Un sursis pour les Algonquins de Lac-Barrière

Les Algonquins de Lac-Barrière, dans le parc de La Vérendrye, avaient érigé cette semaine un campement aux abords du site où devaient avoir lieu les premiers travaux d'exploration.
Photo: Émile Duchesne Les Algonquins de Lac-Barrière, dans le parc de La Vérendrye, avaient érigé cette semaine un campement aux abords du site où devaient avoir lieu les premiers travaux d'exploration.

La communauté algonquine de Lac-Barrière, dans la région de l’Outaouais, peut respirer : le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles a suspendu le claim minier de la compagnie Copper One inc. portant sur son territoire, comme Québec l’a confirmé jeudi par voie de communiqué, reportant ainsi de possibles travaux d’exploration minière.

 

Cette annonce est survenue quelques heures après la tenue d’une conférence de presse de représentants autochtones, fortement opposés au projet de développement de la minière. Les Algonquins de Lac-Barrière, dans le parc de La Vérendrye, avaient érigé cette semaine un campement aux abords du site où devaient avoir lieu les premiers travaux d’exploration. La communauté avait aussi organisé des patrouilles en motoneige sur le site du claim et avait émis clairement son intention d’obstruer les travaux : « Nous n’avons pas été consultés et n’avons pas consenti à ce projet. S’il le faut, nous bloquerons physiquement la machinerie de Copper One », avait annoncé jeudi matin Tony Wawatie, directeur général du conseil de bande de Lac-Barrière. La communauté menaçait aussi de quitter la table de négociation territoriale bilatérale avec Québec si jamais le projet de mine venait à être mis en oeuvre.

 

Québec s’appuie sur l’article 63 de la Loi sur les mines pour suspendre le claim minier en soutenant que Copper One Inc. était « empêché d’exécuter les travaux prescrits ». La compagnie aura 15 jours pour rendre ses commentaires au ministère quant à la suspension de leur claim.

 

En matinée jeudi, la communauté algonquine s’était prononcée en faveur d’une refonte de la Loi sur les mines afin que celle-ci prévoie une obligation de consulter dès le départ les nations autochtones touchées par un projet minier. Québec dit travailler sur une politique encadrant les mécanismes de consultation des premières nations dans le cadre de projets miniers.

 

Rappelons que ce n’est pas la première fois que Lac-Barrière exprime son opposition au projet de Copper One Inc. En 2011, le claim de la compagnie avait été suspendu par le gouvernement du Québec à la demande des Algonquins. À l’été 2016, après des pressions de Copper One, menaçant de faire faillite, le gouvernement du Québec a réactivé le claim de la compagnie, ce qui avait réanimé les craintes des habitants de Lac-Barrière. Copper One Inc. ne nous a pas rappelés.