Cannabis: pas de vente près des écoles, demandent les parents et les institutions

Cégeps, parents et commissions scolaires réclament également plus de formation pour les professeurs et des moyens pour faire de la sensibilisation, de la prévention et de l’accompagnement dans les milieux scolaires.
Photo: Saul Loeb Agence France-Presse Cégeps, parents et commissions scolaires réclament également plus de formation pour les professeurs et des moyens pour faire de la sensibilisation, de la prévention et de l’accompagnement dans les milieux scolaires.

Les cégeps, comités de parents et commissions scolaires demandent à Québec d’interdire la vente de cannabis à proximité des écoles et de limiter la consommation dans les lieux publics près des lieux d’étude.

« La Fédération des cégeps recommande que le législateur interdise que les points de vente soient situés à proximité des établissements d’enseignement primaires, secondaires, collégiaux et universitaires », écrit la Fédération dans son mémoire, présenté mardi en commission parlementaire à Québec, dans le cadre du projet de loi 157 qui vient encadrer la légalisation du cannabis.

« On n’est pas allé jusqu’à préciser la distance, puisque c’est à géométrie variable d’un endroit à l’autre. Mais il ne faudrait pas que ce soit en face d’un collège, par exemple. L’idée, c’est d’avoir une indication claire puisqu’on parle ici de magasins d’État », a expliqué le président de la fédération, Bernard Tremblay, aux parlementaires.

La Fédération des comités de parents se fait plus précise, réclamant une distance minimale d’un kilomètre entre les points de vente et les écoles.

« C’est un point sur lequel la totalité des parents consultés est d’accord, c’est clairement le point rassembleur de notre mémoire », a soutenu la présidente de la fédération des comités de parents, Corinne Payne.

Lieux publics

Surfant elle aussi sur ce thème, la Fédération des commissions scolaires du Québec fait le parallèle avec le problème de la malbouffe.

« Certaines commissions scolaires rencontrent des difficultés dans leurs démarches auprès des municipalités de leur territoire pour que la réglementation en matière de zonage limite la proximité de la restauration rapide aux établissements d’enseignement, plaide son président, Alain Fortier.

«La Fédération souhaite que le gouvernement prenne les mesures appropriées pour éviter cette même problématique de proximité lors de l’implantation des points de vente de cannabis. »

Ce dernier recommande également d’interdire la consommation dans les lieux publics, à tout le moins dans les lieux publics à proximité des écoles.

« Ce qui entoure une école, c’est souvent un espace public. On n’imagine pas un jeune qui va boire une petite bière dans le parc à côté de l’école à la récréation, de la même façon, il ne faudrait pas que ce soit le cas avec le cannabis. »

La ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, qui porte le projet de loi, n’a pas fermé la porte à cette idée, proposant toutefois que ce soit les municipalités qui déterminent après consultation avec le milieu scolaire les endroits propices pour les points de vente et ceux où il faut interdire la consommation.

Cégeps, parents et commissions scolaires réclament également plus de formation pour les professeurs et des moyens pour faire de la sensibilisation, de la prévention et de l’accompagnement dans les milieux scolaires. Ils craignent en effet que la légalisation n’amène une banalisation de la consommation.

Dans cette optique, la Fédération des comités de parents suggère d’augmenter l’âge légal à 21 ans.

4 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 17 janvier 2018 01 h 21

    un monde toujours a découvrir

    Allon-nous un jour enseigner autres choses que les paradis artificiels, quel monde déprimant et sans issus, enfin, peut-être, est-ce ainsi qu'est fait le monde, que je comprends les gens, adeptes, de la mort volontaire, peut-être est-ce les plus lucides, mais, je suis trop curieux pour y adhérer, je me dis peut-être est ce que veulent nos gênes, peut-être que le monde est toujours a découvrir, merci monsieur le prophête, amen

  • Sylvain Auclair - Abonné 17 janvier 2018 10 h 29

    Fantastique

    Faudrait surtout pas enlever la clientèle des revendeurs actuels!

  • Serge Sokolski - Abonné 17 janvier 2018 10 h 42

    Pas ici, pas là, mais où alors?

    De plus en plus, on voit des surgir des interdictions de fumer le cannabis: pas ici, pas là, à 1 km de... etc. Pour régler tout ça: il ne devrait être permis de fumer cette herbe nauséabonde que dans des lieux précis: des cafés ou bars autorisés. En dehors de ces lieux, l'interdiction légale continue. Les amateurs de cannabis pourront fumer et ceux qui ne veulent pas en subir les conséquences n'auront pas de raison de se plaindre. La règle est simple. Trop simple peut-être?

  • Robert Morin - Abonné 17 janvier 2018 13 h 52

    Et la vente de malbouffe?

    Ne serait-il pas temps de s'interroger sur la pertinence d'établir, par règlements municipaux, des distances minimales entre les établissements de vente de malbouffe et les établissements scolaires, car au Québec, il n'est pas rare de voir des restaurants de malbouffe, souvent des chaines étasuniennes, installés directement dans le périmètre des polyvalentes et des écoles primaires. Sur le plan de la santé de nos jeunes, n'est-ce pas une abrerration aussi grave que la présence de vendeurs de cannabis?