Sécurité publique - La prison est toujours «populaire» au Canada
Le Canada est l'un des pays occidentaux qui emprisonne le plus ses citoyens, arrivant au 5e rang après les États-Unis.
Selon des données récentes du ministère fédéral de la Sécurité publique, le Canada comptait 116 détenus par tranche de 100 000 habitants en 2002. C'est sept fois moins que les États-Unis, champions de la prison avec un taux de 702 prisonniers adultes pour 100 000 habitants. La Nouvelle-Zélande arrive au deuxième rang (155 prisonniers pour 100 000 habitants), suivie de l'Angleterre et pays de Galles et l'Écosse. En bas de liste figurent les pays scandinaves, la Norvège se démarquant comme le pays où il y a le moins de prisonniers (59 pour 100 000 habitants). Le Danemark suit avec 64, puis la Suisse (68), la Finlande (70) et la Suède (73).
Le taux d'incarcération du Canada s'est mis à diminuer au milieu des années 90, mais il demeure au beau fixe depuis l'an 2000. En parallèle, le taux d'adultes mis en accusation a connu une tendance à la baisse depuis 1980.
Des phénomènes inédits émergent de ce portrait statistique portant sur près d'un quart de siècle. Alors que le taux d'hommes accusés de crimes de violence diminue bon an mal an après avoir atteint un sommet en 1993, celui des femmes est en hausse constante. Il reste que les hommes sont plus nombreux que les femmes à sombrer dans la criminalité. C'est aussi une affaire de jeunes. Plus de la moitié des victimes de crimes de violence déclarés en 2003 avaient moins de 30 ans.
Contrairement aux croyances populaires, les personnes âgées ne sont pas les principales cibles des crimes de violence. Les 65 ans et plus représentent 1,8 % des victimes de crimes de violence, tandis que les sans-voix, les enfants de moins de 14 ans, forment 16 % du lot.
Un autre mythe vole en éclats, celui que la nouvelle loi sur les jeunes contrevenants entraînerait à coup sûr une répression accrue à l'égard des mineurs. En 2003, avec l'entrée en vigueur de la loi, tous les crimes commis par les adolescents ont connu une baisse qui pourrait être attribuable en partie à cette réforme, estime la Sécurité publique fédérale. Le vol est la cause la plus souvent entendue par des tribunaux de la jeunesse. Chez plus de la moitié des adolescents inculpés d'un crime de violence, l'infraction qui leur était reprochée était des voies de faits simples.
Des peines courtes
La plupart des peines de détention imposées par les tribunaux sont par ailleurs très courtes. Plus de la moitié (55,6 %) durent moins d'un mois. À peine 3,7 % des déclarations de culpabilité mènent à des peines de deux ans ou plus, c'est-à-dire dans un pénitencier. Ainsi, sur 2,8 millions d'infractions signalées à la police en 2003, 310 000 condamnations ont été prononcées, mais seulement 83 885 personnes ont abouti en prison (juridiction provinciale), et 4281 dans un pénitencier fédéral. Les délinquants purgent en moyenne 40 % de leur peine avant leur libération conditionnelle totale.
Les autochtones sont plus nombreux que jamais à se retrouver dans un pénitencier, où sont concentrés la plus grande part des criminels violents. Au cours des sept dernières années, la population autochtone sous responsabilité du système fédéral s'est accrue de 21,7 %. Au total, 2301 membres des Premières Nations sont sous les verrous pour des peines de deux ans et plus.
L'incarcération a un coût. Les dépenses du gouvernement fédéral dans les services correctionnels s'élevaient à 1,57 milliard de dollars en 2002-03, ce qui représente moins de 1 % du budget de l'État. Les débours des provinces et territoires s'élevaient quant à eux à 1,28 milliard. En dollars constants, le financement du système carcéral fédéral a connu une augmentation de 11 % de 1998-99 à 2002-03.
Le coût moyen pour une journée de détention, une mesure de référence, est passé de 185 $ en 1999-00 à 222 $ en 2002-03. Un délinquant laissé dans la collectivité coûte bien moins cher, soit 56 $ par jour. C'est pourtant dans les pénitenciers que sont concentrés 80 % des effectifs. À peine 700 agents de libération conditionnelle, soit 4,4 % du personnel, s'occupent de la surveillance en milieu ouvert. Et les condamnations avec sursis ne cessent d'augmenter.
Selon des données récentes du ministère fédéral de la Sécurité publique, le Canada comptait 116 détenus par tranche de 100 000 habitants en 2002. C'est sept fois moins que les États-Unis, champions de la prison avec un taux de 702 prisonniers adultes pour 100 000 habitants. La Nouvelle-Zélande arrive au deuxième rang (155 prisonniers pour 100 000 habitants), suivie de l'Angleterre et pays de Galles et l'Écosse. En bas de liste figurent les pays scandinaves, la Norvège se démarquant comme le pays où il y a le moins de prisonniers (59 pour 100 000 habitants). Le Danemark suit avec 64, puis la Suisse (68), la Finlande (70) et la Suède (73).
Le taux d'incarcération du Canada s'est mis à diminuer au milieu des années 90, mais il demeure au beau fixe depuis l'an 2000. En parallèle, le taux d'adultes mis en accusation a connu une tendance à la baisse depuis 1980.
Des phénomènes inédits émergent de ce portrait statistique portant sur près d'un quart de siècle. Alors que le taux d'hommes accusés de crimes de violence diminue bon an mal an après avoir atteint un sommet en 1993, celui des femmes est en hausse constante. Il reste que les hommes sont plus nombreux que les femmes à sombrer dans la criminalité. C'est aussi une affaire de jeunes. Plus de la moitié des victimes de crimes de violence déclarés en 2003 avaient moins de 30 ans.
Contrairement aux croyances populaires, les personnes âgées ne sont pas les principales cibles des crimes de violence. Les 65 ans et plus représentent 1,8 % des victimes de crimes de violence, tandis que les sans-voix, les enfants de moins de 14 ans, forment 16 % du lot.
Un autre mythe vole en éclats, celui que la nouvelle loi sur les jeunes contrevenants entraînerait à coup sûr une répression accrue à l'égard des mineurs. En 2003, avec l'entrée en vigueur de la loi, tous les crimes commis par les adolescents ont connu une baisse qui pourrait être attribuable en partie à cette réforme, estime la Sécurité publique fédérale. Le vol est la cause la plus souvent entendue par des tribunaux de la jeunesse. Chez plus de la moitié des adolescents inculpés d'un crime de violence, l'infraction qui leur était reprochée était des voies de faits simples.
Des peines courtes
La plupart des peines de détention imposées par les tribunaux sont par ailleurs très courtes. Plus de la moitié (55,6 %) durent moins d'un mois. À peine 3,7 % des déclarations de culpabilité mènent à des peines de deux ans ou plus, c'est-à-dire dans un pénitencier. Ainsi, sur 2,8 millions d'infractions signalées à la police en 2003, 310 000 condamnations ont été prononcées, mais seulement 83 885 personnes ont abouti en prison (juridiction provinciale), et 4281 dans un pénitencier fédéral. Les délinquants purgent en moyenne 40 % de leur peine avant leur libération conditionnelle totale.
Les autochtones sont plus nombreux que jamais à se retrouver dans un pénitencier, où sont concentrés la plus grande part des criminels violents. Au cours des sept dernières années, la population autochtone sous responsabilité du système fédéral s'est accrue de 21,7 %. Au total, 2301 membres des Premières Nations sont sous les verrous pour des peines de deux ans et plus.
L'incarcération a un coût. Les dépenses du gouvernement fédéral dans les services correctionnels s'élevaient à 1,57 milliard de dollars en 2002-03, ce qui représente moins de 1 % du budget de l'État. Les débours des provinces et territoires s'élevaient quant à eux à 1,28 milliard. En dollars constants, le financement du système carcéral fédéral a connu une augmentation de 11 % de 1998-99 à 2002-03.
Le coût moyen pour une journée de détention, une mesure de référence, est passé de 185 $ en 1999-00 à 222 $ en 2002-03. Un délinquant laissé dans la collectivité coûte bien moins cher, soit 56 $ par jour. C'est pourtant dans les pénitenciers que sont concentrés 80 % des effectifs. À peine 700 agents de libération conditionnelle, soit 4,4 % du personnel, s'occupent de la surveillance en milieu ouvert. Et les condamnations avec sursis ne cessent d'augmenter.
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