Étude - Les femmes entrent dans la prostitution très jeunes, souvent mineures

Dans le cadre d’une enquête effectuée auprès de 109 femmes faisant ou ayant fait de la prostitution, la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) a établi que 37 % d’entre elles étaient mineures au moment d’entrer dans la prostitution, tandis que 79 % avaient alors 25 ans ou moins. Par ailleurs, 81 % des femmes rencontrées par la CLES, qui pratiquaient toujours la prostitution, ont dit vouloir quitter l’industrie du sexe.

 

La CLES a recensé 1077 lieux de transaction à Montréal, y compris les annonces, dont 400 lieux physiques. De ce lot, 74,7 % sont des salons de massage. Selon Éliane Legault-Roy, de la CLES, ces salons, parce qu’ils opèrent derrière des portes closes, permettent davantage d’exploiter des mineures.

 

« On l’a vu tout récemment, à côté de nos locaux. Il y avait un salon de massage qui embauchait les 17 ans et plus. Une militante est allée faire sa petite enquête et a dit “ma voisine a 16 ans, elle est bien travaillante”, et ils étaient prêts à l’embaucher », dit-elle.

 

Les lieux repérés par la CLES « sont surtout situés dans les quartiers centraux, sur les grandes artères et près des ponts ».

 

Portrait varié

 

Selon Mme Legault-Roy, les expériences de prostitution varient énormément d’une personne à l’autre. « On a eu une femme qui a commencé à quatre ans parce qu’elle a été vendue par son grand-père », dit-elle.

 

Les répondantes de l’enquête de la CLES avaient entre 17 et 60 ans, et 45 % d’entre elles travaillent toujours dans l’industrie du sexe, 55 % en étant sorties.

 

Fait à noter, toutes les femmes étaient dans une situation de pauvreté, même alors qu’elles travaillaient dans l’industrie du sexe. Cette situation mettait d’ailleurs un frein à leur sortie du métier. Les femmes rencontrées par la CLES ont dit avoir de grands besoins d’hébergement abordable. « Le prix des logements peut engendrer une prostitution de fin de mois, ou la nécessité de vivre avec son proxénète ou avec d’autres femmes du milieu », dit Mme Legault-Roy. La toxicomanie était également présente parmi les femmes rencontrées, avec d’autres problèmes de santé physique ou mentale. « Les femmes avaient également énormément de besoins liés à la judiciarisation », dit-elle.

11 commentaires
  • Johanne St-Amour - Abonnée 3 décembre 2013 07 h 33

    Vivement l'abolition!

    Si c'est un métier, vous avez raison de parler d'"industrie", Mme Montpetit. Plutôt inhumain! Mais à mon avis, ce n'est pas un métier mais une énorme inégalité entre les femmes et les hommes. J'espère que l'étude de la CLES donnera un portrait réaliste à Denis Coderre et le motivera davantage dans la fermeture des salons de massage. Et que le gouvernement fédéral (puisque c'est sous sa juridiction) abolisse la prostitution et émettent des lois comme en Suède, en Norvège et maintenant en France. Quoique le gouvernement provincial pourrait envoyer un message fort (en se distinguant encore une fois?). Et surtout apporter de l'aide aux femmes.

    • Sylvain Auclair - Abonné 3 décembre 2013 10 h 36

      Interdire la prostitution, ça veut dire, concrètement mettre les prostituées en prison. Interdire l'achat de services, ça veut dire mettre les prostituées dans les ruelles. Interdire le trafic de drogue, ça veut dire le mettre dans les mains de crime organisé. Si on veut mettre fin à quelque chose, l'interdire est rarement la solution.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 3 décembre 2013 11 h 10

      Elles sont déjà dans les mains du crime organisé et des gangs de rue!

      L'abolition de la prostitution comme en Suède décriminalise les prostituées. Et ruelles ou maison "close" la violence est aussi présente!

      Faire prendre conscience aux clients de leur geste, génial!

      Dans un article intitulé "L’égalité passe par la pénalisation du client" Christine Delphy, Françoise Héritier et Yvette Roudy écrivent que :

      "Seule une politique courageuse pourrait faire reculer cet archaïsme indigne de nos démocraties et libérer la sexualité, non seulement de l'ordre moral et de la violence, mais aussi du carcan du marché. Cette révolution culturelle permettrait de mesurer enfin la volonté des hommes de considérer les femmes comme des égales, de leur reconnaître des désirs, le même droit qu'eux au plaisir et une place à égalité dans la société."

      Et répondent à ce monsieur interrogé sur le risque d'exploiter une victime de la traite qui dit: "Quand je mange un bifteck, je ne me demande pas si la vache a souffert ».

    • Sylvain Auclair - Abonné 3 décembre 2013 14 h 34

      Madame Saint-Amour,
      Sans vouloir affirmer connaître la solution, je remarque simplement que, vu qu'il est illégal de gagner le moindre sou par la prostitution, il est normal que seuls des criminels puissent en exercer la «gestion», si je puis dire. Et qui dit criminels dit violence etc.

      Quand l'alcool était illégal aux États-Unis, qui en vendait?

    • Johanne St-Amour - Abonnée 3 décembre 2013 17 h 13

      Vous pouvez continuer à trouver cela tout à fait normal, pour moi ça ne l'est pas. Aux pays-Bas et en Allemagne, la prostitution est légal et le problème de violence, clandestinité est toujours là!

      Moi, je continuerai à militer pour l'égalité des relations entre les femmes et les hommes.

    • Sylvain Auclair - Abonné 4 décembre 2013 10 h 09

      Vous savez, madame Saint-Amour, il existe aussi de l'exploitation dans d'autres secteurs de travail. Et de l'exploitation d'hommes aussi. La clandestinité et la violence existent dans bien des domaines.

  • André Michaud - Inscrit 3 décembre 2013 09 h 59

    Gangs de rue

    Avec les gang de rue et leurs pimps, certains savent attirer les mineures en promettant plein d'argent et de dope sans avoir à étudier...ces jeunes femmes ne se doutant pas que leur vie deviendra un enfer..Souvent elle trouve le pimp très beau au début et il lui faire croire qu'elle est une princesse...

    Qu'une femme majeure veulent faire de la protitution à son compte pour gagner facilement du fric non imposable est une chose, mais quand ce sont des mineures dans les griffes des gangs de rue c'est une autre affaire.

    Pour le majeures il faudrait mieux légiférer pour à la fois les protéger et à la fois aller retirer de l'impôt, comme pour tout travailleur(euse).

  • Pierre François Gagnon - Inscrit 3 décembre 2013 10 h 02

    Des mesures constructives, s'il vous plaît!

    «Fait à noter, toutes les femmes étaient dans une situation de pauvreté, même alors qu’elles travaillaient dans l’industrie du sexe. Cette situation mettait d’ailleurs un frein à leur sortie du métier.»

    La Loi ne peut pas remplacer de force la vertu citoyenne. C'est irréaliste. On ne peut pas légiférer sur la trajectoire des comètes... En revanche, les Français auraient pu innover en s'attaquant concrètement à la racine de la prostitution sur trois plans à la fois, très pragmatiques: pouchasser les réseaux de proxénètes en augmentant sévèrement leurs peines ; instaurer un revenu minimum garanti pour réduire le plus possible l'offre de prostitution en éliminant le besoin des pauvres d'y avoir jamais recours ; traiter le sexolisme des clients en leur faisant prendre conscience de leur maladie cognitivo-comportementale ainsi que la psychopatologie d'un certain pourcentage de prostitué(e)s, admettons-le. Cette série de mesures préventives ne ferait pas disparaître le "plus vieux métier du monde", mais aurait le mérite d'être constructive.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 3 décembre 2013 11 h 17

      Vous parlez en fait, du plus vieux mensonge du monde! La prostitution dès le départ était contrainte. On a ensuite voulu l'affubler de métier pour mieux la banaliser.

      La prostitution n'est pas une réponse à la pauvreté! D'autant plus que c'est une solution misogyne: la plupart des personnes qu'on prostitue étant des femmes! Rare sont celles qui sortent de ce bourbier riche: plutôt très amochée physiquement et surtout psychologiquement.

      Et la pénalisation du client marche très bien en Suède où la loi a été instauré depuis 1999: http://www.lexpress.fr/actualite/societe/prostitut

  • Normand Murray - Inscrit 3 décembre 2013 11 h 18

    Une réflexion.

    Il y a pas si longtemps ces femmes et jeunes filles étaient dans la rue et étaient grandement susceptible de subir de graves violences du à exercé ce "métier" seule à la merci de dégénérés en mal de sensastions fortes.Certes les proxénetes on trouvé une façon d'opérer par la voix des salons de massage en toute logique les femmes et malheureusement jeunes filles ne sont plus à l'abris des dégénérés mais d'un autre coté la violence des proxénetes est plus que présente du à l'accessibilité de leurs "victimes".Encore certains clients on des demandes spécifiques désaxés sexuelement de par leurs natures et comme on dit le client a toujours raison et le proxénete charge des frais pour ces extras.Maintenant on ferme le tout et on transporte le tout dans les demeures des victimes à la vue de leurs enfants ou on retombe dans la clandestinité totale et on reviens au temps du red light des années 40 50 60.La solution réside en légalisant le tout avec un contrôle médical et de fait mème diminué considérablement les soins encourus du aux nombreuses maladies transmissibles sexuellements mais ceci demandes un courage certain de la part des autorités concernés.P.S:Encore une autre preuve que l'éducation serais le remède à une grande parti du problème car si ces victimes auraient une éducation la grande majorité aurait probablement un travail digne de ce nom...

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 4 décembre 2013 06 h 25

    Pulsions

    Toujours la mauvaise cible !

    Organiser les victimes en système bien ordonné n'est toujours pas la solution. Surtout quand les hommes ne peuvent contrôler leurs pulsions ! Quand c'est leur petite bête qui dirige au lieu de leur tête et recherche toujours de la viande fraîche ! Ce n'est pas demain la veille où l'homme se délaissera du prédateur intérieur et il trouvera toujours un moyen d'assouvir sa bassesse la bave aux lèvres et les yeux dans la graisse de bines !

    Le problème n'est pas chez l'esclave, il est chez le maitre !

    PL