Luck Mervil, néo-patriote
Luck Mervil a reçu le titre de Patriote de l’année.
La Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) a voulu hier refléter les «nouvelles facettes du nationalisme québécois, diversifié et ouvert sur le monde», en choisissant comme Patriote de l'année 2004-2005 le chanteur populaire Luck Mervil, né en Haïti, maniant le créole en chanson, engagé dans la protection des rivières québécoises et porte-parole actif du Centre canadien d'étude et de coopération internationale.
C'est la première fois qu'un Noir récolte l'honneur, et la troisième fois, depuis 1975, qu'une personne née à l'extérieur du Québec est primée par la SSJB (la Française Mia Riddez-Morisset l'avait emporté en 1988, la Chilienne Carmen Sabag-Olmedo en 1992). Luck Mervil, ancien membre de Rudeluck et de la première distribution de Notre-Dame de Paris, est arrivé au Québec à l'âge de quatre ans, où il a séjourné pendant huit ans avant d'aller vivre à New York, d'où il est revenu à 17 ans.
«Le Québec change à toutes sortes d'égards, note le président de la SSJB, Jean Dorion, pour expliquer un choix qui tranche un peu avec certaines nominations antérieures, faites dans la frange plus pure et dure du mouvement souverainiste. On découvre peu à peu une jeunesse donc les ancêtres n'ont pas cultivé de terres à l'île d'Orléans, mais qui se rallient au projet d'un Québec souverain. Luck Mervil est sûrement l'un des personnages les plus représentatifs de cette nouvelle tendance.»
Selon le président Dorion, le choix de Mervil comme Patriote émérite vise aussi à illustrer la «dimension internationaliste du mouvement nationaliste québécois. M. Mervil n'a jamais lâché Haïti, comme beaucoup de Québécois qui restent attachés à leurs racines étrangères. On ne veut pas perdre de vue le fait que le monde est de plus en plus interrelié».
Officiellement, la nomination d'un Patriote célèbre «la filiation entre le combat des Patriotes pour la démocratie, la liberté et la reconnaissance de l'identité nationale, et l'engagement des Québécois d'aujourd'hui» envers ces valeurs.
Pour sa part, le Patriote 2004-2005 s'est dit «surpris et touché» de la sélection. «Je ne suis pas né ici, mais on m'a quand même nommé porte-parole de la Fête nationale l'an dernier, puis là on me donne le titre de Patriote de l'année, alors que je viens de passer deux mois à ne parler que d'Haïti. Ça démontre l'extraordinaire ouverture d'esprit du Québec», estime-t-il.
Son récent séjour en Haïti, dans la foulée du passage de l'ouragan Jeanne, a été largement suivi par les médias. Luck Mervil est convaincu que cela a contribué à le faire remarquer des dirigeants de la SSJB. «Il faut rester lucide: je l'ai parce que je suis médiatisé. C'est un avantage, mais qui implique aussi une grande responsabilité. Les gestes que l'on fait et les mots que l'on dit peuvent avoir un impact. Il faut donc s'en servir à bon escient.»
C'est un peu la source de son engagement, d'ailleurs: Luck Mervil dit qu'il se sentirait «mal» d'avoir accès aux médias et de ne pas faire quelque chose pour témoigner de son devoir de citoyen. «J'essaie de prendre mes responsabilités, de parler de démocratie, d'inciter les gens à agir entre deux élections», explique-t-il.
Reste que si la SSJB l'a choisi, c'est d'abord et avant tout pour son penchant souverainiste. Là-dessus, Luck Mervil dit être un «Québécois fier», mais posé dans son militantisme. «Si le patriotisme indique une certaine foi aveugle, je n'y crois pas. Mais si être patriote veut dire croire qu'on a une nation, qu'on a une langue, qu'on est différent sur une foule de trucs et qu'on mérite ainsi notre souveraineté, là, j'adhère.»
C'est la première fois qu'un Noir récolte l'honneur, et la troisième fois, depuis 1975, qu'une personne née à l'extérieur du Québec est primée par la SSJB (la Française Mia Riddez-Morisset l'avait emporté en 1988, la Chilienne Carmen Sabag-Olmedo en 1992). Luck Mervil, ancien membre de Rudeluck et de la première distribution de Notre-Dame de Paris, est arrivé au Québec à l'âge de quatre ans, où il a séjourné pendant huit ans avant d'aller vivre à New York, d'où il est revenu à 17 ans.
«Le Québec change à toutes sortes d'égards, note le président de la SSJB, Jean Dorion, pour expliquer un choix qui tranche un peu avec certaines nominations antérieures, faites dans la frange plus pure et dure du mouvement souverainiste. On découvre peu à peu une jeunesse donc les ancêtres n'ont pas cultivé de terres à l'île d'Orléans, mais qui se rallient au projet d'un Québec souverain. Luck Mervil est sûrement l'un des personnages les plus représentatifs de cette nouvelle tendance.»
Selon le président Dorion, le choix de Mervil comme Patriote émérite vise aussi à illustrer la «dimension internationaliste du mouvement nationaliste québécois. M. Mervil n'a jamais lâché Haïti, comme beaucoup de Québécois qui restent attachés à leurs racines étrangères. On ne veut pas perdre de vue le fait que le monde est de plus en plus interrelié».
Officiellement, la nomination d'un Patriote célèbre «la filiation entre le combat des Patriotes pour la démocratie, la liberté et la reconnaissance de l'identité nationale, et l'engagement des Québécois d'aujourd'hui» envers ces valeurs.
Pour sa part, le Patriote 2004-2005 s'est dit «surpris et touché» de la sélection. «Je ne suis pas né ici, mais on m'a quand même nommé porte-parole de la Fête nationale l'an dernier, puis là on me donne le titre de Patriote de l'année, alors que je viens de passer deux mois à ne parler que d'Haïti. Ça démontre l'extraordinaire ouverture d'esprit du Québec», estime-t-il.
Son récent séjour en Haïti, dans la foulée du passage de l'ouragan Jeanne, a été largement suivi par les médias. Luck Mervil est convaincu que cela a contribué à le faire remarquer des dirigeants de la SSJB. «Il faut rester lucide: je l'ai parce que je suis médiatisé. C'est un avantage, mais qui implique aussi une grande responsabilité. Les gestes que l'on fait et les mots que l'on dit peuvent avoir un impact. Il faut donc s'en servir à bon escient.»
C'est un peu la source de son engagement, d'ailleurs: Luck Mervil dit qu'il se sentirait «mal» d'avoir accès aux médias et de ne pas faire quelque chose pour témoigner de son devoir de citoyen. «J'essaie de prendre mes responsabilités, de parler de démocratie, d'inciter les gens à agir entre deux élections», explique-t-il.
Reste que si la SSJB l'a choisi, c'est d'abord et avant tout pour son penchant souverainiste. Là-dessus, Luck Mervil dit être un «Québécois fier», mais posé dans son militantisme. «Si le patriotisme indique une certaine foi aveugle, je n'y crois pas. Mais si être patriote veut dire croire qu'on a une nation, qu'on a une langue, qu'on est différent sur une foule de trucs et qu'on mérite ainsi notre souveraineté, là, j'adhère.»
- » ssjb
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