Garderies: la grève n'a pu être évitée
Photo : Jacques Nadeau
Près de 25 000 enfants fréquentant 310 Centres de la petite enfance (CPE) du Québec auront congé de garderie, aujourd'hui et jusqu'à vendredi, ce qui voudra dire aussi un sérieux casse-tête organisationnel pour les parents touchés. Le blitz de négociations intensives entamé ces derniers jours entre le gouvernement et les représentants des éducatrices a en effet échoué, hier, en fin de journée, l'écart entre les offres et les demandes demeurant trop grand pour espérer un accord de dernière minute.
«C'est rompu», a confirmé vers 18h un porte-parole de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui représente quelque 7800 éducatrices (la quasi-totalité des autres éducatrices ne sont pas syndiquées, mais la future convention s'appliquera à tout le secteur). Ce qui veut donc dire que la deuxième partie du mandat de grève de sept jours voté par les syndiquées sera appliqué dès ce matin. Les éducatrices avaient déjà débrayé les 3, 6 et 7 juin. Un retour à la table de négociations la semaine dernière avait fait naître une brève lueur d'espoir qu'un règlement survienne et que ces quatre nouvelles journées de grève puissent être évitées, mais en vain.
«Les écarts restent importants et dépassent largement la capacité de payer du gouvernement et des Québécois», a commenté Louise Bédard, attachée de presse de la ministre de la Famille, Carole Théberge. Mme Bédard a refusé de dévoiler l'ampleur du fossé existant entre les deux parties, mais elle mentionne que les «rapprochements faits dans les derniers jours» n'ont pas permis d'atteindre un seuil acceptable pour le gouvernement Charest. Plus tôt dans la journée, elle mentionnait que le ministère n'avait pas l'intention de «négocier le couteau sur la gorge».
La ministre a pour sa part déclaré dans un communiqué que «rompre les discussions ne rime à rien. Ce sont les parents et les enfants qui sont pris en otages par cette décision. [...] Il y a d'autres moyens, certainement plus utiles, d'arriver à un règlement. Si la partie syndicale est de bonne foi, elle doit revenir à la table de discussion».
À la CSN, on indique que la partie syndicale demeure «comme toujours» ouverte à la reprise des négociations, mais «pas pour discuter avec nous-mêmes», confie un responsable. «La proposition gouvernementale est revenue à son origine. Ils n'ont pas dégagé de mandat. Il y a eu certains rapprochements, mais au bout du compte, nous sommes revenus en arrière. C'est un choix politique et stratégique de la part du gouvernement de ne pas avoir voulu accéder à un compromis possible.»
Le mouvement de cette semaine pourrait bien prendre de l'ampleur: un vote sur une grève générale illimitée «déclenchable au moment jugé opportun» doit en effet être tenu durant les quatre jours de débrayage, a-t-on confirmé à la CSN. «Nous gardons la porte ouverte.»
Le différend entre le gouvernement et les éducatrices syndiquées repose principalement sur la question de l'équité salariale entre hommes et femmes. Les deux parties ne s'entendent pas sur le comparatif salarial masculin qui devrait être utilisé pour calculer la hausse de salaire nécessaire à l'atteinte de l'équité: la chose n'est pas aisée du fait que le secteur des services de garde est considéré sans comparateur masculin, et qu'il faut donc travailler à partir d'indicateurs théoriques, sujets à discussion.
Selon la CSN, la dernière offre gouvernementale aurait fait passer la rémunération maximale des éducatrices de 18,36 $ à 19,55 $, alors que le syndicat exige plutôt un plafond à 21,78 $. L'écart financier entre les deux montants pourrait représenter jusqu'à 300 millions. Autre point d'accrochage: la date d'application du futur règlement et des changements salariaux. La CSN voudraient que ceux-ci soient rétroactifs au 21 novembre 2001. Environ 167 000 enfants fréquentent la centaine d'établissements du réseau des CPE.
Pertes d'emplois
Par ailleurs, l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) dévoilera ce matin l'ampleur des licenciements qu'elle prévoit devoir effectuer à partir de l'été pour arriver à combler le manque à gagner de 40 millions indiqué dans les crédits budgétaires du gouvernement. Vendredi, l'Association avait déjà évoqué 600 pertes d'emplois, mais selon la porte-parole de l'AQCPE, jointe hier, ce chiffre a été revu à la hausse.
«C'est rompu», a confirmé vers 18h un porte-parole de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui représente quelque 7800 éducatrices (la quasi-totalité des autres éducatrices ne sont pas syndiquées, mais la future convention s'appliquera à tout le secteur). Ce qui veut donc dire que la deuxième partie du mandat de grève de sept jours voté par les syndiquées sera appliqué dès ce matin. Les éducatrices avaient déjà débrayé les 3, 6 et 7 juin. Un retour à la table de négociations la semaine dernière avait fait naître une brève lueur d'espoir qu'un règlement survienne et que ces quatre nouvelles journées de grève puissent être évitées, mais en vain.
«Les écarts restent importants et dépassent largement la capacité de payer du gouvernement et des Québécois», a commenté Louise Bédard, attachée de presse de la ministre de la Famille, Carole Théberge. Mme Bédard a refusé de dévoiler l'ampleur du fossé existant entre les deux parties, mais elle mentionne que les «rapprochements faits dans les derniers jours» n'ont pas permis d'atteindre un seuil acceptable pour le gouvernement Charest. Plus tôt dans la journée, elle mentionnait que le ministère n'avait pas l'intention de «négocier le couteau sur la gorge».
La ministre a pour sa part déclaré dans un communiqué que «rompre les discussions ne rime à rien. Ce sont les parents et les enfants qui sont pris en otages par cette décision. [...] Il y a d'autres moyens, certainement plus utiles, d'arriver à un règlement. Si la partie syndicale est de bonne foi, elle doit revenir à la table de discussion».
À la CSN, on indique que la partie syndicale demeure «comme toujours» ouverte à la reprise des négociations, mais «pas pour discuter avec nous-mêmes», confie un responsable. «La proposition gouvernementale est revenue à son origine. Ils n'ont pas dégagé de mandat. Il y a eu certains rapprochements, mais au bout du compte, nous sommes revenus en arrière. C'est un choix politique et stratégique de la part du gouvernement de ne pas avoir voulu accéder à un compromis possible.»
Le mouvement de cette semaine pourrait bien prendre de l'ampleur: un vote sur une grève générale illimitée «déclenchable au moment jugé opportun» doit en effet être tenu durant les quatre jours de débrayage, a-t-on confirmé à la CSN. «Nous gardons la porte ouverte.»
Le différend entre le gouvernement et les éducatrices syndiquées repose principalement sur la question de l'équité salariale entre hommes et femmes. Les deux parties ne s'entendent pas sur le comparatif salarial masculin qui devrait être utilisé pour calculer la hausse de salaire nécessaire à l'atteinte de l'équité: la chose n'est pas aisée du fait que le secteur des services de garde est considéré sans comparateur masculin, et qu'il faut donc travailler à partir d'indicateurs théoriques, sujets à discussion.
Selon la CSN, la dernière offre gouvernementale aurait fait passer la rémunération maximale des éducatrices de 18,36 $ à 19,55 $, alors que le syndicat exige plutôt un plafond à 21,78 $. L'écart financier entre les deux montants pourrait représenter jusqu'à 300 millions. Autre point d'accrochage: la date d'application du futur règlement et des changements salariaux. La CSN voudraient que ceux-ci soient rétroactifs au 21 novembre 2001. Environ 167 000 enfants fréquentent la centaine d'établissements du réseau des CPE.
Pertes d'emplois
Par ailleurs, l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) dévoilera ce matin l'ampleur des licenciements qu'elle prévoit devoir effectuer à partir de l'été pour arriver à combler le manque à gagner de 40 millions indiqué dans les crédits budgétaires du gouvernement. Vendredi, l'Association avait déjà évoqué 600 pertes d'emplois, mais selon la porte-parole de l'AQCPE, jointe hier, ce chiffre a été revu à la hausse.
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