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Tsunamis meurtriers - À la recherche d'une vie normale

N/A ZZZN/A   11 janvier 2005  Société
Des enfants écoutent leur enseignante durant un cours se tenant à l’extérieur dans un camp de réfugiés à Port Blair, la capitale de l’archipel indien d’Andaman et de Nicobar.
Photo : Agence Reuters
Des enfants écoutent leur enseignante durant un cours se tenant à l’extérieur dans un camp de réfugiés à Port Blair, la capitale de l’archipel indien d’Andaman et de Nicobar.
Colombo — Deux semaines après le passage dévastateur des tsunamis, la vie tente toujours de reprendre un cours normal dans les régions touchées. Si des écoles ont été rouvertes hier, au Sri Lanka et à Sumatra, pour rendre un semblant de normalité aux enfants rescapés et traumatisés, la poursuite de la recherche des disparus en Inde et le vaste programme d'identification des dépouilles en Thaïlande montrent que l'Asie du Sud a encore bien du mal à refermer ses plaies.

Les pays frappés par les tsunamis ne sont pas sortis de l'urgence, a déclaré la Croix-Rouge à Genève, relevant qu'à Sumatra, l'île indonésienne la plus touchée par la catastrophe, les sauveteurs ont encore récupéré 2000 corps pour la seule journée de samedi.

Hier, des cadavres continuant d'être extraits de ruines où plane toujours l'odeur de la mort. Le gouvernement indonésien s'est engagé à accélérer les efforts pour récupérer et inhumer les corps. Selon le ministre chargé de la Protection sociale, 58 281 cadavres ont déjà été enterrés dans le nord de Sumatra, mais 50 000 autres restent «éparpillés». Héberger les quelque 392 000 sans-abri d'Aceh est aussi une priorité: 24 camps en dur et conformes aux règlements sanitaires de l'ONU doivent venir remplacer les actuelles villes de tentes.

Cependant, pour la première fois, un aéroglisseur de l'armée américaine chargé de 50 tonnes de vivres s'est posé hier à Meulaboh.

Dans cette ville dévastée du nord de Sumatra, devenue un symbole local de la catastrophe du 26 décembre, une campagne de vaccination contre la rougeole va être lancée par le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef). Hier, les écoles ont pu rouvrir et des émissaires des Nations unies ont eu leur première réunion de coordination avec les organisations non gouvernementales.

Dans les zones les plus dévastées, l'Unicef a indiqué que des cours seraient dispensés à 8000 enfants grâce à des kits scolaires. «Permettre aux enfants de retourner à l'école est sans doute le remède le plus efficace pour les aider à affronter l'énormité de la catastrophe», a déclaré un représentant de l'Unicef.

C'était aussi jour de rentrée scolaire au Sri Lanka, mais près de 400 écoles, détruites ou réquisitionnées pour héberger les rescapés, n'ont pas pu assurer normalement les cours. L'année scolaire a démarré bien tristement à cet endroit: beaucoup d'enfants n'ont pas retrouvé leurs camarades.

Écoliers, enseignants et professeurs principaux se sont rendus dans la totalité des 9756 écoles sri-lankaises, qu'elles soient endommagées ou non, a indiqué le coordonnateur national pour l'éducation, M. Sivagnanam. «Nous avons donné des indications claires aux responsables des écoles pour qu'elles rouvrent même si elles ont été endommagées et pour qu'ensuite les écoliers soient transférés dans les écoles avoisinantes qui n'ont pas été endommagées», a-t-il déclaré.

Projets

Parallèlement aux opérations de secours, le Japon a annoncé hier qu'il proposerait la mise en place d'un système régional d'alerte aux tsunamis lors d'une conférence des Nations unies sur la prévention des catastrophes qui aura lieu du 18 au 22 janvier à Kobe (ouest), et la Malaisie veut aussi se doter d'un centre de détection des raz de marée.

Ces projets semblent d'autant plus justifiés que, quasi simultanément, une forte réplique de 6,2 sur l'échelle ouverte de Richter a secoué l'océan Indien au large de Sumatra et que, côté Pacifique, un mini-tremblement de terre sous une île volcanique des Philippines provoquait la panique de ses habitants.

Le secrétaire général adjoint de l'ONU, Anwarul K. Chowdhury, a appelé à prêter «une attention particulière au système d'alerte précoce», à l'occasion de la conférence consacrée aux petits États insulaires en développement, ouverte hier à Port-Louis, sur l'île Maurice.

Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, qui est arrivé hier soir à l'île Maurice pour participer à cette conférence, avait auparavant depuis les Maldives appelé la communauté internationale «à se tourner vers l'avenir».

L'aide internationale annoncée pour les victimes des tsunamis, publique et privée, s'élève maintenant à plus de huit milliards de dollars américains, et la conférence des pays donateurs, prévue aujourd'hui à Genève, devra discuter de leur utilisation pour éviter doublons et gaspillages. La conférence fera aussi une place aux «crises oubliées», les humanitaires rappelant que l'océan Indien ne doit pas faire oublier le Darfour ou la RDC, entre autres.

Tensions et dangers

Nouvel écueil dans le drame, la trêve qui avait accompagné les premiers jours de la catastrophe semble désormais terminée dans la province séparatiste d'Aceh: les personnels des Nations unies sont en alerte maximale, des gardes armés patrouillent leurs entrepôts et installations, craignant des attaques de la rébellion. L'armée indonésienne, plus coutumière dans ces régions de la répression des séparatistes que de l'assistance aux populations, multiplie les mises en garde, parlant notamment d'enlèvements de travailleurs humanitaires.

Par ailleurs, dans l'archipel indien des Andaman et Nicobar, les rescapés qui ont dû fuir hier sur les hauteurs devant une nouvelle montée des eaux se demandent comment ils pourront reconstruire leur vie: les scientifiques ont entamé des recherches pour voir si l'archipel ne s'est pas affaissé dans l'océan Indien.






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