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Logement - Québec reconduit l'aide financière d'urgence

Guillaume Bourgault-Côté   27 janvier 2005  Société
Les quelque 3400 ménages québécois qui reçoivent un supplément au loyer d'urgence, une mesure d'aide mise en place pour contrer les effets de la crise du logement, ne subiront vraisemblablement pas le stress du 1er juillet cette année: la mesure spéciale qui leur permet de ne consacrer que le quart de leurs revenus au paiement de leur logis a en effet été reconduite par Québec hier. Elle durera au moins jusqu'au 30 juin 2006.

L'annonce de la prolongation de l'implication gouvernementale, d'une valeur de 14,7 millions de dollars, est survenue à peine quatre heures après que le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) eut tenu une conférence de presse à Montréal, faisant justement état des préoccupations de l'organisme pour l'avenir de la mesure qui secourt ceux qui se sont retrouvés à la rue à cause de la pénurie de logements depuis quatre ans.

Techniquement, le programme ne touche que les municipalités où le taux de vacance des logements est inférieur à 1,5 %. Montréal présente cette année un taux d'inoccupation global de 1,7 %, ce qui faisait craindre au FRAPRU que la ville ne soit plus admissible. Gatineau est dans la même situation avec un taux maintenant établi à 2,1 % (le seuil «santé» pour une ville est de 3 %).

Mais Québec a passé outre, considérant plutôt que le taux de vacance est toujours faible pour les logements de moins de 450 $, ceux se louant entre 450 $ et 600 $ par mois ainsi que les logements familiaux. Dans ces trois cas, le taux d'inoccupation tourne autour de 1 % à Montréal. «Ces gens sont en transition», a expliqué Jean-Philippe Guay, porte-parole du ministre responsable de l'Habitation, Jean-Marc Fournier. «Ce n'est pas parce que le taux d'inoccupation augmente que leur situation s'améliore en même temps. On ne voulait donc pas les placer dans une situation plus précaire.» Les mesures d'urgence spécifiques au 1er juillet 2005 seront annoncées plus tard, en fonction des besoins, a indiqué le bureau du ministre.

Avis de renouvellement

La décision gouvernementale survient au moment où les locataires commencent à recevoir les avis de renouvellement de leur bail. Le FRAPRU s'est dit «soulagé» de la décision de Québec, d'autant plus que celle-ci arrive tôt et évitera «beaucoup de stress aux bénéficiaires», selon le coordonnateur François Saillant.

En effet, pour une douzaine de ménages à faible revenu rassemblés hier par le FRAPRU, la disparition de l'aide financière aurait signifié bien des tracas. Danièle Saint-Laurent, par exemple, demeure seule avec sa fille de cinq ans. Avec le supplément, son loyer ne lui coûte que 166 $ au lieu des 425 $ indiqués sur le bail. Quant à elle, Carole Girard élève ses deux enfants dans un appartement qui lui coûte 460 $ par mois. «Je paie 192 $ actuellement. Sans le supplément, c'est tout mon chèque d'aide sociale [560 $] qui passe dans le loyer.»

Pour François Saillant, la mesure est d'autant plus importante qu'elle s'applique à des personnes qui «sont facilement discriminées: il y a beaucoup de mères monoparentales, de minorités visibles, de familles nombreuses». Satisfait de l'annonce du gouvernement, M. Saillant a toutefois rappelé que «les suppléments ne sont pas une solution à long terme.» Celle-ci se trouve plutôt dans le logement social, a-t-il dit.

Par ailleurs, le ministre Fournier a invité hier les propriétaires et les locataires qui divergeraient d'opinion sur le taux d'augmentation d'un loyer pour 2005-06 à chercher à s'entendre à l'amiable, une «solution économique pour tout le monde». Près de 99 % des renouvellement de baux se font à l'amiable, a rappelé M. Fournier, et seule une infime minorité de cas se retrouvent en arbitrage devant la Régie du logement.

Le 19 janvier, la Régie a recommandé un taux d'augmentation de loyer de 0,8 % pour un logement chauffé par le locataire et de 1,1 % pour un logement chauffé à l'électricité par le propriétaire.

Avec la Presse canadienne






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