La crise du logement se résorbe
Pour la première fois en quatre ans, la crise du 1er juillet commence à s'estomper. La pénurie de logements s'est muée en crise du logement abordable.
À la Ville de Montréal, on a reçu 2531 appels à ce sujet depuis la mi-juin, soit environ moitié moins qu'à pareille date l'an dernier. Environ 270 ménages étaient toujours à la recherche d'un logement hier tandis que 291 familles avaient trouvé chaussure à leur pied grâce au Programme de supplément au loyer (PSL), qui permet de consacrer un maximum de 25 % de ses revenus pour se loger.
Fini, les lits de camp dans les polyvalentes: la Ville héberge maintenant les sans-logis dans les résidences du YMCA. Seulement neuf ménages se préparaient hier soir à y passer la nuit, ce qui est beaucoup moins que les 70 ménages hébergés l'an dernier. À Québec, 16 ménages étaient abrités hier dans les refuges, deux personnes étaient hébergées à Longueuil et une famille dans la vallée du Richelieu. La Ville de Laval a quant à elle fermé son centre hier, faute de demandes.
Il ne faut cependant pas crier victoire trop vite, selon le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU). «Ailleurs au Canada, où on a vécu la crise du logement avant nous, une fois la pénurie terminée, on a dit: "le problème est résolu, il n'y a plus de crise". Or il y a encore des sans-abri qui meurent dans les rues à Toronto», a déclaré le porte-parole du FRAPRU, François Saillant.
M. Saillant renouvelle son plaidoyer en faveur de la construction de logements sociaux: «La crise n'a peut-être plus la même forme, n'est peut-être plus aussi visible et est mieux gérée, mais il reste le problème de fond de la différence entre ce qu'une bonne partie des locataires est capable de payer et les prix du marché.»
Outre le plus grand nombre de logements disponibles — 1,1 % à Montréal cette année, comparativement à 0,8 % l'an dernier —, la crise s'estompe aussi grâce à l'amélioration des méthodes de la Ville. «Pour éviter toute période d'engorgement, la Ville a pu se préparer d'avance en remettant des lettres d'admissibilité au Programme de supplément au loyer d'urgence du gouvernement du Québec dès la mi-juin», a expliqué le responsable de l'habitation à Montréal, Cosmo Maciocia. Il a souligné que les autorités se sont efforcées de relocaliser les gens directement dans leur nouveau logis plutôt que d'attendre au 1er juillet.
Le problème n'est plus tant le manque criant de logements que leur coût exorbitant pour les familles à faible revenu. Le taux d'inoccupation n'est que de 0,5 % pour les appartements de 600 $ et moins par mois. «Comparativement à l'an passé, c'est deux fois plus rapide pour les ménages de se trouver un logement lorsqu'ils ont en main leur lettre d'admissibilité au Programme de supplément au loyer», a constaté la directrice des programmes à l'Office municipal d'habitation de Montréal, Debbie DiChiaro.
Au moment de mettre ses boîtes à bord d'un camion de Jeunesse au Soleil qui devait le mener à son nouveau logis dans le quartier Villeray, Claude Desroches paraissait radieux. Victime d'une «reprise de logement sauvage», ce père d'un garçon de neuf ans, qui vit de l'aide sociale, avait cherché un nouveau logement sans relâche pendant un mois. «Aussitôt qu'ils voient des enfants, les propriétaires nous disent qu'ils ne veulent pas de bruit ou que le logement est neuf et qu'ils ne veulent pas de dessins sur les murs», a raconté le père interrogé devant le YMCA. Le supplément au loyer lui donne une «chance de respirer un peu et de se remettre sur le chemin du marché du travail en pouvant payer la passe mensuelle d'autobus».
Suppléments au loyer
Le problème, c'est que les suppléments au loyer d'urgence pourraient bien venir à manquer au cours des prochains jours. À Montréal, on a déjà accordé 560 des 680 suppléments alloués par la SHQ et plusieurs demandes étaient toujours à l'étude hier. Il n'a pas été possible d'obtenir une compilation de ceux qui ont été octroyés à travers la province. Au total, Québec a prévu 1200 de ces suppléments, comparativement à 1500 l'an dernier.
«Nous avons dit à la Ville que nous allons toujours être en mesure de faire une répartition différente. Je ne suis pas inquiet. Nous avons un budget pour les mesures d'urgence de 40 % supérieur cette année alors que la demande est moindre que par le passé», a expliqué le ministre des Affaires municipales, Jean-Marc Fournier, soulignant que les suppléments inutilisés dans certaines municipalités pourraient être redistribués. Il a en outre rappelé que Québec a reconduit 2500 suppléments accordés depuis 2001 alors que le programme ne devait durer que deux ans à l'origine.
Le ministre Fournier ferme cependant la porte à un programme de supplément au loyer d'urgence à longueur d'année, comme les comités logement le lui demandent. «Ce n'est pas un programme de HLM, c'est pour faire face à la crise du 1er juillet», a fait valoir le ministre.
Il mise plutôt sur la construction de logements sociaux, rappelant que le gouvernement a augmenté son objectif de 13 000 à
16 000 unités pour la durée du mandat. Le gouvernement prépare actuellement une politique intégrée de l'habitation qui traitera notamment de la construction de logements sociaux mais aussi de la litigieuse question du contrôle des loyers. Les propriétaires réclament des hausses de loyer plus importantes, notamment pour amortir les frais de rénovation.
À la Ville de Montréal, on a reçu 2531 appels à ce sujet depuis la mi-juin, soit environ moitié moins qu'à pareille date l'an dernier. Environ 270 ménages étaient toujours à la recherche d'un logement hier tandis que 291 familles avaient trouvé chaussure à leur pied grâce au Programme de supplément au loyer (PSL), qui permet de consacrer un maximum de 25 % de ses revenus pour se loger.
Fini, les lits de camp dans les polyvalentes: la Ville héberge maintenant les sans-logis dans les résidences du YMCA. Seulement neuf ménages se préparaient hier soir à y passer la nuit, ce qui est beaucoup moins que les 70 ménages hébergés l'an dernier. À Québec, 16 ménages étaient abrités hier dans les refuges, deux personnes étaient hébergées à Longueuil et une famille dans la vallée du Richelieu. La Ville de Laval a quant à elle fermé son centre hier, faute de demandes.
Il ne faut cependant pas crier victoire trop vite, selon le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU). «Ailleurs au Canada, où on a vécu la crise du logement avant nous, une fois la pénurie terminée, on a dit: "le problème est résolu, il n'y a plus de crise". Or il y a encore des sans-abri qui meurent dans les rues à Toronto», a déclaré le porte-parole du FRAPRU, François Saillant.
M. Saillant renouvelle son plaidoyer en faveur de la construction de logements sociaux: «La crise n'a peut-être plus la même forme, n'est peut-être plus aussi visible et est mieux gérée, mais il reste le problème de fond de la différence entre ce qu'une bonne partie des locataires est capable de payer et les prix du marché.»
Outre le plus grand nombre de logements disponibles — 1,1 % à Montréal cette année, comparativement à 0,8 % l'an dernier —, la crise s'estompe aussi grâce à l'amélioration des méthodes de la Ville. «Pour éviter toute période d'engorgement, la Ville a pu se préparer d'avance en remettant des lettres d'admissibilité au Programme de supplément au loyer d'urgence du gouvernement du Québec dès la mi-juin», a expliqué le responsable de l'habitation à Montréal, Cosmo Maciocia. Il a souligné que les autorités se sont efforcées de relocaliser les gens directement dans leur nouveau logis plutôt que d'attendre au 1er juillet.
Le problème n'est plus tant le manque criant de logements que leur coût exorbitant pour les familles à faible revenu. Le taux d'inoccupation n'est que de 0,5 % pour les appartements de 600 $ et moins par mois. «Comparativement à l'an passé, c'est deux fois plus rapide pour les ménages de se trouver un logement lorsqu'ils ont en main leur lettre d'admissibilité au Programme de supplément au loyer», a constaté la directrice des programmes à l'Office municipal d'habitation de Montréal, Debbie DiChiaro.
Au moment de mettre ses boîtes à bord d'un camion de Jeunesse au Soleil qui devait le mener à son nouveau logis dans le quartier Villeray, Claude Desroches paraissait radieux. Victime d'une «reprise de logement sauvage», ce père d'un garçon de neuf ans, qui vit de l'aide sociale, avait cherché un nouveau logement sans relâche pendant un mois. «Aussitôt qu'ils voient des enfants, les propriétaires nous disent qu'ils ne veulent pas de bruit ou que le logement est neuf et qu'ils ne veulent pas de dessins sur les murs», a raconté le père interrogé devant le YMCA. Le supplément au loyer lui donne une «chance de respirer un peu et de se remettre sur le chemin du marché du travail en pouvant payer la passe mensuelle d'autobus».
Suppléments au loyer
Le problème, c'est que les suppléments au loyer d'urgence pourraient bien venir à manquer au cours des prochains jours. À Montréal, on a déjà accordé 560 des 680 suppléments alloués par la SHQ et plusieurs demandes étaient toujours à l'étude hier. Il n'a pas été possible d'obtenir une compilation de ceux qui ont été octroyés à travers la province. Au total, Québec a prévu 1200 de ces suppléments, comparativement à 1500 l'an dernier.
«Nous avons dit à la Ville que nous allons toujours être en mesure de faire une répartition différente. Je ne suis pas inquiet. Nous avons un budget pour les mesures d'urgence de 40 % supérieur cette année alors que la demande est moindre que par le passé», a expliqué le ministre des Affaires municipales, Jean-Marc Fournier, soulignant que les suppléments inutilisés dans certaines municipalités pourraient être redistribués. Il a en outre rappelé que Québec a reconduit 2500 suppléments accordés depuis 2001 alors que le programme ne devait durer que deux ans à l'origine.
Le ministre Fournier ferme cependant la porte à un programme de supplément au loyer d'urgence à longueur d'année, comme les comités logement le lui demandent. «Ce n'est pas un programme de HLM, c'est pour faire face à la crise du 1er juillet», a fait valoir le ministre.
Il mise plutôt sur la construction de logements sociaux, rappelant que le gouvernement a augmenté son objectif de 13 000 à
16 000 unités pour la durée du mandat. Le gouvernement prépare actuellement une politique intégrée de l'habitation qui traitera notamment de la construction de logements sociaux mais aussi de la litigieuse question du contrôle des loyers. Les propriétaires réclament des hausses de loyer plus importantes, notamment pour amortir les frais de rénovation.
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