«Climat de méfiance» au sein de l’UPAC

Jusqu’ici, la SQ et l’UPAC refusaient de dévoiler le fruit du travail de Karine Martel, sous prétexte qu’il ne s’agissait que d’un « document de travail », et non d’un rapport.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Jusqu’ici, la SQ et l’UPAC refusaient de dévoiler le fruit du travail de Karine Martel, sous prétexte qu’il ne s’agissait que d’un « document de travail », et non d’un rapport.

L’Unité permanente anticorruption (UPAC) a levé le voile en janvier sur les « problèmes récurrents en matière d’organisation du travail » au sein de son service de vérification, et voilà qu’elle révèle que son service des enquêtes a été gangrené par de la jalousie, de la rivalité et un « climat général de méfiance ».

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, s’est résigné mardi à rendre public l’état de situation du Bureau des enquêtes sur la corruption de l’UPAC que lui réclamaient les partis d’opposition depuis des mois.

Le document a été produit par une employée de la Sûreté du Québec (SQ), Karine Martel, en réponse à des signalements d’employés de l’UPAC qu’elle a rencontrés à l’automne 2016.

« Rôles et responsabilités seraient peu définis », « climat général de méfiance et de surveillance entre collègues de travail » et « recherche de bouc émissaire de la part des gestionnaires, qui dénigrent les employés devant leurs collègues ou lors de réunions » font partie des constats que la spécialiste des ressources humaines a dressés.

Rapport secret

Jusqu’ici, la SQ, l’UPAC et le ministre Coiteux s’opposaient à la divulgation de l’état de situation produit par Karine Martel, sous prétexte qu’il ne constituait pas un document officiel.

Or, il appert désormais que celui-ci a été accompagné d’un rapport en bonne et due forme, selon les informations fournies mardi par le cabinet du ministre Coiteux.

Ce rapport demeurera cependant secret, parce que les rencontres avec les enquêteurs de l’UPAC ont été faites de manière confidentielle.

Le document préparé par Karine Martel est le deuxième à plonger l’UPAC dans l’embarras en raison du climat qui prévaut au sein de ses troupes. En janvier, un rapport portant sur le Service de vérification de l’intégrité des entreprises de l’unité policière a révélé que celui-ci a connu des « problèmes récurrents en matière d’organisation du travail » et un « taux de départs volontaires qui est demeuré élevé depuis les débuts du service ».

En parallèle, les relations de travail au sein de l’UPAC ont aussi alimenté, la semaine dernière, les débats précédant l’ouverture du procès des ex-ministres libéraux Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté.

Crise de larmes, « source » patronale chez les employés et circulation d’une caricature du grand patron : des employés actuels et passés de l’UPAC ont évoqué une ambiance pourrie au sein de l’unité, qui doit devenir un corps de police indépendant en vertu du projet de loi 107 présenté par le ministre Coiteux.