Première étape vers la tenue d’une consultation publique

La consultation devrait avoir lieu en 2017. Aucune date n’est encore fixée.
Photo: Mathieu Nivelles / CC La consultation devrait avoir lieu en 2017. Aucune date n’est encore fixée.

Québec fait un pas de plus vers la mise sur pied d’une consultation sur le racisme systémique en nommant un comité-conseil qui déterminera les modalités de ladite consultation publique qui se tiendra cette année. De bon augure, disent des membres du comité, qui promettent que l’exercice ne sera pas vain et qu’il donnera une grande place aux personnes racisées.

 

« Il n’est pas question que ce soit des profs d’université enfermés dans une salle et qui donnent leurs résultats de recherche », a soutenu Émilie Nicolas, présidente de Québec inclusif et l’une des porte-parole d’une coalition citoyenne réclamant une commission sur le racisme systémique. « Les experts, c’est important, mais il faut aller au-delà et parler directement aux personnes victimes de racisme. »

 

Présidé par Maryse Alcindor, première sous-ministre noire, le comité-conseil comptant 14 membres fait notamment appel à l’expertise de Rachida Azdouz, psychologue et spécialiste des relations interculturelles, de quatre membres du Centre de recherche en immigration, ethnicité et citoyenneté (CRIEC), dont Marie-Thérèse Chicha, connue pour ses travaux sur l’intégration des immigrants au marché du travail, et des trois autres personnes ayant réclamé une commission sur le racisme systémique, soit Will Prosper, de Montréal-Nord Républik, l’artiste autochtone Natasha Kanapé-Fontaine et Haroun Bouazzi, coprésident de l’Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec (AMAL-Québec).

 

Émilie Nicolas salue sa composition faite principalement « d’universitaires racisés », mais aurait aimé y voir plus de gens du milieu communautaire. Accueillant favorablement ce comité, Haroun Bouazzi se dit toutefois « étonné » que les quatre personnes ayant fait la promotion ouverte d’une commission sur le racisme systémique aient été conviées, mais qu’aucun représentant de l’un des 85 organismes appuyant la démarche n’y soit. « Cela dit, la qualité des gens autour de la table est indéniable, et on peut dire qu’on va travailler ensemble pour arriver aux meilleures recommandations », indique-t-il. « Ça fait un an qu’on demande une consultation publique, il est évident qu’on va participer de bonne foi. »

 

Consultation ou commission ?

 

La formation du comité-conseil est une première étape, dit le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI). Dans l’annonce faite sur son site Internet, il indique qu’il aura pour mandat de fournir un avis sur, notamment, les sujets abordés et la nature de la consultation qui devrait avoir lieu en 2017. Aucune date n’est encore fixée.

 

Les organismes communautaires réclament depuis un bon moment que se tienne plutôt une « commission » à l’image de la commission Bouchard-Taylor, mais le format de l’exercice « n’est pas encore arrêté », précise-t-on au cabinet de la ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, rappelant que le gouvernement s’est engagé depuis le mois d’août, en marge du congrès de la Commission-Jeunesse du Parti libéral, à tenir un exercice de consultation sur le racisme et la discrimination systémique.

4 commentaires
  • Lise Bélanger - Abonnée 23 mars 2017 08 h 12

    Le plus grand racisme au Canada et même au Québec est celui cenvers les québécois, et les francophones canadiens.

    Il n'y a pas que la revue MacLean's pour le démontrer.

    Essayez de trouver un emploi, partout au Canada, avec la langue officielle qui est le français et vous aurez la réponse.

    Aucune ethnie au Canada ne subit le Québec bashing, c'est-à-dire un racisme (!) qui n'est pas remis en question mais plustôt bien accepté et encouragé par le peuple canadien et ses élus.

    • Marc Therrien - Abonné 23 mars 2017 18 h 37

      J'espère alors que le comité-conseil et la commission qu'il définira ne tomberont pas dans le piège de s'arranger pour démontrer cette théorie à l'effet que la communauté francophone elle-même victime du traumatisme du racisme non réglé, sous l'emprise de la compulsion de répétition, s'est transformée à son tour en bourreau oppresseur des minorités visibles.

      Comme disait Boris Cyrulnik, ce n'est pas nécessairement le trauma qui peut paralyser la personne souffrante, mais plutôt le regard social sur son trauma qui la définit comme victime tout en l'enfermant dans ce rôle social de victime, qui handicape ses possibilités de résilience.

      Marc Therrien

    • Nicole Vermette - Abonnée 24 mars 2017 09 h 04

      D'accord avec vous Mme Bélanger. On devrait minimalement inclure la québécophobie (Québec bashing) dans ce comité.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 23 mars 2017 22 h 18

    … Maison du Québec !

    « La formation du comité-conseil est une première étape, dit le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI). Dans l’annonce faite sur son site Internet, il indique qu’il aura pour mandat de fournir un avis sur » (Lisa-Marie Gervais, Le Devoir)

    De ce mandat, louable, ce Comité-Conseil l’exercera-t-il, librement, ou en tenant compte des objectifs politiques et sociaux visés, et dont certains, parmi eux, risqueraient d’étonner le principe même des droits et liberté fondamentaux tout autant des personnes que des ressources ?

    Avant que ce Comité s’y active vers une consultation publique, possiblement ?, sur le racisme et la discrimination systémique, écueillir quelques pétales arôme quelques idées-douceurs à jaser ou à faire jaser, peaufiner et à embellir …

    … Maison du Québec ! - 23 mars 2017 -