Les services d’injection supervisée auraient sauvé une dizaine de vies

La Direction régionale de santé publique a ouvert deux sites fixes et un mobile le 19 juin dernier.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La Direction régionale de santé publique a ouvert deux sites fixes et un mobile le 19 juin dernier.

Moins populaires que prévu, les sites d’injection supervisée à Montréal ont tout de même sauvé une dizaine de vies depuis le lancement du service au moment où la métropole affrontait la crise du fentanyl.

Depuis l’ouverture de deux sites fixes et d’un mobile le 19 juin dernier, onze interventions d’urgence ont été effectuées, dont quatre ont nécessité l’administration de la naloxone, cet antidote qui contre les effets de la surdose d’opioïdes.

« Sans l’aide des infirmières sur place, on peut croire que ces surdoses sévères auraient pu conduire à un décès », souligne la Dre Carole Morissette, médecin-conseil à la Direction régionale de santé publique (DSP) du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

Les ambulanciers ont été appelés en renfort à cinq reprises lors de complications. Selon un bilan publié cette semaine par la DSP, il n’y a eu qu’un transport vers un centre hospitalier.

Bien que ces interventions aient eu lieu pendant la crise du fentanyl, un opioïde jusqu’à 100 fois plus puissant que la morphine, impossible de faire un lien direct avec la substance, nuance la Dre Morissette.

« Lors de nos interventions, on ne fait pas d’analyse sur la substance qui a causé la surdose. Par contre, c’est certain que ces incidents sont survenus dans une période où une vigie était en place en raison de la présence du fentanyl dans des drogues », note-t-elle.

Moins de visites que prévu

Ce premier bilan des autorités révèle que les centres ont été moins visités que ce qu’elles anticipaient. Après 15 semaines d’activité, 550 personnes ont utilisé le service d’injection supervisée pour un total de 6200 visites.

« La capacité d’accueil estimée pour les deux sites fixes ensemble était de 152 visites par jour. La fréquentation enregistrée entre le 19 juin et le 31 octobre a été de 58 visites par jour », souligne la Dre Morissette.

Pour la médecin, le constat reste tout de même positif. « Ce qu’on avait regardé pour établir une moyenne de visite, c’était la fréquentation des programmes de distribution de matériel d’injection », explique-t-elle.

« Le but, c’était d’établir un nombre de cubicules pour répondre aux besoins sans créer de temps d’attente et, dans ce sens-là, avec le nombre de personnes inscrites depuis le lancement des sites, on peut dire que ça se passe bien, mais il y a encore de la place pour accueillir plus de personnes », indique-t-elle.