Aux États-Unis, l'obésité devient un problème de société
2 octobre 2004
Société
Washington — L'institut national américain de médecine part en guerre contre l'obésité chez les enfants en insistant pour la première fois sur une stratégie de société, impliquant les médias, les écoles et l'industrie agroalimentaire, plutôt que sur la seule responsabilité individuelle.
«Les parents et les familles ne peuvent pas seuls inverser la forte augmentation du nombre d'enfants souffrant d'obésité, des changements doivent être entrepris dans nos écoles et nos communautés aussi bien qu'au niveau national», a expliqué le Dr Jeffrey Koplan, président de la commission de 19 experts choisis par l'institut de médecine pour proposer des moyens de lutter contre l'explosion du nombre d'obèses chez les enfants et adolescents.
Ce rapport — remis au Congrès américain cette semaine — insiste sur la nécessité de «changements fondamentaux dans notre société», a ajouté le Dr Koplan, l'ancien directeur du Centre national de contrôle et de prévention des maladies.
Au cours des 30 dernières années, la proportion des enfants américains de six à onze ans pesant 30 % de plus que le poids jugé normal a été multipliée par trois et atteint aujourd'hui 15 %, selon les statistiques officielles.
Plus de 10 % des deux à cinq ans sont désormais dans cette catégorie et, pour les 12 à 19 ans, la proportion atteint 15 %, ce qui représente un doublement dans ces deux groupes d'âges.
L'institut national de médecine recommande, outre des menus plus sains dans les cantines scolaires et les restaurants et davantage d'exercice physique, des restrictions dans les publicités visant les enfants et des programmes de formation en nutrition des adultes pour les aider à mieux choisir leur nourriture.
«Le fait que la commission mette l'accent sur l'environnement de la société plutôt que sur la seule responsabilité des individus est une nouveauté», a estimé dans le New York Times le Dr Kelly Brownell, directeur du centre sur le traitement de l'obésité et les problèmes de nutrition à l'université Yale.
«S'attaquer à la puissante industrie agroalimentaire pourrait être un défi de taille», a-t-il ajouté.
Deux importants groupements professionnels de ce secteur ont déjà fait savoir leur opposition à certaines des recommandations. Ils sont notamment hostiles à l'établissement de normes nutritionnelles pour les aliments servis dans les écoles qui étiquetteraient selon eux des produits comme bons ou mauvais.
«De manière à modifier les comportements alimentaires, nous devrions insister sur des messages positifs et motivants dans la société plutôt que de s'appuyer sur des restrictions officielles», indique dans un communiqué le groupement The Grocery Manufacturers of America.
La commission d'experts pense que l'industrie agroalimentaire sera à terme contrainte de modifier ses produits face à l'évolution de la demande du public, qui commence à prendre conscience de l'importance de l'alimentation.
«Je pense que nous sommes au tout début de ce changement», a jugé le Dr Koplan, de l'université Emory, à Atlanta. Mais il estime qu'il faudra plusieurs décennies pour modifier l'attitude de la société sur les causes de l'obésité, comme cela a été le cas avec les risques du tabac pour la santé.
Plus optimiste, le sénateur démocrate Tom Harkin, qui présidait la commission du Sénat ayant commandé le rapport en 2002, a estimé qu'avec une véritable volonté au sommet de l'administration fédérale, «des changements pouvaient survenir rapidement». Le sénateur démocrate Ted Kennedy (Massachusetts) a présenté cette semaine au Sénat un projet de loi prévoyant l'application des recommandations de la commission d'experts.
«Les parents et les familles ne peuvent pas seuls inverser la forte augmentation du nombre d'enfants souffrant d'obésité, des changements doivent être entrepris dans nos écoles et nos communautés aussi bien qu'au niveau national», a expliqué le Dr Jeffrey Koplan, président de la commission de 19 experts choisis par l'institut de médecine pour proposer des moyens de lutter contre l'explosion du nombre d'obèses chez les enfants et adolescents.
Ce rapport — remis au Congrès américain cette semaine — insiste sur la nécessité de «changements fondamentaux dans notre société», a ajouté le Dr Koplan, l'ancien directeur du Centre national de contrôle et de prévention des maladies.
Au cours des 30 dernières années, la proportion des enfants américains de six à onze ans pesant 30 % de plus que le poids jugé normal a été multipliée par trois et atteint aujourd'hui 15 %, selon les statistiques officielles.
Plus de 10 % des deux à cinq ans sont désormais dans cette catégorie et, pour les 12 à 19 ans, la proportion atteint 15 %, ce qui représente un doublement dans ces deux groupes d'âges.
L'institut national de médecine recommande, outre des menus plus sains dans les cantines scolaires et les restaurants et davantage d'exercice physique, des restrictions dans les publicités visant les enfants et des programmes de formation en nutrition des adultes pour les aider à mieux choisir leur nourriture.
«Le fait que la commission mette l'accent sur l'environnement de la société plutôt que sur la seule responsabilité des individus est une nouveauté», a estimé dans le New York Times le Dr Kelly Brownell, directeur du centre sur le traitement de l'obésité et les problèmes de nutrition à l'université Yale.
«S'attaquer à la puissante industrie agroalimentaire pourrait être un défi de taille», a-t-il ajouté.
Deux importants groupements professionnels de ce secteur ont déjà fait savoir leur opposition à certaines des recommandations. Ils sont notamment hostiles à l'établissement de normes nutritionnelles pour les aliments servis dans les écoles qui étiquetteraient selon eux des produits comme bons ou mauvais.
«De manière à modifier les comportements alimentaires, nous devrions insister sur des messages positifs et motivants dans la société plutôt que de s'appuyer sur des restrictions officielles», indique dans un communiqué le groupement The Grocery Manufacturers of America.
La commission d'experts pense que l'industrie agroalimentaire sera à terme contrainte de modifier ses produits face à l'évolution de la demande du public, qui commence à prendre conscience de l'importance de l'alimentation.
«Je pense que nous sommes au tout début de ce changement», a jugé le Dr Koplan, de l'université Emory, à Atlanta. Mais il estime qu'il faudra plusieurs décennies pour modifier l'attitude de la société sur les causes de l'obésité, comme cela a été le cas avec les risques du tabac pour la santé.
Plus optimiste, le sénateur démocrate Tom Harkin, qui présidait la commission du Sénat ayant commandé le rapport en 2002, a estimé qu'avec une véritable volonté au sommet de l'administration fédérale, «des changements pouvaient survenir rapidement». Le sénateur démocrate Ted Kennedy (Massachusetts) a présenté cette semaine au Sénat un projet de loi prévoyant l'application des recommandations de la commission d'experts.
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