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Relations garçons-filles - Commérage et médisance font aussi mal qu'un coup de poing

1 août 2002  Société
Les filles sont peut-être biologiquement enclines à l'agressivité non violente, qui peut faire aussi mal qu'un coup de poing sur la gueule chez les garçons. Ces agressions indirectes entre filles — commérage, médisance ou ostracisme —, peuvent même pousser certaines victimes au suicide, a indiqué un chercheur, hier, lors d'un colloque sur la violence chez les jeunes, qui se tient cette semaine à Montréal.

De plus, la société encourage peut-être ces comportements, considérés à tort comme une option valable à la bagarre physique, soutiennent des chercheurs.

Les risques de conflits non physiques, surtout chez les filles, sont peut-être sous-estimés, a ainsi observé le psychologue et chercheur britannique John Archer, lors de ce congrès de l'International Society for Research on Aggression, tenu à l'université McGill.

Jusqu'ici ces tactiques ne paraissaient pas problématiques, a signalé M. Archer, spécialisé dans les différences d'un sexe à l'autre en matière d'agressivité humaine. «Mais quand ça pousse quelqu'un au suicide, alors là, c'est perçu comme un problème.»

Les chercheurs ne savent pas encore expliquer pourquoi les jeunes filles expriment leur agressivité de manière différente de celle des garçons, mais la biologie pourrait bien être un facteur.

Suivant une théorie, les filles évitent les coups parce que cela n'est pas compatible avec leur rôle de procréation. La testostérone, plus abondante chez les garçons, est par ailleurs associée à leur recours plus fréquent aux agressions physiques.

D'après M. Archer, les bagarres entre enfants, chez les deux sexes, culminent vers l'âge de deux ans, au terme de la période où ils n'arrivent pas à dire avec des mots ce qui leur déplaît.

Puis, à la garderie, les garçons vont continuer à cogner alors que les filles vont peu à peu gérer les conflits plus subtilement. À l'adolescence, la tendance à l'agression physique va diminuer chez les garçons et ils vont passer eux aussi à l'agression non violente.

Sylvana Côté, chercheuse post-doctorale en psychologie à l'Université de Montréal, note de son côté que les écolières vont être bêcheuses, menteuses et tenter de faire une mauvaise réputation à leurs victimes. Elles vont ostraciser celles qui, à leur avis, méritent d'être tenues à l'écart de leur cercle et de servir de souffre-douleur.

«Il peut y avoir des conséquences graves, mentionne Mme Côté. Cela confine au harcèlement et on sait qu'aujourd'hui, beaucoup d'efforts sont consacrés à prévenir le harcèlement.»

La semaine dernière, à Halifax, une fille de 15 ans a été accusée d'agression et d'extorsion trois mois après le suicide d'un adolescent vraisemblablement poussé à bout par le harcèlement. À Vancouver, en novembre 2000, une fille de 14 ans s'est pendue peu après une conversation téléphonique avec ses tourmenteuses.

Mme Côté note que, suivant des recherches, les harceleuses dans ces cas-là ont eu au départ leurs propres difficultés au sein de la famille ou encore parmi leur groupe scolaire.






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