Des femmes réclament qu'on célèbre la diversité
En Amérique du Nord, 95 % des femmes ne correspondent pas aux normes de beauté, qui sanctifient minceur et jeunesse éternelle. Résultat: un sentiment d'insatisfaction grandissant sourd dans les chaumières, sans que personne ne s'en émeuve. Mais le Réseau québécois d'action pour la santé des femmes (RQASF) entend bien porter cette grogne sur la place publique afin d'imposer un modèle où beauté rimera désormais avec diversité.
Hier, un appel général a été lancé aux femmes afin qu'elles sortent de leur isolement. «Les femmes doivent d'abord se mobiliser pour dire ce qu'elles veulent, a expliqué la directrice générale du RQASF, Lise Lamontagne. On s'offusque chacune dans nos voitures et dans nos salons, mais il faut que nos demandes se rendent sur la place publique. C'est là que nous pourrons interpeller les compagnies et peut-être même imposer de nouvelles normes.»
Il faut dire que le modèle de la jeune sirène — plus irréelle que réelle, parce que souvent retouchée et à peine pubère — se multiplie, et pas seulement dans les publicités. En effet, la télé, les vidéo-clips, les médias et le cinéma ont eux aussi adopté ce modèle, bien qu'il aille à l'encontre de la diversité du corps des femmes, des lois immuables du temps et des traits de caractéristiques ethniques.
Et plus la science avance, plus ces négations sont grandes. «Au nom du progrès, les industries pharmaceutiques et médicales façonnent le rapport des femmes avec leur corps», déplore Mme Lamontagne, qui dénonce le fait que les normes esthétiques soient fixées au gré des développements technologiques et non du désir des femmes.
Cette attitude, la comédienne Sylvie Léonard l'interprète comme un dangereux recul pour les femmes. Cette image est «complètement axée sur la séduction, la jeunesse éternelle, la dépendance, la passivité, donc tout ce qui représente un recul évident pour l'autonomie et le développement sain des femmes», dénonce la muse d'Un gars, une fille.
La comédienne est d'autant plus alarmée que cette hypersexualisation a même gagné les cours des écoles primaires. «C'est affolant le nombre de petites filles qui ne jouent pas au ballon, qui ne courent pas, qui ne sautent pas à la corde à danser parce qu'elles portent des jupes trop droites, des talons trop hauts.»
La pression du corps parfait est aussi une réalité quotidienne pour la comédienne Nathalie Gascon, qui s'est déjà fait recommander, «par amitié», de faire remonter ses paupières tombantes. «Pourquoi [...] toutes les petites morts que l'on doit vivre avant d'arriver à la mort ultime sont-elle dépréciées au profit d'un jeunisme à tout crin?», s'interrogeait-elle hier.
Trois ans
Pourquoi, en effet? Le RQASF s'est donné trois ans pour vider cette question et changer les mentalités au moyen de petits gestes qui, mis bout à bout, feront la différence. Pour la comédienne Sylvie Léonard, cela commencera d'abord par la dénonciation des stéréotypes. «Par exemple, lorsqu'une vitrine de magasin me choque, j'entre et je proteste!», explique-t-elle.
Pour Francine Girardet, 52 ans, cela passera plutôt par une véritable acceptation de ses propres différences. De 15 à 50 ans, la travailleuse dans une maison d'hébergement pour enfants a fait toutes les diètes, sans succès. «Mes projets étaient conditionnels à une perte de poids, raconte-t-elle. D'un échec à l'autre, j'ai perdu mon estime de moi. J'ai passé ma vie à attendre de perdre 20 livres pour commencer à vivre.»
Mais, il y a deux ans, Francine Girardet a mis fin à cette quête impossible. «Aujourd'hui, je ne vis plus dans l'irréalité. Avant, mon regard était orienté vers ceux qui me trouvaient grosse, aujourd'hui, il l'est vers ceux qui m'aiment.»
À la faveur de ces trois années, le réseau entend ainsi dénoncer tous les petits gestes qui conditionnent le regard que les femmes portent sur elles-mêmes. Le RQASF a aussi l'intention de dénoncer la tangente prise par le marché des soins du corps et celui des transformations esthétiques, qui ne sont régis par aucune norme.
Il espère ainsi favoriser la mise en place de recours pour les femmes qui ont subi des préjudices à la suite de traitements (électrolyse, tatouage, agrafage de l'estomac, lifting). Le tout se terminera par un colloque et le dépôt de recommandations auprès des leaders et des entreprises concernées.
Hier, un appel général a été lancé aux femmes afin qu'elles sortent de leur isolement. «Les femmes doivent d'abord se mobiliser pour dire ce qu'elles veulent, a expliqué la directrice générale du RQASF, Lise Lamontagne. On s'offusque chacune dans nos voitures et dans nos salons, mais il faut que nos demandes se rendent sur la place publique. C'est là que nous pourrons interpeller les compagnies et peut-être même imposer de nouvelles normes.»
Il faut dire que le modèle de la jeune sirène — plus irréelle que réelle, parce que souvent retouchée et à peine pubère — se multiplie, et pas seulement dans les publicités. En effet, la télé, les vidéo-clips, les médias et le cinéma ont eux aussi adopté ce modèle, bien qu'il aille à l'encontre de la diversité du corps des femmes, des lois immuables du temps et des traits de caractéristiques ethniques.
Et plus la science avance, plus ces négations sont grandes. «Au nom du progrès, les industries pharmaceutiques et médicales façonnent le rapport des femmes avec leur corps», déplore Mme Lamontagne, qui dénonce le fait que les normes esthétiques soient fixées au gré des développements technologiques et non du désir des femmes.
Cette attitude, la comédienne Sylvie Léonard l'interprète comme un dangereux recul pour les femmes. Cette image est «complètement axée sur la séduction, la jeunesse éternelle, la dépendance, la passivité, donc tout ce qui représente un recul évident pour l'autonomie et le développement sain des femmes», dénonce la muse d'Un gars, une fille.
La comédienne est d'autant plus alarmée que cette hypersexualisation a même gagné les cours des écoles primaires. «C'est affolant le nombre de petites filles qui ne jouent pas au ballon, qui ne courent pas, qui ne sautent pas à la corde à danser parce qu'elles portent des jupes trop droites, des talons trop hauts.»
La pression du corps parfait est aussi une réalité quotidienne pour la comédienne Nathalie Gascon, qui s'est déjà fait recommander, «par amitié», de faire remonter ses paupières tombantes. «Pourquoi [...] toutes les petites morts que l'on doit vivre avant d'arriver à la mort ultime sont-elle dépréciées au profit d'un jeunisme à tout crin?», s'interrogeait-elle hier.
Trois ans
Pourquoi, en effet? Le RQASF s'est donné trois ans pour vider cette question et changer les mentalités au moyen de petits gestes qui, mis bout à bout, feront la différence. Pour la comédienne Sylvie Léonard, cela commencera d'abord par la dénonciation des stéréotypes. «Par exemple, lorsqu'une vitrine de magasin me choque, j'entre et je proteste!», explique-t-elle.
Pour Francine Girardet, 52 ans, cela passera plutôt par une véritable acceptation de ses propres différences. De 15 à 50 ans, la travailleuse dans une maison d'hébergement pour enfants a fait toutes les diètes, sans succès. «Mes projets étaient conditionnels à une perte de poids, raconte-t-elle. D'un échec à l'autre, j'ai perdu mon estime de moi. J'ai passé ma vie à attendre de perdre 20 livres pour commencer à vivre.»
Mais, il y a deux ans, Francine Girardet a mis fin à cette quête impossible. «Aujourd'hui, je ne vis plus dans l'irréalité. Avant, mon regard était orienté vers ceux qui me trouvaient grosse, aujourd'hui, il l'est vers ceux qui m'aiment.»
À la faveur de ces trois années, le réseau entend ainsi dénoncer tous les petits gestes qui conditionnent le regard que les femmes portent sur elles-mêmes. Le RQASF a aussi l'intention de dénoncer la tangente prise par le marché des soins du corps et celui des transformations esthétiques, qui ne sont régis par aucune norme.
Il espère ainsi favoriser la mise en place de recours pour les femmes qui ont subi des préjudices à la suite de traitements (électrolyse, tatouage, agrafage de l'estomac, lifting). Le tout se terminera par un colloque et le dépôt de recommandations auprès des leaders et des entreprises concernées.
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