Deux avions se percutent dans le ciel de Saint-Bruno

L’un des deux appareils impliqués dans la collision inusitée est tombé à pic dans le stationnement des Promenades Saint-Bruno. L’autre s’est écrasé sur le toit du centre commercial.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir L’un des deux appareils impliqués dans la collision inusitée est tombé à pic dans le stationnement des Promenades Saint-Bruno. L’autre s’est écrasé sur le toit du centre commercial.

Les deux pilotes d’aéronef qui ont foncé droit l’un sur l’autre dans le ciel de Saint-Bruno vendredi étaient âgés d’à peine 21 et 23 ans, ont confirmé les autorités en soirée alors que s’amorçait l’enquête du Bureau de la sécurité des transports du Canada.

Le jeune homme qui pilotait l’avion qui s’est écrasé dans le stationnement des Promenades Saint-Bruno serait décédé sur le coup. Il avait 21 ans. Le second s’est échoué sur le toit du centre commercial et souffre de blessures graves, mais on ne craint plus pour sa vie, a affirmé en entrevue au Devoir la porte-parole du Service de police de l’agglomération de Longueuil, Mélanie Mercille.

Les deux pilotes ou apprentis pilotes étaient d’origine chinoise, mais leur identité n’a pas été dévoilée. Ils étaient au Québec pour apprendre à piloter un avion et se connaissaient.

« Pour le moment, nous n’écartons aucune hypothèse », précise Mme Mercille.

Deux autres personnes ont subi des chocs nerveux, a ajouté en point de presse le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux.

 

Drame étrange

Le drame serait survenu vers 12 h 30. Les circonstances de l’incident demeurent nébuleuses. Les deux Cessna 152 exploités par l’école de pilotage Cargair se trouvaient dans les airs, à quelque deux kilomètres de l’établissement situé à l’aéroport Montréal Saint-Hubert Longueuil, au moment de la collision.

Un employé des Promenades, Nheil Martinez, affirme qu’il se trouvait à l’extérieur lorsqu’il a aperçu l’ombre d’un aéronef, dont il a également entendu le vrombissement. « J’ai entendu le moteur très proche du sol, et puis un gros boum, a-t-il raconté. Ensuite, on a vu des pièces d’avion tomber du ciel partout. » Il dit avoir couru vers la carcasse de l’avion écrasé, où se trouvait son pilote.

« Nous pensions que c’était deux voitures qui venaient d’entrer en collision dans le stationnement. En sortant, nous avons vu la carcasse d’un appareil », a indiqué une autre témoin, qui n’a pas voulu révéler son identité.

Jonathan Vanasse, qui se trouvait pour sa part à l’intérieur des Promenades, dit s’être précipité à l’extérieur, où il a aperçu ce qu’il restait de l’avion, « que du métal broyé » laissant fuir du carburant.

La fuite de kérosène a rapidement été sécurisée par les services de secours.

Interrogé à savoir si un aéroport avait sa place dans un secteur aussi densément peuplé, le premier ministre, Philippe Couillard, a éludé la question. « Il peut s’agir d’une erreur de pilotage, de bien des choses. On est dans une grande zone métropolitaine, il va toujours y avoir une sécurité aérienne, notamment de petits avions. L’enquête va nous indiquer quels sont les événements et ce qui est arrivé. »

L’enquête sera longue

Le centre commercial a quant à lui fermé ses portes subitement, « par mesure préventive », en raison de la présence de l’avion abîmé sur son toit.

Les enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) sont arrivés à Saint-Bruno-de-Montarville en fin d’après-midi.

Les carcasses des deux véhicules seront envoyées dans les laboratoires du BST, à Ottawa, pour tenter de mieux comprendre ce qui a pu causer la collision. « Il est encore beaucoup trop tôt pour déterminer les causes et les facteurs contributifs de cet accident. Les enquêteurs doivent examiner tous les renseignements avant de tirer des conclusions. Nous travaillons avec les policiers et d’autres organismes afin de nous assurer que les personnes touchées et les proches sont informés au sujet de l’accident », a indiqué en point de presse celle qui dirige l’enquête du BST, Isabelle Langevin.

Dans un communiqué, l’école d’aviation Cargair a affirmé qu’elle « collabore activement » à l’enquête du BST ainsi qu’avec les autres autorités compétentes. « Nous concentrons actuellement nos efforts au soutien de nos employés et aux étudiants », a déclaré la présidente de Cargair, Josée Prud’homme. Elle s’est abstenue de tout autre commentaire.

2 commentaires
  • François Beaulé - Abonné 18 mars 2017 07 h 13

    Kérosène ?

    Ces petits avions ne sont-ils pas propulsés par des moteurs à pistons ? Et donc alimentés par de l'essence et non pas du kérosène.

    • Jean Richard - Abonné 18 mars 2017 10 h 08

      Poser la question, c'est y répondre : ces avions sont bel et bien munis de moteurs à pistons. Ils ne brûlent pas du kérosène mais de l'essence, très semblable à celle utilisée dans les véhicules routiers non diesel, la principale différence étant que cette essence contient du plomb, beaucoup de plomb (mais elle pourrait s'en passer – en utilisation privée, on utilise souvent de la simple essence automobile, en autant qu'elle ne contienne pas d'éthanol).

      Une question amène une question : le journalisme de faits divers n'aurait-il pas avantage à faire preuve d'un peu plus de rigueur, même si ce ne sont que des faits divers ? C'est la crédibilité qui en souffre. À défaut de savoir quel type de carburant est utilisé pour un aéronef donné, il suffisait d'écrire « carburant », un terme générique.