Garderies: Québec et Ottawa n'ont pas encore commencé à négocier
3 mai 2005
Société
Québec — Tandis que plusieurs provinces ont déjà signé une entente avec Ottawa, ou s'apprêtent à le faire, sur le financement d'un réseau de garderies, les négociations avec le Québec n'ont même pas encore commencé, a appris la Presse canadienne, hier.
À l'approche d'élections fédérales, le ministre du Développement social, Ken Dryden, multiplie ces jours-ci les annonces d'ententes avec les provinces, mais avec le Québec le dossier est au point mort.
Le cas du Québec est différent des autres provinces, en ce sens qu'il revendique un droit de retrait du programme fédéral, avec pleine compensation financière, mais sans conditions, ni reddition de comptes.
Le ministre Dryden ne s'est jamais prononcé pour dire si oui ou non il respecterait la position du Québec, toujours présentée comme non négociable.
Une source au gouvernement du Québec indique que le gouvernement fédéral a tâté le terrain dernièrement pour voir si Québec était prêt à jeter un peu de lest dans ce dossier.
Mais le gouvernement Charest estime être en position de force, et n'entend pas signer d'entente au rabais ou se soumettre à des normes «nationales».
Déjà au plus bas dans les sondages, les libéraux de Paul Martin seront en mauvaise posture s'ils se présentent devant les électeurs québécois, dans les semaines qui viennent, sans avoir réglé le dossier des garderies, selon le ministre des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier.
«Ce serait dur à expliquer aux Québécois pourquoi ceux qui ont créé le modèle [de garderies à contribution réduite] sont exclus des discussions et n'ont pas d'entente, a fait valoir le ministre, lors d'un entretien téléphonique. S'il y a urgence d'agir, c'est beaucoup plus du côté d'Ottawa.»
Le Manitoba et la Saskatchewan ont déjà signé, et l'Ontario est la prochaine sur la liste, dans les jours qui viennent. La Colombie-Britannique serait aussi sur le point de s'entendre avec Ottawa.
Au départ, Ottawa souhaitait négocier une entente multilatérale avec les provinces, mais devant les difficultés rencontrées, on a dû battre en retraite il y a quelques semaines et se résoudre à négocier avec les provinces une à une.
La semaine dernière, le ministre Dryden était de passage dans la région de Québec pour faire une annonce à l'intention des personnes âgées, en compagnie du ministre Pelletier et de la ministre responsable du dossier des garderies, Carole Théberge.
À cette occasion, il a demandé à ses homologues s'ils étaient prêts à entreprendre des «discussions» dans le dossier des garderies. Ses interlocuteurs ont répondu par l'affirmative, en rappelant la position du Québec, et M. Dryden n'a pas réagi.
«Pour le gouvernement du Canada, c'est un peu moins excitant de négocier ça [une entente sans conditions] qu'une entente où effectivement ils interviennent dans un champ de compétence», dit M. Pelletier.
Depuis le début, à Ottawa on parle de «normes nationales» et de «principes» que devraient respecter toutes les provinces.
Au cabinet de M. Dryden, hier, on tenait encore ce discours, tout en disant que chaque entente serait «unique», en fonction des besoins propres à chacune des provinces du pays. On se donne un an pour régler le dossier.
Aucune rencontre n'est prévue entre les ministres de deux ordres de gouvernements.
En novembre dernier, à Gatineau, Québec avait refusé de signer l'entente fédérale-provinciale visant à faire adhérer les provinces aux quatre grands principes tels qu'ils sont définis par Ottawa: qualité, universalité inclusive, accessibilité et développement du réseau.
L'an dernier, en campagne électorale, les libéraux fédéraux s'étaient engagés à verser cinq milliards en cinq ans aux provinces en vue de financer un réseau de garderies à contribution réduite dans tout le pays. Compte tenu de sa population, le Québec s'attend à obtenir d'Ottawa 1,25 milliard.
Cette année, il devra se contenter de 165 millions, car Ottawa a décidé d'injecter 700 millions plutôt qu'un milliard dans le programme.
Comme son réseau de 200 000 places doit être achevé d'ici au printemps prochain, le Québec compte réaffecter ces sommes à d'autres fins.
À l'approche d'élections fédérales, le ministre du Développement social, Ken Dryden, multiplie ces jours-ci les annonces d'ententes avec les provinces, mais avec le Québec le dossier est au point mort.
Le cas du Québec est différent des autres provinces, en ce sens qu'il revendique un droit de retrait du programme fédéral, avec pleine compensation financière, mais sans conditions, ni reddition de comptes.
Le ministre Dryden ne s'est jamais prononcé pour dire si oui ou non il respecterait la position du Québec, toujours présentée comme non négociable.
Une source au gouvernement du Québec indique que le gouvernement fédéral a tâté le terrain dernièrement pour voir si Québec était prêt à jeter un peu de lest dans ce dossier.
Mais le gouvernement Charest estime être en position de force, et n'entend pas signer d'entente au rabais ou se soumettre à des normes «nationales».
Déjà au plus bas dans les sondages, les libéraux de Paul Martin seront en mauvaise posture s'ils se présentent devant les électeurs québécois, dans les semaines qui viennent, sans avoir réglé le dossier des garderies, selon le ministre des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier.
«Ce serait dur à expliquer aux Québécois pourquoi ceux qui ont créé le modèle [de garderies à contribution réduite] sont exclus des discussions et n'ont pas d'entente, a fait valoir le ministre, lors d'un entretien téléphonique. S'il y a urgence d'agir, c'est beaucoup plus du côté d'Ottawa.»
Le Manitoba et la Saskatchewan ont déjà signé, et l'Ontario est la prochaine sur la liste, dans les jours qui viennent. La Colombie-Britannique serait aussi sur le point de s'entendre avec Ottawa.
Au départ, Ottawa souhaitait négocier une entente multilatérale avec les provinces, mais devant les difficultés rencontrées, on a dû battre en retraite il y a quelques semaines et se résoudre à négocier avec les provinces une à une.
La semaine dernière, le ministre Dryden était de passage dans la région de Québec pour faire une annonce à l'intention des personnes âgées, en compagnie du ministre Pelletier et de la ministre responsable du dossier des garderies, Carole Théberge.
À cette occasion, il a demandé à ses homologues s'ils étaient prêts à entreprendre des «discussions» dans le dossier des garderies. Ses interlocuteurs ont répondu par l'affirmative, en rappelant la position du Québec, et M. Dryden n'a pas réagi.
«Pour le gouvernement du Canada, c'est un peu moins excitant de négocier ça [une entente sans conditions] qu'une entente où effectivement ils interviennent dans un champ de compétence», dit M. Pelletier.
Depuis le début, à Ottawa on parle de «normes nationales» et de «principes» que devraient respecter toutes les provinces.
Au cabinet de M. Dryden, hier, on tenait encore ce discours, tout en disant que chaque entente serait «unique», en fonction des besoins propres à chacune des provinces du pays. On se donne un an pour régler le dossier.
Aucune rencontre n'est prévue entre les ministres de deux ordres de gouvernements.
En novembre dernier, à Gatineau, Québec avait refusé de signer l'entente fédérale-provinciale visant à faire adhérer les provinces aux quatre grands principes tels qu'ils sont définis par Ottawa: qualité, universalité inclusive, accessibilité et développement du réseau.
L'an dernier, en campagne électorale, les libéraux fédéraux s'étaient engagés à verser cinq milliards en cinq ans aux provinces en vue de financer un réseau de garderies à contribution réduite dans tout le pays. Compte tenu de sa population, le Québec s'attend à obtenir d'Ottawa 1,25 milliard.
Cette année, il devra se contenter de 165 millions, car Ottawa a décidé d'injecter 700 millions plutôt qu'un milliard dans le programme.
Comme son réseau de 200 000 places doit être achevé d'ici au printemps prochain, le Québec compte réaffecter ces sommes à d'autres fins.
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