Retour à la case départ pour les francophones du Yukon

L’école Émilie-Tremblay, à Whitehorse, dont l’ouverture remonte à 1984.
Photo: Commission scolaire francophone du Yukon L’école Émilie-Tremblay, à Whitehorse, dont l’ouverture remonte à 1984.

Retour à la case départ pour la communauté francophone du Yukon. Dans une décision unanime jeudi, la Cour suprême a renvoyé au tribunal de première instance un procès sur l’accès aux écoles de langue française du territoire, plus de cinq ans après le début des procédures.

 

Le juge adjoint à la Cour suprême du Yukon, Vital Ouellette, aurait fait preuve de partialité à l’égard des francophones lors des audiences tenues en 2009. Un nouveau procès devra donc être tenu, concluent les sept juges du plus haut tribunal du pays.

 

La Cour ne se prononce pas de front sur des questions importantes pour les communautés francophones d’autres provinces et territoires que le Québec, qui tentent d’arracher davantage de pouvoirs à leurs gouvernements respectifs, notamment au chapitre des admissions dans les écoles.

 

La Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) souhaite accueillir des élèves dont les parents n’ont pas eux-mêmes été éduqués dans la langue de Molière, ou encore de jeunes arrivants francophones ne détenant pas pour l’instant la citoyenneté canadienne et n’étant donc pas, techniquement, admissibles à l’éducation dans la langue de la minorité en vertu de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés.

 

En 2009, le juge Ouellette penchait en leur faveur et forçait Whitehorse à fournir les ressources humaines et financières nécessaires pour permettre à la Commission scolaire francophone du Yukon de répondre à la demande. Mais la Cour d’appel a donné raison au gouvernement territorial, citant notamment des vices de procédure. La Cour suprême a maintenu ce jugement, précisant que « le comportement du juge du procès fait naître une crainte raisonnable de partialité ».

 

Même s’ils sont visiblement déçus de la décision du tribunal, les avocats de la CSFY gardent espoir. C’est que, le mois dernier, la Cour suprême rendait un autre jugement portant sur l’accès aux écoles de la minorité, cette fois à Vancouver. La décision précisait en termes très clairs que les gouvernements doivent fournir aux commissions scolaires francophones les fonds et pouvoirs nécessaires afin d’offrir une éducation réellement équivalente à celle des écoles de la majorité.

 

« Grâce au jugement, le ministre de l’Éducation sait que, si on a à nouveau à se rendre devant les tribunaux, on va gagner cette fois », estime l’avocat du CSFY, Me Roger Lepage. Une entente de gré à gré sur le financement de l’éducation de langue française au Yukon est donc possible, à son avis. La CSFY se dit encouragée par la récente promesse du gouvernement du Yukon de construire une nouvelle école secondaire de langue française à Whitehorse.

  • Gilles Théberge - Abonné 14 mai 2015 11 h 41

    Pile ou face

    C'est parfois l'impression que l'on a quand on prend connaissance des décisions de certaines Cour de Justice. La Supreme court d'une part, celles des «Provinces» d'autre part. Dans la plupart des cas frôlant tous les cas, toujours les francophones sont en défense, et se débattent pour survivre dans un système qui ne cesse de leur dire «allez vous faire foutre!»

    Pendant ce temps, le «boring» Commiassaire aux Langues officielles se fend de raisonnements abscons pour essayer de nous faire croire que les anglophones sont mal reçus au Québec.

    Pendant ce temps encore, de plus en plus souvent des Québécois au québec en nombre croissant, se font répondre dans des commerces «I don't speak French!»

    Pendant ce temps les Couillard nous couillonnent allègrement et se fichent comme de leur premier biberon de ce qui arrivera à notre langue Nationale, se contentant de déclarations lnifiantes assaisonnées de propos convenus.

    Allez PKP, mettons-nous en route, sortons de cette maison de fou!

    • Jean Boucher - Inscrit 14 mai 2015 14 h 33

      Bravo

  • Jacques Patenaude - Abonné 14 mai 2015 21 h 13

    On saura quoi leur répondre

    Moi personnellement j'en retire que cet article 23 de la charte a le même effet que les articles équivalent de la loi 101. Alors quand les canadiens vont nous dire qu'on est des "pas fins" à cause de la loi 101 on saura quoi leur répondre.

    Dommage j'ai visité le Yukon et je trouvais qu'ils étaient particulièrement ouvert. Ça me fais mal au coeur.

  • Jacques Boulanger - Inscrit 14 mai 2015 22 h 24

    Voilà de quoi rendre fiers nos chers «canadianistes» pour qui l'indépendance du Québec serait un rétrissement de notre patrimoine canadien.

    Je m'excuse pour la tournure alambiquée de ce commentaire, mais voilà, j'essaie de me mettre à leur niveau.

  • François Dugal - Inscrit 15 mai 2015 07 h 45

    Demandez le l'aide

    Les Yukonnais et les Yukonnaises devraient demander le l'aide à notre ministre Fournier. Héros de la diplomatie francophone, il irait les défendre avec enthousiasme et pugnacité dans notre nationale capitale : Ottawa.