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Grâce à des téléphones fournis par l'armée américaine - Des militants canadiens des droits de la personne dénoncent les abus américains en Irak

27 octobre 2003  Société
Ottawa — Les militants canadiens en faveur des droits de la personne en Irak peuvent plus facilement transmettre leurs messages à l'extérieur depuis que l'armée américaine leur a fourni des téléphones militaires spéciaux. Toutefois, ces messages pourraient bien déplaire aux autorités américaines.

Des membres du groupe Christian Peacemaker Teams, dont deux Canadiens, sont demeurés à Bagdad après l'évacuation de la majeure partie du personnel des Nations unies, d'Amnistie internationale et de la Croix-Rouge internationale. Ils se disent effarés par les attaques militaires fréquentes perpétrées contre des domiciles privés à Bagdad, et par le nombre de personnes détenues par les Américains sous des prétextes vagues et non étayés.

Cela aggrave la situation, affirme David Milne, un travailleur social à la retraite ontarien, lors d'un entretien depuis Bagdad. Les Américains ne comprennent pas à quel point ils se font des ennemis en agissant ainsi, s'étonne-t-il.

Perquisitions arbitraires

Les maisons de personnes soupçonnées d'aider l'ennemi font régulièrement l'objet de perquisitions de style militaire, à grand renfort de troupes et de blindés. Les opérations se mènent généralement tard la nuit. Souvent, on enfonce la porte, ou on envoie une grenade percussive avant d'entrer. L'argent et les biens de valeurs sont souvent confisqués, sous prétexte qu'ils sont destinés à des terroristes, quand il s'agit plutôt des économies de la famille, maintient M. Milne.

Il s'agit là d'atteintes graves aux droits de la personne, déplore le militant. «Après cela, les gens se demandent comment [les Américains] osent venir leur parler de démocratie...»

La plupart des travailleurs affiliés à des organisations humanitaires étrangères vivant à Bagdad habitent dans des zones fortifiées, mais les membres de Christian Peacemaker Teams vivent au milieu des Irakiens, sans protection spéciale.

M. Milne, qui est âgé de 58 ans, se trouve en Irak en compagnie d'Allen Slater, 68 ans, lui aussi un Ontarien, cultivateur retraité, et de plusieurs militants américains. Leur principale tâche est de tenter de retrouver les habitants qui sont détenus, et dont les familles sont sans nouvelles.

Selon M. Milne, le Canada ne devrait pas donner d'argent pour la reconstruction de l'Irak à moins d'être assuré que ces sommes serviront vraiment à aider les Irakiens. «Je demeure convaincu que cette opération devrait être menée par l'ONU, et pas autrement.»






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