Séisme en Iran - Bam envahi par l'odeur de la mort
Photo : Agence Reuters
Cette Iranienne pleure la mort d’un des siens qui a été enseveli, hier, dans une fosse commune avec d’autres cadavres.
Bam, Iran — Une odeur de mort a envahi hier la ville iranienne de Bam, presque entièrement détruite vendredi par un séisme dont le bilan pourrait atteindre 30 000 morts, où les espoirs de retrouver des rescapés cèdent peu à peu la place à la crainte des épidémies et des pillages.
«Je pense que le bilan atteindra 30 000 morts. Certains villages isolés sont encore plus endommagés que Bam, ils sont détruits à 100 %», a déclaré à Reuters un membre de l'administration de la province de Kerman.
Un porte-parole du ministère de l'Intérieur avait auparavant évoqué le chiffre de 22 000 morts, ajoutant que le bilan allait sans doute s'alourdir.
L'administration du président américain George Bush, qui a rangé l'Iran sur son «axe du mal», a mis de côté ses divergences diplomatiques avec Téhéran pour discuter directement l'aide humanitaire.
De la Chine à l'Afrique du Sud, de la Grande-Bretagne à l'Australie, la communauté internationale s'est rapidement mobilisée pour venir en aide à l'Iran et y dépêcher des équipes de secouristes, des médecins, des tentes et des fonds.
La France a envoyé samedi une soixantaine de secouristes civils et militaires ainsi que de l'équipement à bord d'un avion de transport tactique C130 et d'un Iliouchine. Le séisme qui a frappé Bam, ville du sud-est iranien presque entièrement construite en pisé, est le plus meurtrier survenu dans le monde depuis dix ans. Il a également fait 30 000 blessés. L'aéroport a été transformé en un hôpital de fortune et les trottoirs de la ville, jonchés de débris, ont accueilli de nombreux blessés, dont certains sous perfusion. Les cimetières sont débordés. Des mollahs en bras de chemise et portant des masques pour se protéger de la poussière et de l'odeur déchirent des draps qui serviront de linceuls aux victimes.
Le temps manquant pour les laver selon la tradition musulmane, les cadavres sont simplement arrosés de désinfectant afin d'éviter les épidémies avant d'être déposés dans de larges tranchées creusées par des pelleteuses. Selon la télévision d'État, 16 000 corps ont été retrouvés et enterrés. D'après des employés d'organisations humanitaires, le nombre de sans-abri pourrait s'élever à plus de 100 000.
Alain Pashe, membre de l'équipe de coordination des Nations unies, a évalué entre 500 et 600 le nombre de secouristes étrangers présents sur les lieux. «Les recherches vont se poursuivre au moins pendant une journée [jusqu'à lundi minuit], une évaluation permettra alors de déterminer si on continue ou non. Après cinq jours, les chances de retrouver quelqu'un vivant sont très maigres», a-t-il expliqué.
Selon Ari Vakkilainnen, qui dirige une équipe finlandaise, 30 personnes ont été retirées vivantes des décombres durant la nuit et les chances de retrouver de nouveaux rescapés sont très faibles. «C'est lié à la manière dont les maisons ont été construites et dont elles se sont effondrées. Il semble que très peu de poches d'air se soient créées au moment de l'effondrement des bâtiments», a expliqué pour sa part Roland Schlachter, membre d'une équipe suisse.
Des habitants et certains travailleurs humanitaires ont déclaré que la distribution de l'aide était chaotique. «Il n'y a pas d'organisation. C'est le plus fort qui reçoit l'aide», a ainsi déclaré Mehdi Dehghani, un habitant.
Des cas de pillage
Les premiers cas de pillage ont été signalés. Des camionnettes chargées de jeunes hommes armés de pistolets et de kalachnikovs sont arrivés à Bam et ont pillé des tentes du Croissant-Rouge. Des camions où étaient entreposées des couvertures ont également été attaqués par des hommes à moto.
Chose rare entre les États-Unis et l'Iran, de hauts responsables des deux pays — le secrétaire d'État adjoint américain, Richard Armitage, et le représentant permanent de l'Iran à l'ONU, Mohammad Javad Zarif — se sont entretenus par téléphone pour discuter des modalités d'une aide humanitaire américaine.
L'armée américaine a annoncé l'envoi de 68 tonnes d'aide qui seront acheminées à partir de bases américaines dans le Golfe et un premier Hercules C-130 américain a atterri hier à Kerman, près de Bam.
De leur côté, les survivants se préparent à passer une troisième nuit dans le froid, certains étant logés dans des tentes, mais beaucoup devant passer la nuit à la belle étoile dans les palmeraies des faubourgs de la ville, se réchauffant auprès de feux improvisés. Selon les prévisions météo de la télévision, la pluie pourrait faire son apparition.
La secousse, d'une magnitude de 6,3 sur l'échelle de Richter, a eu lieu vendredi avant l'aube alors que la plupart des habitants de Bam étaient endormis. Bam, qui est située à un millier de kilomètres de Téhéran, compte 80 000 habitants.
Près de 70 % des bâtiments de brique et de terre de cette ancienne cité de la Route de la soie ont été rasés. La citadelle de la ville, qui date de 2000 ans, a été en grande partie détruite. Des experts ont dit craindre des répliques. La République islamique a rapidement accepté une aide humanitaire internationale. Cela n'avait pas été le cas en 1990, après un séisme qui avait fait 36 000 morts. Des responsables iraniens ont fait savoir que, cette fois-ci, Téhéran accueillerait favorablement toute aide, sauf de la part d'Israël.
«Je pense que le bilan atteindra 30 000 morts. Certains villages isolés sont encore plus endommagés que Bam, ils sont détruits à 100 %», a déclaré à Reuters un membre de l'administration de la province de Kerman.
Un porte-parole du ministère de l'Intérieur avait auparavant évoqué le chiffre de 22 000 morts, ajoutant que le bilan allait sans doute s'alourdir.
L'administration du président américain George Bush, qui a rangé l'Iran sur son «axe du mal», a mis de côté ses divergences diplomatiques avec Téhéran pour discuter directement l'aide humanitaire.
De la Chine à l'Afrique du Sud, de la Grande-Bretagne à l'Australie, la communauté internationale s'est rapidement mobilisée pour venir en aide à l'Iran et y dépêcher des équipes de secouristes, des médecins, des tentes et des fonds.
La France a envoyé samedi une soixantaine de secouristes civils et militaires ainsi que de l'équipement à bord d'un avion de transport tactique C130 et d'un Iliouchine. Le séisme qui a frappé Bam, ville du sud-est iranien presque entièrement construite en pisé, est le plus meurtrier survenu dans le monde depuis dix ans. Il a également fait 30 000 blessés. L'aéroport a été transformé en un hôpital de fortune et les trottoirs de la ville, jonchés de débris, ont accueilli de nombreux blessés, dont certains sous perfusion. Les cimetières sont débordés. Des mollahs en bras de chemise et portant des masques pour se protéger de la poussière et de l'odeur déchirent des draps qui serviront de linceuls aux victimes.
Le temps manquant pour les laver selon la tradition musulmane, les cadavres sont simplement arrosés de désinfectant afin d'éviter les épidémies avant d'être déposés dans de larges tranchées creusées par des pelleteuses. Selon la télévision d'État, 16 000 corps ont été retrouvés et enterrés. D'après des employés d'organisations humanitaires, le nombre de sans-abri pourrait s'élever à plus de 100 000.
Alain Pashe, membre de l'équipe de coordination des Nations unies, a évalué entre 500 et 600 le nombre de secouristes étrangers présents sur les lieux. «Les recherches vont se poursuivre au moins pendant une journée [jusqu'à lundi minuit], une évaluation permettra alors de déterminer si on continue ou non. Après cinq jours, les chances de retrouver quelqu'un vivant sont très maigres», a-t-il expliqué.
Selon Ari Vakkilainnen, qui dirige une équipe finlandaise, 30 personnes ont été retirées vivantes des décombres durant la nuit et les chances de retrouver de nouveaux rescapés sont très faibles. «C'est lié à la manière dont les maisons ont été construites et dont elles se sont effondrées. Il semble que très peu de poches d'air se soient créées au moment de l'effondrement des bâtiments», a expliqué pour sa part Roland Schlachter, membre d'une équipe suisse.
Des habitants et certains travailleurs humanitaires ont déclaré que la distribution de l'aide était chaotique. «Il n'y a pas d'organisation. C'est le plus fort qui reçoit l'aide», a ainsi déclaré Mehdi Dehghani, un habitant.
Des cas de pillage
Les premiers cas de pillage ont été signalés. Des camionnettes chargées de jeunes hommes armés de pistolets et de kalachnikovs sont arrivés à Bam et ont pillé des tentes du Croissant-Rouge. Des camions où étaient entreposées des couvertures ont également été attaqués par des hommes à moto.
Chose rare entre les États-Unis et l'Iran, de hauts responsables des deux pays — le secrétaire d'État adjoint américain, Richard Armitage, et le représentant permanent de l'Iran à l'ONU, Mohammad Javad Zarif — se sont entretenus par téléphone pour discuter des modalités d'une aide humanitaire américaine.
L'armée américaine a annoncé l'envoi de 68 tonnes d'aide qui seront acheminées à partir de bases américaines dans le Golfe et un premier Hercules C-130 américain a atterri hier à Kerman, près de Bam.
De leur côté, les survivants se préparent à passer une troisième nuit dans le froid, certains étant logés dans des tentes, mais beaucoup devant passer la nuit à la belle étoile dans les palmeraies des faubourgs de la ville, se réchauffant auprès de feux improvisés. Selon les prévisions météo de la télévision, la pluie pourrait faire son apparition.
La secousse, d'une magnitude de 6,3 sur l'échelle de Richter, a eu lieu vendredi avant l'aube alors que la plupart des habitants de Bam étaient endormis. Bam, qui est située à un millier de kilomètres de Téhéran, compte 80 000 habitants.
Près de 70 % des bâtiments de brique et de terre de cette ancienne cité de la Route de la soie ont été rasés. La citadelle de la ville, qui date de 2000 ans, a été en grande partie détruite. Des experts ont dit craindre des répliques. La République islamique a rapidement accepté une aide humanitaire internationale. Cela n'avait pas été le cas en 1990, après un séisme qui avait fait 36 000 morts. Des responsables iraniens ont fait savoir que, cette fois-ci, Téhéran accueillerait favorablement toute aide, sauf de la part d'Israël.
- » Bam
Haut de la page

