Scandale du patinage - Le présumé mafieux russe refuse l'extradition
Venise — Le Russe Alimjan Tokhtakhounov, accusé d'avoir tenté de truquer les résultats d'épreuves de patinage artistique aux Jeux olympiques de Salt Lake City, a fait part hier de son intention ferme de refuser son extradition aux États-Unis.
Tokhtakhounov, considéré comme l'un des hommes les plus influents d'une organisation moscovite mafieuse de plus de 3000 membres, est soupçonné d'avoir tenté de persuader la juge française Marie-Reine Le Gougne de voter pour la paire russe engagée dans l'épreuve des couples. Il aurait également cherché à inciter une juge russe à voter en faveur des Français en lice en danse sur glace.
À partir de la date d'arrestation du suspect, le 31 juillet, les autorités américaines ont 40 jours pour soumettre une demande d'extradition formelle à la justice italienne. Mais, selon son avocat, Me Luca Saldarelli, Tokhtakhounov «entend se prévaloir de toute la procédure prévue par la loi italienne» pour résister à son envoi aux États-Unis. Cette démarche pourrait prendre des semaines.
L'audience d'hier avait seulement pour objectif de permettre au juge de vérifier la validité juridique de l'arrestation et de l'incarcération provisoire de M. Tokhtakhounov. Devant le juge, l'homme de 53 ans a déclaré qu'il n'était absolument pas coupable de quoi que ce soit en rapport avec les Jeux olympiques.
Les pièces à charge ne lui ont pas encore été présentées. La justice italienne a 40 jours pour le faire, a précisé Me Saldarelli.
Malfaiteurs
Au terme de l'audience, le juge Rodighiero a toutefois retenu les charges d'association de malfaiteurs, de fraude et de corruption contre l'homme d'affaires russe. Il a toutefois souligné que, pour l'heure, le ministère italien de la Justice n'avait reçu aucune requête d'extradition des autorités américaines.
Ces deux dernières années, Tokhtakhounov a vécu dans une villa située dans une station balnéaire de la côte toscane. La police italienne l'a arrêté à Venise, après qu'une plaine criminelle eut été déposée devant une cour fédérale de Manhattan.
La police italienne, qui travaille main dans la main avec le FBI, soupçonne également les patineurs français et leur entourage d'avoir coopéré avec le suspect. Selon eux, Marina Anissina a été en contact avec Tokhtakhounov après les Jeux, et sa mère s'est entretenue avec lui à Salt Lake City. Lundi, Anissina a reconnu lui «avoir parlé au téléphone de temps en temps» tout
en niant toute implication
dans l'affaire.
Par ailleurs, la juge française de patinage artistique Marie-Reine Le Gougne examine la demande d'entretien que souhaite avoir avec elle la police fédérale américaine (FBI), a indiqué hier son avocat aux États-Unis, Erik Christiansen. «Ils [les policiers du FBI] m'ont contacté pour me demander si elle accepterait de répondre à leurs questions, mais nous n'avons pas encore pris de décision», a-t-il affirmé.
Marie-Reine Le Gougne, qui a renoncé, fin juillet, à faire appel de sa suspension de trois ans prononcée le 30 avril par la Fédération internationale (ISU) pour «mauvaise conduite» au Jeux olympiques d'hiver de Salt Lake City, affirme ne rien connaître au sujet de Tokhtakhounov.
De son côté, le président du Comité olympique américain, Lloyd Ward, estime que le récent scandale du patinage porte atteinte «au coeur et à l'esprit de l'idéal olympique».
Dans une lettre au CIO rendue publique hier, il insiste: «Tout lien entre le crime organisé et les Jeux olympiques doit être traité de la manière la plus intransigeante possible, en utilisant toutes les sources et les moyens disponibles, écrit Ward. Tous les athlètes du monde attendent cela.» Le CIO doit «trouver absolument la vérité» afin que le mouvement olympique «se débarrasse de ce cancer», ajoute-t-il. À son avis, il faut «déplacer des montagnes si c'est nécessaire».
Tokhtakhounov, considéré comme l'un des hommes les plus influents d'une organisation moscovite mafieuse de plus de 3000 membres, est soupçonné d'avoir tenté de persuader la juge française Marie-Reine Le Gougne de voter pour la paire russe engagée dans l'épreuve des couples. Il aurait également cherché à inciter une juge russe à voter en faveur des Français en lice en danse sur glace.
À partir de la date d'arrestation du suspect, le 31 juillet, les autorités américaines ont 40 jours pour soumettre une demande d'extradition formelle à la justice italienne. Mais, selon son avocat, Me Luca Saldarelli, Tokhtakhounov «entend se prévaloir de toute la procédure prévue par la loi italienne» pour résister à son envoi aux États-Unis. Cette démarche pourrait prendre des semaines.
L'audience d'hier avait seulement pour objectif de permettre au juge de vérifier la validité juridique de l'arrestation et de l'incarcération provisoire de M. Tokhtakhounov. Devant le juge, l'homme de 53 ans a déclaré qu'il n'était absolument pas coupable de quoi que ce soit en rapport avec les Jeux olympiques.
Les pièces à charge ne lui ont pas encore été présentées. La justice italienne a 40 jours pour le faire, a précisé Me Saldarelli.
Malfaiteurs
Au terme de l'audience, le juge Rodighiero a toutefois retenu les charges d'association de malfaiteurs, de fraude et de corruption contre l'homme d'affaires russe. Il a toutefois souligné que, pour l'heure, le ministère italien de la Justice n'avait reçu aucune requête d'extradition des autorités américaines.
Ces deux dernières années, Tokhtakhounov a vécu dans une villa située dans une station balnéaire de la côte toscane. La police italienne l'a arrêté à Venise, après qu'une plaine criminelle eut été déposée devant une cour fédérale de Manhattan.
La police italienne, qui travaille main dans la main avec le FBI, soupçonne également les patineurs français et leur entourage d'avoir coopéré avec le suspect. Selon eux, Marina Anissina a été en contact avec Tokhtakhounov après les Jeux, et sa mère s'est entretenue avec lui à Salt Lake City. Lundi, Anissina a reconnu lui «avoir parlé au téléphone de temps en temps» tout
en niant toute implication
dans l'affaire.
Par ailleurs, la juge française de patinage artistique Marie-Reine Le Gougne examine la demande d'entretien que souhaite avoir avec elle la police fédérale américaine (FBI), a indiqué hier son avocat aux États-Unis, Erik Christiansen. «Ils [les policiers du FBI] m'ont contacté pour me demander si elle accepterait de répondre à leurs questions, mais nous n'avons pas encore pris de décision», a-t-il affirmé.
Marie-Reine Le Gougne, qui a renoncé, fin juillet, à faire appel de sa suspension de trois ans prononcée le 30 avril par la Fédération internationale (ISU) pour «mauvaise conduite» au Jeux olympiques d'hiver de Salt Lake City, affirme ne rien connaître au sujet de Tokhtakhounov.
De son côté, le président du Comité olympique américain, Lloyd Ward, estime que le récent scandale du patinage porte atteinte «au coeur et à l'esprit de l'idéal olympique».
Dans une lettre au CIO rendue publique hier, il insiste: «Tout lien entre le crime organisé et les Jeux olympiques doit être traité de la manière la plus intransigeante possible, en utilisant toutes les sources et les moyens disponibles, écrit Ward. Tous les athlètes du monde attendent cela.» Le CIO doit «trouver absolument la vérité» afin que le mouvement olympique «se débarrasse de ce cancer», ajoute-t-il. À son avis, il faut «déplacer des montagnes si c'est nécessaire».
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