Grève générale surprise à la SAQ
Les discussions avaient récemment reçu un peu d'air frais avec l'arrivée de l'ex-premier ministre Lucien Bouchard comme négociateur pour la partie patronale, mais le Syndicat des employés de magasins et de bureaux (SEMB) de la Société des alcools du Québec a mis à exécution hier après-midi la menace de grève générale illimitée qu'il brandissait depuis des semaines. La SAQ, engourdie par son premier arrêt de travail massif depuis 1985, mobilisait sur-le-champ quelque 500 cadres pour assurer l'ouverture d'une cinquantaine de succursales.
Or l'annonce est survenue alors que M. Bouchard se remettait toujours d'un court passage à l'hôpital pour une péritonite mercredi soir, qui ne devrait pas l'empêcher, cependant, de regagner la table des négociations vers le milieu de la semaine prochaine. «Le syndicat est toujours aussi concerné par l'état de santé de M. Bouchard, mais cela ne devrait pas dégager la SAQ de son obligation d'envoyer des messages clairs au syndicat quant à sa volonté, non seulement de négocier rapidement, mais de dégager des mandats susceptibles de faire avancer le dossier», a indiqué dans un très bref communiqué le président du SEMB, Martin Charron, qui représente environ 3800 employés.
«Onze mois de négociations plus tard, rien n'a changé et rien n'avance», a ajouté M. Charron, lequel se disait prêt à négocier dès ce week-end dans l'espoir d'en arriver à une entente qu'il estime «toujours possible». Ce dernier n'avait jamais caché que son plus gros rapport de force demeurait le déclenchement d'une grève en pleine période des Fêtes, période qui représente au moins 25 % du chiffre d'affaires annuel de la SAQ.
Au coeur du litige, dit le syndicat, figurent notamment des questions de précarité des emplois à temps partiel, d'horaires de travail pour les employés réguliers, qui souhaitent ne travailler qu'une journée par fin de semaine. Le SEMB craint aussi l'expansion du système d'agents de vente autorisés un peu partout au Québec, alors que la direction affirme que ce réseau est maintenant complété. Quant au dossier salarial, il n'a pas encore été abordé.
La direction de la SAQ s'est dite «surprise» de l'annonce et affirme que «ce moyen de pression ne permettra en rien d'accélérer le dénouement de l'impasse actuelle».
«On s'explique très mal cette grève, a indiqué au Devoir la secrétaire générale de la SAQ, Suzanne Paquin. Nous croyions que l'arrivée de M. Bouchard pourrait peut-être fouetter les ardeurs dans les pourparlers. Les parties se sont rencontrées lundi dernier pour établir un calendrier et les négociations devaient, à l'origine, commencer dans deux jours. Mais c'est comme si le syndicat avait eu des intentions cachées.»
Outre ces allégations, les deux parties ne s'entendaient carrément pas sur les événements qui ont précédé l'annonce de la grève, le syndicat affirmant que la SAQ refusait de négocier ce week-end alors que la société d'État disait tout simplement le contraire. Quoi qu'il en soit, la réunion prévue lundi est toujours à l'agenda, en théorie, mais la SAQ refuse de prédire si elle aura lieu. «Nous verrons comment le syndicat réagit ce week-end», a dit Mme Paquin. Le SEMB ne faisait aucun commentaire au-delà de son communiqué.
Le syndicat, qui n'est affilié à aucune des grandes centrales, avait déjà débrayé pendant quatre jours au début du mois dans l'espoir d'accélérer les discussions, mais les cadres avaient mis la main à la pâte pour assurer l'ouverture d'une quarantaine de succursales.
Ironie du sort, le déclenchement de ce troisième coup de semonce survient alors que la SAQ vient de s'entendre avec le syndicat de ses 850 employés d'entrepôts sur un contrat de sept ans comportant des hausses salariales de 2 % par année. À celles-ci s'ajoutent une hausse d'encore 2 % pour 2004 ainsi que des reclassifications salariales, le tout greffé de changements aux congés de maladie et aux critères d'admissibilité aux assurances pour les employés à temps partiel. Le syndicat affilié au Syndicat canadien de la fonction publique a accepté l'entente à 88 %.
Déjà hier en début de soirée, certaines succursales toujours ouvertes étaient littéralement assaillies par des clients venus s'approvisionner de manière préventive et qui sortaient, non pas armés de bouteilles mais de boîtes. Car l'arrêt de travail se produit à un moment pour le moins inopportun pour la SAQ, car l'arrivée des vins nouveaux, véritable happening annuel, a eu lieu jeudi. En définitive, la SAQ n'était pas en mesure de quantifier les pertes que pourrait potentiellement entraîner le conflit. Notons pour l'essentiel que son chiffre d'affaires est de 2,4 milliards, ce qui fait en moyenne des revenus annuels de six millions pour chacune des 400 succursales. «Il est évident qu'on ne peut nier que ça peut en effet entraîner une perte, mais de là à la mesurer, c'est une autre paire de manches», a dit Mme Paquin.
Rappelons finalement que le syndicat a lui aussi retenu les services d'un négociateur connu pour l'épauler dans les pourparlers. Il s'agit de Me Clément Groleau, un ancien procureur de la CSN qui plus récemment s'était impliqué dans le dossier des ex-camionnneurs de Métro-Richelieu.
Or l'annonce est survenue alors que M. Bouchard se remettait toujours d'un court passage à l'hôpital pour une péritonite mercredi soir, qui ne devrait pas l'empêcher, cependant, de regagner la table des négociations vers le milieu de la semaine prochaine. «Le syndicat est toujours aussi concerné par l'état de santé de M. Bouchard, mais cela ne devrait pas dégager la SAQ de son obligation d'envoyer des messages clairs au syndicat quant à sa volonté, non seulement de négocier rapidement, mais de dégager des mandats susceptibles de faire avancer le dossier», a indiqué dans un très bref communiqué le président du SEMB, Martin Charron, qui représente environ 3800 employés.
«Onze mois de négociations plus tard, rien n'a changé et rien n'avance», a ajouté M. Charron, lequel se disait prêt à négocier dès ce week-end dans l'espoir d'en arriver à une entente qu'il estime «toujours possible». Ce dernier n'avait jamais caché que son plus gros rapport de force demeurait le déclenchement d'une grève en pleine période des Fêtes, période qui représente au moins 25 % du chiffre d'affaires annuel de la SAQ.
Au coeur du litige, dit le syndicat, figurent notamment des questions de précarité des emplois à temps partiel, d'horaires de travail pour les employés réguliers, qui souhaitent ne travailler qu'une journée par fin de semaine. Le SEMB craint aussi l'expansion du système d'agents de vente autorisés un peu partout au Québec, alors que la direction affirme que ce réseau est maintenant complété. Quant au dossier salarial, il n'a pas encore été abordé.
La direction de la SAQ s'est dite «surprise» de l'annonce et affirme que «ce moyen de pression ne permettra en rien d'accélérer le dénouement de l'impasse actuelle».
«On s'explique très mal cette grève, a indiqué au Devoir la secrétaire générale de la SAQ, Suzanne Paquin. Nous croyions que l'arrivée de M. Bouchard pourrait peut-être fouetter les ardeurs dans les pourparlers. Les parties se sont rencontrées lundi dernier pour établir un calendrier et les négociations devaient, à l'origine, commencer dans deux jours. Mais c'est comme si le syndicat avait eu des intentions cachées.»
Outre ces allégations, les deux parties ne s'entendaient carrément pas sur les événements qui ont précédé l'annonce de la grève, le syndicat affirmant que la SAQ refusait de négocier ce week-end alors que la société d'État disait tout simplement le contraire. Quoi qu'il en soit, la réunion prévue lundi est toujours à l'agenda, en théorie, mais la SAQ refuse de prédire si elle aura lieu. «Nous verrons comment le syndicat réagit ce week-end», a dit Mme Paquin. Le SEMB ne faisait aucun commentaire au-delà de son communiqué.
Le syndicat, qui n'est affilié à aucune des grandes centrales, avait déjà débrayé pendant quatre jours au début du mois dans l'espoir d'accélérer les discussions, mais les cadres avaient mis la main à la pâte pour assurer l'ouverture d'une quarantaine de succursales.
Ironie du sort, le déclenchement de ce troisième coup de semonce survient alors que la SAQ vient de s'entendre avec le syndicat de ses 850 employés d'entrepôts sur un contrat de sept ans comportant des hausses salariales de 2 % par année. À celles-ci s'ajoutent une hausse d'encore 2 % pour 2004 ainsi que des reclassifications salariales, le tout greffé de changements aux congés de maladie et aux critères d'admissibilité aux assurances pour les employés à temps partiel. Le syndicat affilié au Syndicat canadien de la fonction publique a accepté l'entente à 88 %.
Déjà hier en début de soirée, certaines succursales toujours ouvertes étaient littéralement assaillies par des clients venus s'approvisionner de manière préventive et qui sortaient, non pas armés de bouteilles mais de boîtes. Car l'arrêt de travail se produit à un moment pour le moins inopportun pour la SAQ, car l'arrivée des vins nouveaux, véritable happening annuel, a eu lieu jeudi. En définitive, la SAQ n'était pas en mesure de quantifier les pertes que pourrait potentiellement entraîner le conflit. Notons pour l'essentiel que son chiffre d'affaires est de 2,4 milliards, ce qui fait en moyenne des revenus annuels de six millions pour chacune des 400 succursales. «Il est évident qu'on ne peut nier que ça peut en effet entraîner une perte, mais de là à la mesurer, c'est une autre paire de manches», a dit Mme Paquin.
Rappelons finalement que le syndicat a lui aussi retenu les services d'un négociateur connu pour l'épauler dans les pourparlers. Il s'agit de Me Clément Groleau, un ancien procureur de la CSN qui plus récemment s'était impliqué dans le dossier des ex-camionnneurs de Métro-Richelieu.
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