Troisième journée de grève - Le conflit se corse à la SAQ
Photo : Pascal Ratthé
Des grévistes montaient la garde hier sur le boulevard de Maisonneuve Ouest, devant une succursale de la SAQ ouverte malgré le conflit.
À la troisième journée du mouvement de grève générale de quatre jours entamé vendredi dans les succursales de la Société des alcools du Québec (SAQ), la Cour supérieure a accepté hier l’injonction déposée samedi par l’employeur et a imposé qu’un maximum de 10 piqueteurs se trouvent à l’entrée de 25 des magasins qui demeurent ouverts pendant le conflit. Le syndicat menace pour sa part de perturber la période des fêtes si la situation ne se règle pas rapidement.
Hier, la SAQ a pu ouvrir une soixantaine de succursales, soit une vingtaine de plus que ce qui avait été prévu au début de la grève. Ce sont alors des cadres qui effectuent le travail des syndiqués.
De son côté, le syndicat a répliqué en portant plainte devant le ministère du Travail pour pratiques antisyndicales, accusant la SAQ d’employer des briseurs de grève.
«On avait mal calculé nos effectifs», réplique une porte-parole de la SAQ, Linda Bouchard. Selon elle, l’injonction était nécessaire pour éviter que des affrontements n’éclatent sur certaines lignes de piquetage. Samedi, un peu de grabuge a été noté à Gatineau. «On ne veut pas restreindre le droit à la grève, explique M. Bouchard. On veut seulement s’assurer que la clientèle puisse circuler normalement.»
Mais, pour le président du syndicat, Martin Charron, cette mesure est disproportionnée par rapport aux événements. «C’est dommage. Les trois endroits où il y a eu du grabuge, ce sont des agents de sécurité engagés par la SAQ qui ont provoqué nos grévistes. La clientèle n’a pas eu de problème à passer, généralement. C’est sûr que ça impose un peu, une ligne de piquetage, mais il n’y a pas d’agressivité de notre côté. L’employeur essaie simplement de nous empêcher d’exercer librement notre droit de grève, et c’est décevant, surtout de la part d’un mandataire du gouvernement.»
M. Charron souhaite l’intervention du gouvernement Charest auprès de la SAQ. Selon lui, le gouvernement a l’obligation de faire respecter les lois qui sont votées au Québec. Il a souligné que, si Jean Charest se permet de faire la morale à Wal-Mart à propos de son attitude antisyndicale, le premier ministre a l’obligation d’exiger de la SAQ qu’elle respecte les lois québécoises.
Pas de chiffres
La grève se termine ce soir. La SAQ ne pouvait hier chiffrer exactement les pertes subies, «puisque beaucoup de consommateurs ont acheté jeudi en prévision des fermetures», selon Linda Bouchard. Demain, les négociations reprendront devant le conciliateur. Des deux côtés, on affirme que l’atmosphère reste relativement bonne à la table et que la volonté d’en arriver à une entente est partagée. «On demande seulement des conditions de travail et de qualité de vie meilleures, explique Martin Charron. Je pense que c’est raisonnable. La SAQ semble à l’aise avec le concept, mais on attend des résultats.»
Si ça ne débloque pas rapidement, le syndicat évoque une autre grève générale, celle-là illimitée, juste à temps pour les fêtes. «Le message est clair de notre côté.»
Avec la Presse canadienne
Hier, la SAQ a pu ouvrir une soixantaine de succursales, soit une vingtaine de plus que ce qui avait été prévu au début de la grève. Ce sont alors des cadres qui effectuent le travail des syndiqués.
De son côté, le syndicat a répliqué en portant plainte devant le ministère du Travail pour pratiques antisyndicales, accusant la SAQ d’employer des briseurs de grève.
«On avait mal calculé nos effectifs», réplique une porte-parole de la SAQ, Linda Bouchard. Selon elle, l’injonction était nécessaire pour éviter que des affrontements n’éclatent sur certaines lignes de piquetage. Samedi, un peu de grabuge a été noté à Gatineau. «On ne veut pas restreindre le droit à la grève, explique M. Bouchard. On veut seulement s’assurer que la clientèle puisse circuler normalement.»
Mais, pour le président du syndicat, Martin Charron, cette mesure est disproportionnée par rapport aux événements. «C’est dommage. Les trois endroits où il y a eu du grabuge, ce sont des agents de sécurité engagés par la SAQ qui ont provoqué nos grévistes. La clientèle n’a pas eu de problème à passer, généralement. C’est sûr que ça impose un peu, une ligne de piquetage, mais il n’y a pas d’agressivité de notre côté. L’employeur essaie simplement de nous empêcher d’exercer librement notre droit de grève, et c’est décevant, surtout de la part d’un mandataire du gouvernement.»
M. Charron souhaite l’intervention du gouvernement Charest auprès de la SAQ. Selon lui, le gouvernement a l’obligation de faire respecter les lois qui sont votées au Québec. Il a souligné que, si Jean Charest se permet de faire la morale à Wal-Mart à propos de son attitude antisyndicale, le premier ministre a l’obligation d’exiger de la SAQ qu’elle respecte les lois québécoises.
Pas de chiffres
La grève se termine ce soir. La SAQ ne pouvait hier chiffrer exactement les pertes subies, «puisque beaucoup de consommateurs ont acheté jeudi en prévision des fermetures», selon Linda Bouchard. Demain, les négociations reprendront devant le conciliateur. Des deux côtés, on affirme que l’atmosphère reste relativement bonne à la table et que la volonté d’en arriver à une entente est partagée. «On demande seulement des conditions de travail et de qualité de vie meilleures, explique Martin Charron. Je pense que c’est raisonnable. La SAQ semble à l’aise avec le concept, mais on attend des résultats.»
Si ça ne débloque pas rapidement, le syndicat évoque une autre grève générale, celle-là illimitée, juste à temps pour les fêtes. «Le message est clair de notre côté.»
Avec la Presse canadienne
- » saq
Haut de la page

