Les locataires appréhendent les effets d'une déréglementation
Locataires en colère. Confrontés à des hausses de loyer parfois abusives depuis trois ans, les locataires des grandes agglomérations du Québec aspirent désormais à une politique de «contrôle des loyers» plutôt qu'à une déréglementation telle qu'actuellement évaluée par le ministre des Affaires municipales, Jean-Marc Fournier. C'est du moins le souhait formulé hier par le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), manifestations en prime visant à dénoncer des fixations de loyers discutables que la Régie de logement ne semble pas en mesure d'empêcher.
«Depuis trois ans, c'est infernal, a lancé André Trépanier, porte-parole du RCLALQ. Et pourtant, il existe des mécanismes de contestation des hausses de loyer devant la Régie. Mais visiblement, ça n'a guère d'impact et les hausses de 100 ou 200 $ lors des changements de locataires ne sont plus des exceptions.»
L'historique des augmentations de loyer d'un grand propriétaire d'immeubles de Montréal, dévoilé hier par le regroupement, en témoigne d'ailleurs. Entre 2002 et 2003, ses immeubles, de deux, trois et parfois plusieurs dizaines de logements, ont généré des revenus locatifs en hausse de 9 % en moyenne. Avec des pointes de 20 %, 27 % ou 30 % pour certaines de ses propriétés. «Quand on entend les investisseurs immobiliers se plaindre que le secteur n'est pas rentable, on peut se permettre d'en douter», dit M. Trépanier.
Ces hausses, induites par la pénurie de logements qui touche actuellement les grandes villes de la province, inquiètent les associations de défense des locataires. Surtout à une époque où, dans certains coins de la ville, il n'est pas rare de trouver des cinq-pièces et demie dont le prix de location mensuel a franchi la barre psychologique des 1000 $ et où plusieurs ménages — 6 % environ selon Statistique Canada — consacrent 50 % de leur revenu pour se loger. Parfois plus.
«Dans ce contexte, la déréglementation des loyers ne ferait qu'empirer la situation, croit M. Trépanier, et la crise du logement par la même occasion.» Damaris Rose, spécialiste en politique de logement à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS-Urbanisme), le confirme d'ailleurs. «Une déréglementation ne va pas augmenter pour autant l'offre de logements abordables, a-t-elle expliqué hier en entrevue téléphonique. Et les loyers, eux, vont continuer à augmenter, comme ils le font en ce moment d'ailleurs.»
Le RCLALQ aimerait bien que tout cela s'arrête. Comment? Avec la création d'un registre des baux pour permettre aux locataires de mesurer l'augmentation des loyers et, le cas échéant, la contester. Sur les millions de baux signés ou renouvelés l'an dernier au Québec, 635 à peine se sont retrouvés devant le bureau de la fixation des loyers de la Régie. «Et on peut croire qu'un nombre bien important aurait justifié un passage devant la Régie pour augmentation supérieure à ce que la loi permettait», dit M. Trépanier.
«Depuis trois ans, c'est infernal, a lancé André Trépanier, porte-parole du RCLALQ. Et pourtant, il existe des mécanismes de contestation des hausses de loyer devant la Régie. Mais visiblement, ça n'a guère d'impact et les hausses de 100 ou 200 $ lors des changements de locataires ne sont plus des exceptions.»
L'historique des augmentations de loyer d'un grand propriétaire d'immeubles de Montréal, dévoilé hier par le regroupement, en témoigne d'ailleurs. Entre 2002 et 2003, ses immeubles, de deux, trois et parfois plusieurs dizaines de logements, ont généré des revenus locatifs en hausse de 9 % en moyenne. Avec des pointes de 20 %, 27 % ou 30 % pour certaines de ses propriétés. «Quand on entend les investisseurs immobiliers se plaindre que le secteur n'est pas rentable, on peut se permettre d'en douter», dit M. Trépanier.
Ces hausses, induites par la pénurie de logements qui touche actuellement les grandes villes de la province, inquiètent les associations de défense des locataires. Surtout à une époque où, dans certains coins de la ville, il n'est pas rare de trouver des cinq-pièces et demie dont le prix de location mensuel a franchi la barre psychologique des 1000 $ et où plusieurs ménages — 6 % environ selon Statistique Canada — consacrent 50 % de leur revenu pour se loger. Parfois plus.
«Dans ce contexte, la déréglementation des loyers ne ferait qu'empirer la situation, croit M. Trépanier, et la crise du logement par la même occasion.» Damaris Rose, spécialiste en politique de logement à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS-Urbanisme), le confirme d'ailleurs. «Une déréglementation ne va pas augmenter pour autant l'offre de logements abordables, a-t-elle expliqué hier en entrevue téléphonique. Et les loyers, eux, vont continuer à augmenter, comme ils le font en ce moment d'ailleurs.»
Le RCLALQ aimerait bien que tout cela s'arrête. Comment? Avec la création d'un registre des baux pour permettre aux locataires de mesurer l'augmentation des loyers et, le cas échéant, la contester. Sur les millions de baux signés ou renouvelés l'an dernier au Québec, 635 à peine se sont retrouvés devant le bureau de la fixation des loyers de la Régie. «Et on peut croire qu'un nombre bien important aurait justifié un passage devant la Régie pour augmentation supérieure à ce que la loi permettait», dit M. Trépanier.
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