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Et dire que les piscines sont fermées...

Par temps caniculaire, il faut boire (ou laper) beaucoup d’eau.
Photo : Jacques Nadeau
Par temps caniculaire, il faut boire (ou laper) beaucoup d’eau.
La chaleur est arrivée sans crier gare au Québec, prenant quelque peu de court les autorités de la santé publique de Montréal qui ne testeront leur plan d'intervention en temps de canicule que la semaine prochaine. Mais Dame Nature n'a manifestement cure de ce calendrier, puisque le sud du Québec entamait hier une quatrième journée de chaleur et d'humidité accablante, une rareté dans l'histoire météorologique de la région.

Avec ces 13 jours de grande chaleur, le mois de juin commence de façon exceptionnelle. En fait, il faut remonter 60 ans en arrière pour rencontrer un pareil départ, explique le météorologue Réjean Ouimet. «Cette année, il faut admettre que l'été a démarré sur les chapeaux de roues. Mais dès demain [aujourd'hui], tout reviendra à la normale», promet le présentateur à MétéoMédia.

Les effets de la chaleur qui sévit depuis vendredi se font sentir dans la population: déshydratation, fatigue, crampes musculaires, syncopes, épuisement et coups de chaleur sont le lot de plusieurs. Dans la nuit de vendredi à samedi, le nombre de transport en ambulance a même doublé, admet la Direction de la santé publique (DSP) de Montréal. Depuis, la situation serait toutefois revenue à la normale.

Comble d'ironie, la plupart des arrondissements montréalais, qui sont tenus par la DSP de prolonger les heures de baignade en temps de canicule, n'ont pas pu le faire, en raison d'un calendrier trop rigide. La plupart des arrondissement n'ouvriront leurs piscines extérieures qu'à la mi-juin, offrant aux Montréalais accablés de chaleur une coquille pour le moment désespérément vide.

Idem du côté des écoles primaires et secondaires qui sont nombreuses à ne pas disposer de climatiseurs sous prétexte que les classes se terminent avant les grandes chaleurs. Cette année fait exception, non sans provoquer quelques dommages collatéraux. Ainsi, l'école Laurier s'est résignée à annuler sa nuit de littérature devant la chaleur suffocante qui a pris d'assaut ses locaux.

Tous ces petits ratés montrent-ils que Québec n'est pas prêt à faire face à une longue canicule en juin? Pas du tout, estime le responsable de l'unité environnement urbain et santé à la DSP de Montréal, le Dr Louis Drouin. «La simulation ne sert en fait qu'à voir si notre plan est bien compris de tous les intervenants. Quant aux piscines, elles ne sont qu'un élément d'intervention parmi d'autres. Tout est sous contrôle.»

Quand une poussée de chaleur s'abat sur le Québec comme maintenant, les autorités de la santé publique disposent de trois niveaux d'action: la veille, l'alerte et la mobilisation. En ce moment, elles ne sont qu'en mode veille. Pour passer en mode alerte, il faut trois jours consécutifs à plus de 20 °C la nuit et plus de 33 °C le jour, avec deux nuits à 25 °C.

La mobilisation s'enclenche dès qu'on estime que ces conditions vont se prolonger ou lorsqu'il y a un excès de mortalité. Depuis 1987, seuls sept épisodes ont nécessité une telle intervention. À cette occasion, les décès sont montés jusqu'à 200 par jour à Montréal alors qu'on n'en compte que 40 à 45 en temps ordinaire.

La DSP espère toutefois que son tout nouveau plan fera mentir ces statistiques. «On est plus prêt qu'au dernier épisode de canicule majeure en 2002, ça, c'est certain, mais est-ce assez? On l'espère, mais on ne le saura qu'après avoir mesuré les courbes de décès», explique le Dr Drouin.

Une inconnue pourrait toutefois venir fausser les statistiques. Si on connaît l'impact du smog et de la canicule sur la santé et les hospitalisations, on n'a jamais calculé leur effet combiné. Certains estiment toutefois que leur synergie pourrait compliquer la donne.

Synergie ou pas, chacun doit prendre ses précautions dès que le mercure dépasse les 30 °C, particulièrement les plus vulnérables, soit les personnes âgées, mais aussi les jeunes enfants, les malades chroniques et ceux qui prennent des antidépresseurs, des diurétiques ou des hypertenseurs et des neuroleptiques.

La solution: boire de l'eau, soif, pas soif, mais aussi ne pas hésiter à s'y plonger aussi souvent que nécessaire. Il faut aussi éviter les boissons alcoolisées et les boissons à forte teneur en caféine ou en sucre, fuir le soleil et préconiser l'ombre et l'air climatisé.

On connaît en moyenne trois poussées de chaleur par année au Québec. Notons finalement qu'une poussée hâtive comme celle que connaît le sud du Québec n'est pas le gage d'un été chaud. «En 1997, juin avait été très chaud, mais la situation s'était replacée», rappelle le météorologue Réjean Ouimet.






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