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Injonction contre les grévistes du SPGQ

14 avril 2005  Société
Québec — Les employés en grève du gouvernement du Québec ont été tenus à bonne distance de l'entrée des lieux de travail hier.

Le Conseil du trésor a en effet obtenu, mardi en soirée, une injonction provisoire contraignant les grévistes du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) à manifester loin des édifices où travaillent les employés de l'État.

Le gouvernement voulait s'assurer que les manifestants ne bloquent pas l'accès des lieux de travail, comme cela s'était produit à quelques endroits lors d'un débrayage précédent, en février dernier.

En vertu de l'ordonnance du juge Raymond W. Pronovost de la Cour supérieure du Québec, les manifestants ne pouvaient ériger des piquets de grève devant les palais de justice du Québec et il leur était interdit de les tenir à moins de 10 mètres de l'accès des édifices publics.

Le SPGQ, qui tenait hier sa deuxième demi-journée de grève depuis le mois de février, a vertement dénoncé la décision du gouvernement de recourir aux tribunaux.

«Le gouvernement agit par pure provocation. On ne se laissera pas intimider par la provocation!», a lancé la présidente du SPGQ, Carole Roberge, haranguant quelques centaines de grévistes réunis autour de l'édifice Marie-Guyart (Complexe G), à Québec, un complexe abritant entre autres les bureaux du ministère de l'Éducation.

Bien que outré par l'initiative du gouvernement, le SPGQ s'est tout de même engagé à respecter l'ordonnance de la cour. «Cette façon d'agir est scandaleuse [...] La réaction de notre employeur, c'est: tassez-vous de là», a déclaré Mme Roberge.

S'il est disposé à sortir l'arsenal juridique pour trois heures de grève, le gouvernement Charest est peut-être capable d'utiliser la massue pour réduire au silence le mouvement syndical, soupçonne la présidente du SPGQ. «Est-ce une nouvelle menace comme celle proférée par la présidente du Conseil du trésor de recourir à une loi spéciale pour mettre fin aux moyens de pression des syndicats?», a-t-elle ajouté.

«Le droit de protester ne doit pas empêcher les gens qui ne sont pas affiliés à ce syndicat de se rendre au travail», a pour sa part commenté la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget.

De l'avis du négociateur patronal, Jean-François Munn, l'injonction a généralement été respectée à Québec, si ce n'est quelques incidents signalés devant les bureaux du ministère du Revenu.

Sans convention collective depuis près de deux ans, comme l'ensemble des employés du secteur public, les 19 000 syndiqués du SPGQ souhaitent en arriver à un règlement avec le gouvernement dès ce printemps.






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