Conflit à l'OSM - Des musiciens sont invités à ne pas jouer les scabs
Photo : Jacques Nadeau
Il faisait beau hier, et les musiciens en grève de l’OSM en ont profité pour faire prendre l’air à leurs instruments.
Les musiciens contactés par le Concours musical international de Montréal (CMIM) pour faire partie de l'orchestre chargé d'accompagner, en lieu et place de l'OSM, les finalistes du concours, la semaine prochaine, sont-ils victimes de pressions individuelles pour les amener à décliner l'invitation, voire à se désister?
La Guilde des Musiciens du Québec est-elle impliquée dans ces pressions? Si tel est le cas, la Guilde des musiciens du Québec n'est-elle pas en train de défendre certains musiciens au dépens d'autres musiciens appartenant à la même Guilde? Voilà les principales questions auxquelles aura à répondre ladite Guilde lors de la conférence de presse qui se tiendra ce matin au sujet de la grève à l'Orchestre symphonique de Montréal.
Joint hier, Gérard Masse, président de la Guilde des musiciens du Québec, a remis avec empressement nos questions à aujourd'hui. En tout cas, le climat apparaît malsain, des musiciens faisant état, sous couvert d'anonymat, d'appels téléphoniques les incitant fortement à ne pas devenir des «scabs» (briseurs de grève). La situation à ce jour est la suivante: le CMIM affirme avoir eu, hier après-midi, trente-cinq réponses positives et deux désistements. Assurément, l'orchestre du CMIM, qui doit accompagner des jeunes chanteurs venus de toute la planète, n'est pas encore constitué. Et sa constitution piétine. En effet, Albert de Vito, engagé par les Jeunesses Musicales du Canada pour former l'orchestre, s'est désisté. Joint au téléphone, il nous a confirmé son engagement, puis son désistement. Interrogé sur les raisons de ce désistement, à savoir si lui aussi aurait été victime d'appels comminatoires, M. de Vito, la voix troublée, s'est mis à se demander s'il devait «vraiment répondre à ces questions», avant d'achever l'entretien en disant: «Ce sont des raisons très personnelles.»
Le discours officiel est policé: «Il y a une recommandation de l'Association des musiciens de l'OSM demandant aux musiciens de respecter les piquets de grève et il y aura un appel à la solidarité de la part de la Guilde des musiciens», nous dit Jean-Marc Leclerc président du comité de négociation des musiciens de l'OSM. Le CMIM se trouve donc au coeur de la tourmente bien malgré lui. Les Jeunesses Musicales du Canada, qui organisent ce concours, font affaire avec un organisme, l'OSM, qui ne peut plus offrir ses services en raison de la grève. Or le CMIM a bien du mal à trouver un autre fournisseur, en l'occurrence un orchestre composé de musiciens pigistes. En d'autres termes, si Molson était en grève, le syndicat des brasseurs de bière interviendrait-il pour demander à Labatt et consorts de ne pas fournir en bière les clients de Molson? Intéressante question, que l'on posera également aujourd'hui!
La Guilde des Musiciens du Québec est-elle impliquée dans ces pressions? Si tel est le cas, la Guilde des musiciens du Québec n'est-elle pas en train de défendre certains musiciens au dépens d'autres musiciens appartenant à la même Guilde? Voilà les principales questions auxquelles aura à répondre ladite Guilde lors de la conférence de presse qui se tiendra ce matin au sujet de la grève à l'Orchestre symphonique de Montréal.
Joint hier, Gérard Masse, président de la Guilde des musiciens du Québec, a remis avec empressement nos questions à aujourd'hui. En tout cas, le climat apparaît malsain, des musiciens faisant état, sous couvert d'anonymat, d'appels téléphoniques les incitant fortement à ne pas devenir des «scabs» (briseurs de grève). La situation à ce jour est la suivante: le CMIM affirme avoir eu, hier après-midi, trente-cinq réponses positives et deux désistements. Assurément, l'orchestre du CMIM, qui doit accompagner des jeunes chanteurs venus de toute la planète, n'est pas encore constitué. Et sa constitution piétine. En effet, Albert de Vito, engagé par les Jeunesses Musicales du Canada pour former l'orchestre, s'est désisté. Joint au téléphone, il nous a confirmé son engagement, puis son désistement. Interrogé sur les raisons de ce désistement, à savoir si lui aussi aurait été victime d'appels comminatoires, M. de Vito, la voix troublée, s'est mis à se demander s'il devait «vraiment répondre à ces questions», avant d'achever l'entretien en disant: «Ce sont des raisons très personnelles.»
Le discours officiel est policé: «Il y a une recommandation de l'Association des musiciens de l'OSM demandant aux musiciens de respecter les piquets de grève et il y aura un appel à la solidarité de la part de la Guilde des musiciens», nous dit Jean-Marc Leclerc président du comité de négociation des musiciens de l'OSM. Le CMIM se trouve donc au coeur de la tourmente bien malgré lui. Les Jeunesses Musicales du Canada, qui organisent ce concours, font affaire avec un organisme, l'OSM, qui ne peut plus offrir ses services en raison de la grève. Or le CMIM a bien du mal à trouver un autre fournisseur, en l'occurrence un orchestre composé de musiciens pigistes. En d'autres termes, si Molson était en grève, le syndicat des brasseurs de bière interviendrait-il pour demander à Labatt et consorts de ne pas fournir en bière les clients de Molson? Intéressante question, que l'on posera également aujourd'hui!
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