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Montréal-Ottawa à pied pour les sans-statut

Clairandrée Cauchy   27 avril 2005  Société
Le système de détermination du statut de réfugié ressemble à un tirage de Loto-Québec, selon Saritha Ahooja, porte-parole de la coalition Solidarité sans frontières qui organise une marche de huit jours entre Montréal et Ottawa devant débuter l
Photo : Jacques Nadeau
Le système de détermination du statut de réfugié ressemble à un tirage de Loto-Québec, selon Saritha Ahooja, porte-parole de la coalition Solidarité sans frontières qui organise une marche de huit jours entre Montréal et Ottawa devant débuter l
Dix ans après la marche féministe «Du pain et des roses», une centaine d'immigrants entreprendront le 18 juin une marche de huit jours qui les mènera de Montréal à Ottawa pour revendiquer un programme de régularisation des sans-statut.

La coalition Solidarité sans frontières, qui regroupe 15 associations d'immigrants de diverses origines, réclame la fin des expulsions de réfugiés déboutés et de la détention d'immigrants, l'abolition des certificats de sécurité ainsi que la création d'un programme de régularisation des sans-statut, dont ils estiment le nombre à 200 000 au pays et 40 000 à Montréal.

La porte-parole de cette coalition, Saritha Ahooja, a souligné que le gouvernement avait déjà instauré de tels programmes à au moins trois reprises par le passé, soit en 1960, 1980 et 1990. «Nous croyons que Paul Martin et Joseph Volpe ont le pouvoir de créer un programme de régularisation des sans-statut pour reconnaître leur contribution économique, culturelle et humaine à la société», a fait valoir Mme Ahooja.

Une telle demande se justifie, selon les militants, par les iniquités du système de détermination du statut de réfugié, qui ne comprend pas d'instance d'appel, contrairement à ce que la loi prévoit depuis 2002. «Comment le ministre Volpe peut-il déclarer que le système canadien est un modèle pour le monde quand il n'a même pas de section d'appel, quand les décisions rendues ressemblent à un tirage de Loto-Québec, où un frère est accepté et un autre refusé alors qu'ils proviennent du même camp de réfugiés palestinien?», a lancé Saritha Ahooja. Elle dénonce également l'accord sur le tiers pays sûr, entré en vigueur en décembre dernier, qui empêche des revendicateurs du statut de réfugié de traverser la frontière américaine pour se rendre au Canada: «C'est une politique de profilage racial et de criminalisation des immigrants, où le racisme est devenu un modus operandi.»

Les membres de cette coalition ont précisé qu'ils ne se satisferont pas de l'octroi de permis temporaires de travail pour les travailleurs illégaux, une initiative avec laquelle jongle le gouvernement, selon ce que le ministre a laissé entendre ces dernières semaines.

Au Québec depuis 13 ans et mère de cinq enfants, tous né ici, Nora sera de la marche de huit jours, avec ses enfants. «Cette marche-là, on la fait aussi pour nous-mêmes, pour se soulager un peu le coeur», a affirmé cette femme, toujours en attente d'une révision de son dossier.

Les marcheurs et leurs supporteurs quitteront Montréal le 18 juin en passant par le boulevard Saint-Laurent et les quartiers multiethniques Parc Extension et Côte-des-Neiges.






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