En temps normal, avec une piste sèche et tous les équipements de freinage mis en oeuvre (inverseurs de poussée, destructeurs de portance et freins sur les roues), un avion de la taille d'un A340 peut s'arrêter en 1500 m, selon M. Levasseur.

Son équipe s'efforce de déterminer à quelle vitesse l'avion a décéléré après avoir touché le sol, puisque cela pourrait aussi avoir été un facteur d'accident. Des simulations et des tests de décélération en laboratoire seront effectués dans le cadre de l'enquête, a ajouté M. Levasseur.

Pilote entendu

Les enquêteurs ont entendu samedi le pilote de l'appareil, toujours hospitalisé à Toronto pour des blessures au dos. Ils ont eu avec lui des discussions «honnêtes et franches» dont la teneur ne sera pas divulguée pour le moment, a précisé M. Levasseur. Le copilote, qui était aux commandes au moment de l'atterrissage, a déjà été entendu et a regagné la France samedi avec le reste de l'équipage.

Les enquêteurs, a d'autre part indiqué M. Levasseur, vont tenter de comprendre pourquoi deux toboggans d'évacuation ne se sont pas déployés quand les portes ont été ouvertes. De nombreux passagers ont dû ainsi sauter d'une hauteur de quatre à cinq mètres.

Selon M. Levasseur, quatre des huit portes et issues de secours de l'avion seulement ont été utilisées: trois de ces portes, sur le côté gauche de l'appareil, étaient menacées par les flammes et une quatrième était difficile à ouvrir.

L'évacuation des occupants de l'appareil a pourtant été réalisée dans un délai de 90 secondes et le sang-froid des 12 membres d'équipage a notamment été salué par les autorités aéroportuaires de Toronto.






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