L'ONU commémore pour la première fois la libération des camps de concentration nazis
24 janvier 2005
Société
Photo : Agence Reuters
Un employé met la dernière main à la présentation de deux expositions de photos sur les camps, présentées dans le hall public du siège des Nations unies à New York.
New York — Les Nations unies commémorent aujourd'hui solennellement, pour la première fois de leur histoire, la libération des camps de concentration nazis par une session spéciale de l'Assemblée générale.
Quelque 30 ans après l'adoption par cette même assemblée d'une résolution qui assimilait le sionisme au racisme, dégradant pour longtemps les relations entre Israël et l'ONU, une telle commémoration «est un véritable événement», a estimé un ambassadeur occidental.
Près de 150 pays, sur les 191 membres de l'ONU, ont approuvé cette initiative, coparrainée par les États-Unis, Israël, l'Union européenne, la Russie, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.
Les ministres des Affaires étrangères israélien Silvan Shalom et allemand Joschka Fischer s'adresseront à l'assemblée pour l'occasion. Tout comme leurs homologues français Michel Barnier, canadien Pierre Pettigrew, luxembourgeois Jean Asselborn, argentin Rafael Bielsa, hongrois Andras Barsony et arménien Vartan Oskanian.
Plusieurs survivants des camps participeront également, dont les écrivains Jorge Semprun et Elie Wiesel. Les États-Unis seront représentés par le numéro deux du Pentagone, Paul Wolfowitz.
Une signification particulière
Cette commémoration, 60 ans plus tard, de la libération du plus tristement célèbre des camps nazis, Auschwitz-Birkenau, le 27 janvier 1945, revêt une signification particulière parce que «la création des Nations unies a été une réponse directe à l'Holocauste», a déclaré le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan.
«Notre charte, et les mots "indicibles souffrances", ont été écrits alors que le monde découvrait l'étendue de l'horreur des camps de la mort», a-t-il rappelé.
La Charte de l'ONU s'ouvre par un préambule dans lequel les pays fondateurs se disent «résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui, deux fois en l'espace d'une vie humaine, a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances».
M. Annan a souligné le devoir de mémoire de l'humanité, estimant que «le mal qui a mené au meurtre de six millions de juifs et d'autres, dans ces camps, menace encore chacun de nous aujourd'hui».
«Chaque génération doit être sur ses gardes pour être sûre qu'une telle chose ne se produise jamais plus», a-t-il affirmé.
M. Annan a estimé que la session spéciale devait être également vue comme «l'expression de notre détermination à construire une organisation qui puisse réagir rapidement et efficacement à un génocide et à d'autres violations sérieuses des droits de l'homme». «Bien sûr, ce travail-là est loin d'être achevé», a-t-il ajouté.
Le génocide de 1994 au Rwanda, que l'ONU n'avait pas su empêcher, lui a valu de vives critiques. Soucieuse d'éviter un scénario semblable, l'organisation attend la semaine prochaine le rapport d'une commission spéciale qu'elle a envoyée au Darfour, province du Soudan où sévit une guerre civile, pour établir si des actes de génocide y ont été commis.
L'ambassadeur israélien à l'ONU, Dan Gillerman, qui souvent pourfend l'Assemblée générale pour ses condamnations annuelles et quasi automatiques d'Israël dans le cadre du dossier palestinien, a voulu voir dans cet événement «solennel et historique» un signe des temps qui changent.
«Nous sommes peut-être à un point de l'Histoire où les changements dans le monde se reflètent aux Nations unies. Nous vivons dans un monde qui change, un monde qui nous offre aujourd'hui, espérons-le, une occasion unique, historique, de faire la paix dans notre région», a-t-il dit.
La journée de commémoration à l'ONU comprendra également l'inauguration de deux expositions de photos sur les camps, présentées dans le hall public de l'organisation.
Quelque 30 ans après l'adoption par cette même assemblée d'une résolution qui assimilait le sionisme au racisme, dégradant pour longtemps les relations entre Israël et l'ONU, une telle commémoration «est un véritable événement», a estimé un ambassadeur occidental.
Près de 150 pays, sur les 191 membres de l'ONU, ont approuvé cette initiative, coparrainée par les États-Unis, Israël, l'Union européenne, la Russie, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.
Les ministres des Affaires étrangères israélien Silvan Shalom et allemand Joschka Fischer s'adresseront à l'assemblée pour l'occasion. Tout comme leurs homologues français Michel Barnier, canadien Pierre Pettigrew, luxembourgeois Jean Asselborn, argentin Rafael Bielsa, hongrois Andras Barsony et arménien Vartan Oskanian.
Plusieurs survivants des camps participeront également, dont les écrivains Jorge Semprun et Elie Wiesel. Les États-Unis seront représentés par le numéro deux du Pentagone, Paul Wolfowitz.
Une signification particulière
Cette commémoration, 60 ans plus tard, de la libération du plus tristement célèbre des camps nazis, Auschwitz-Birkenau, le 27 janvier 1945, revêt une signification particulière parce que «la création des Nations unies a été une réponse directe à l'Holocauste», a déclaré le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan.
«Notre charte, et les mots "indicibles souffrances", ont été écrits alors que le monde découvrait l'étendue de l'horreur des camps de la mort», a-t-il rappelé.
La Charte de l'ONU s'ouvre par un préambule dans lequel les pays fondateurs se disent «résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui, deux fois en l'espace d'une vie humaine, a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances».
M. Annan a souligné le devoir de mémoire de l'humanité, estimant que «le mal qui a mené au meurtre de six millions de juifs et d'autres, dans ces camps, menace encore chacun de nous aujourd'hui».
«Chaque génération doit être sur ses gardes pour être sûre qu'une telle chose ne se produise jamais plus», a-t-il affirmé.
M. Annan a estimé que la session spéciale devait être également vue comme «l'expression de notre détermination à construire une organisation qui puisse réagir rapidement et efficacement à un génocide et à d'autres violations sérieuses des droits de l'homme». «Bien sûr, ce travail-là est loin d'être achevé», a-t-il ajouté.
Le génocide de 1994 au Rwanda, que l'ONU n'avait pas su empêcher, lui a valu de vives critiques. Soucieuse d'éviter un scénario semblable, l'organisation attend la semaine prochaine le rapport d'une commission spéciale qu'elle a envoyée au Darfour, province du Soudan où sévit une guerre civile, pour établir si des actes de génocide y ont été commis.
L'ambassadeur israélien à l'ONU, Dan Gillerman, qui souvent pourfend l'Assemblée générale pour ses condamnations annuelles et quasi automatiques d'Israël dans le cadre du dossier palestinien, a voulu voir dans cet événement «solennel et historique» un signe des temps qui changent.
«Nous sommes peut-être à un point de l'Histoire où les changements dans le monde se reflètent aux Nations unies. Nous vivons dans un monde qui change, un monde qui nous offre aujourd'hui, espérons-le, une occasion unique, historique, de faire la paix dans notre région», a-t-il dit.
La journée de commémoration à l'ONU comprendra également l'inauguration de deux expositions de photos sur les camps, présentées dans le hall public de l'organisation.
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