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Montréal - La CAM à 61$

Antoine Robitaille   24 novembre 2004  Société
Comme on s'y attendait, il en coûtera plus cher de voyager en métro et en autobus à partir de janvier 2005. La carte mensuelle autobus-métro (CAM) passera de 59 $ à 61 $. Les personnes âgées et les étudiants seront particulièrement touchés, puisque leur CAM à tarif réduit passera de 31 $ à 32,50 $, subissant ainsi une hausse de 4,8 %, la plus élevée de toutes, proportionnellement. Le paiement en espèces et la CAM hebdo à tarif ordinaire resteront au même prix. En moyenne, les tarifs augmenteront de 3,3 %, ce qui est supérieur à l'inflation, comme l'a déploré hier la Coalition pour le transport en commun.

Le président de la Société de transport de Montréal (STM), Claude Dauphin, qui a présenté les grandes lignes de son budget hier, estime que ces hausses étaient inévitables, compte tenu de l'augmentation de la rémunération et des coûts de l'énergie. De plus, le gouvernement du Québec n'a pas encore répondu à l'appel lancé il y a plus d'un an par M. Dauphin, qui réclamait un «nouveau cadre financier», ce qui lui fournirait de nouvelles sources de revenus. M. Dauphin s'est engagé à ne pas hausser de nouveau les tarifs dans l'année qui vient, comme il l'avait fait en 2003. Le manque à gagner de la STM sera de 10,8 millions de dollars, alors qu'il a frisé les 20 millions l'an dernier. Ici, le remboursement de la TPS consenti par le gouvernement fédéral a aidé. Alors qu'il a décru de 1,4 % l'an dernier, l'achalandage devrait être en hausse de 1 % en 2005, prévoit la STM, en raison de l'ajout de parcours d'autobus.

Développement durable

M. Dauphin a par ailleurs réitéré plusieurs fois sa demande d'un «nouveau cadre financier» hier, admettant avoir l'impression de refaire la même conférence de presse que l'année précédente. Il s'est fait fort d'insister sur la nouvelle profession de foi du premier ministre Jean Charest à l'égard du «développement durable», arguant que les transports en commun y contribuaient éminemment: «Le métro, c'est zéro pollution». Aussi, en attendant les décisions des gouvernements provincial et fédéral (ce dernier tarde à annoncer sa contribution via la taxe sur l'essence), M. Dauphin a réclamé à Québec des «mesures intérimaires» pour aider à court terme la STM, dont des tarifs préférentiels de la part d'Hydro-Québec et des subventions accordées au transport scolaire. Ailleurs au Québec, le gouvernement provincial assume une partie des coûts, a-t-il fait valoir.

La contribution des paliers de gouvernement supérieurs est d'autant plus nécessaire, a argué M. Dauphin, que le métro, qui a 38 ans, se fait vieux.

Réponse floue de Marcoux

«La balle est dans le camp de Québec», a déclaré le vice-président de la STM, Marvin Rotrand. Or, le ministre des Transports, Yvon Marcoux, s'est montré avare de commentaires à Québec, hier. Concernant l'augmentation des tarifs, il a eu une réponse du type «quand on se compare, on se console», soulignant que les tarifs des transports en commun à Montréal sont parmi les plus bas en Amérique du Nord. À propos des demandes de la STM, M. Marcoux n'a rien promis, se contentant de rappeler qu'il déposera, au cours des prochaines semaines, des propositions visant à modifier le financement des transports en commun. Il a précisé que les programmes actuels du ministère des Transports seront révisés en profondeur. Les propositions en question seront soumises à la consultation, aussi bien auprès des sociétés de transport que des syndicats. Mais, selon M. Marcoux, le gouvernement québécois «participe déjà beaucoup au financement du transport en commun, comparativement aux autres provinces»: 382 millions cette année.

Suicide assisté des transports en commun

Les groupes d'usagers et les écologistes se sont montrés assez déçus — voire fâchés — du budget de la STM. En «écorchant» les usagers pour une troisième fois en 18 mois, les élus préparent le «suicide assisté» des transports en commun, a clamé Yves Bellavance, de la Table régionale des organismes volontaires d'éducation populaire (TROVEP) de Montréal.

Robert Perreault, au nom de la Coalition pour le transport en commun, a d'abord soupiré: «Les augmentations auraient pu être pires», saluant du même souffle le fait que la Ville a «ajouté quelques millions» à sa contribution. «Mais ça demeure très timide. Il n'y a rien là-dedans pour augmenter vraiment l'achalandage. Visiblement, la STM est dans un cul-de-sac», a déclaré M. Perreault, qui déplore «l'absence totale de collaboration du gouvernement du Québec» et dit douter du réel engagement de l'administration Tremblay à l'égard des transports en commun.

Le chef du parti municipal Projet Montréal a quant à lui qualifié de «jérémiades annuelles» les revendications de M. Dauphin. Demander de l'argent aux paliers de gouvernement supérieurs, «c'est la solution facile», dit-il. Cela permet, à son avis, de ne rien faire et de rejeter sur d'autres la responsabilité des déboires de la STM. «Pendant ce temps, la question de la taxation du stationnement non résidentiel et hors rue, ne serait-ce qu'au centre-ville et, idéalement, sur l'ensemble du territoire métropolitain, est continuellement remise aux calendes grecques.» En outre, M. Bergeron souligne que le financement des transports en commun à Montréal dépend de plus en plus des usagers: «De 35 % qu'elle était au milieu des années 1990, leur contribution passe à 46 % en 2005».

Avec la collaboration de Tommy Chouinard






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