Montréal devance de loin Toronto et Vancouver en matière de trilinguisme

Photo: Éric St-Pierre Le Devoir

Alors que certains politiciens québécois se sont inquiétés en 2017 en raison de la perception selon laquelle Montréal serait devenue « trop bilingue », de nouvelles données tirées du recensement de 2016 révèlent que la métropole est de loin la plus trilingue au Canada.

La province a fait les manchettes internationales en novembre dernier lorsque l’Assemblée nationale a voté à l’unanimité en faveur d’une motion pour encourager les commerçants à accueillir les clients par « Bonjour » plutôt que la formule bilingue « Bonjour, Hi ».

En réalité, il semble bien que les Montréalais soient aussi à l’aise avec « hola, ciao, namaste, salaam ou marhaba », car 21 % de la population parle au moins trois langues selon Statistique Canada.

Ces chiffres tirés du recensement de 2016 font de Montréal la ville la plus trilingue du pays, loin devant Toronto, à 11 %, et Vancouver, à 10 %.

Ces données ont été commandées par l’organisme Montréal International, dont la mission est d’attirer des investisseurs étrangers dans la métropole, et ont été transmises à La Presse canadienne vendredi.

Environ 850 000 Montréalais ont déclaré parler au moins 3 langues et plus de 40 % des résidents issus de l’immigration ont dit être trilingues.

Ironiquement, ce sont les lois sur la langue et les politiques d’immigration du Québec qui favorisent le trilinguisme, d’après le vice-président de l’Association d’études canadiennes, Jack Jedwab, qui a fourni les données.

Québec favorise l’immigration francophone, mais plusieurs de ces immigrants parlent aussi l’anglais, souligne M. Jedwab.

Selon les données, 42 % des immigrants qui sont arrivés à Montréal entre 2011 et 2016 étaient bilingues et plus du tiers d’entre eux étaient trilingues.