Aide sociale - Le projet Maltais bafouerait la Charte des droits

Manifestation pour dénoncer les coupes projetées à l'aide sociale, en mars dernier à Montréal. En 2012, 7 % de la population du Québec vivait avec l'aide sociale, dont 108 000 enfants.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Manifestation pour dénoncer les coupes projetées à l'aide sociale, en mars dernier à Montréal. En 2012, 7 % de la population du Québec vivait avec l'aide sociale, dont 108 000 enfants.

Au tour de la Commission des droits de la personne de juger sévèrement les modifications proposées par la ministre Agnès Maltais à l’aide sociale en suggérant qu’elles contreviennent presque toutes à la Charte des droits et libertés en plus de constituer des mesures « rétrogrades » selon les pactes internationaux auxquels le Québec a souscrit.

Dans une série de commentaires émis mercredi matin, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse explique pourquoi et comment elle juge le projet de Mme Maltais sur le Règlement sur l’aide aux personnes et aux familles contraire à plusieurs articles de la Charte des droits, au point d’ailleurs où elle demande à Québec de surseoir aux trois principaux changements, tous trois au cœur de la controverse actuelle.

 

« D’emblée, signalons que les mesures proposées par le projet de règlement affecteraient les personnes qui sont parmi les plus pauvres de la société et qui ne disposent pas de ce revenu décent susceptible de garantir l’exercice des droits et libertés », peut-on lire dans le document d’une trentaine de pages, acheminé à la ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais.
 

« En allant appauvrir les plus pauvres, au-delà d’un revenu jugé décent, on atteint certains droits », a expliqué en entrevue le président de la Commission, Gaétan Cousineau. Le projet de règlement bafouerait, selon la Commission, le droit à la vie, à la sûreté et à l’intégrité physique et psychologique (article 1) ; le droit au respect de la dignité (article 4) ; le droit d’un enfant à la sécurité, l’attention et la protection (article 39) ; et le droit à un niveau de vie décent (article 45).
 

Il ne respecte pas non plus l’esprit du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, auquel le Québec a souscrit.
 

Les dispositions ciblées sont celles qui ont fait couler tant d’encre depuis leur publication dans la Gazette officielle, à la fin de février, soit l’abolition du versement automatique d’un supplément de 129 $ par mois pour les personnes de plus de 55 ans, et de 129 $ ou de 221 $ par mois (selon l’admissibilité des parents) pour les familles ayant à charge un enfant de moins de cinq ans, ces deux situations causant des « contraintes temporaires à l’emploi ». La Commission estime que la disparition de ces allocations placera les ménages visés dans une situation de pauvreté qui entraînera le non-respect de la Charte.
 

En outre, le fait de cibler les familles biparentales avec enfant à charge, tout en préservant les familles monoparentales, sous-entend un motif de discrimination interdite au sens de l’article 10 de la Charte (droit à l’égalité), le motif de l’état civil.
 

La Charte des droits, rappelle la Commission, « a un statut quasi constitutionnel » ; les dispositions d’une loi ou d’un règlement « qui contreviennent à l’article 10 de la Charte devraient donc être jugées inapplicables en droit », ajoute-t-elle.
 

À propos de la clientèle des 55 à 57 ans, que Québec souhaite inciter à un retour au travail, la Commission note que même si le taux d’emploi de cette tranche d’âge s’est amélioré au fil du temps, une fragilité demeure pour certains groupes. « La femme immigrante vit une double discrimination, et certains avec un handicap, parfois, une triple », note M. Cousineau.
 

Le fait de promettre en compensation une mesure financière d’aide à l’emploi de 195 $ par mois ne rassure pas la Commission, qui craint que cette mesure ne soit pas offerte à tous ni sur une longue période, ce qui ne garantira pas le niveau de vie décent garant du respect des droits.
 

La Commission des droits demande donc à la ministre Maltais de ne pas édicter les articles 1 et 2 du projet de règlement, concernant l’abolition des allocations pour contraintes temporaires.

 

Prestataires toxicomanes

Les dispositions du projet de règlement concernant le soutien financier destiné aux prestataires toxicomanes ne rassure pas davantage la Commission des droits, qui décode, dans l’interprétation faite par Québec, une atteinte à l’article 10 (droit à l’égalité). Le projet confond en effet la durée des services en désintoxication à court terme avec la durée des services en toxicomanie (la réadaptation suivant la désintoxication à proprement parler), ce qui discrimine une clientèle par rapport à une autre.

 

Réaction de la ministre

La ministre Agnès Maltais a réagi par voie de communiqué à cet avis de la Commission, dont elle a pris connaissance, en affirmant prendre acte de ces commentaires, qui « seront analysés en collaboration avec les avocats du ministère de la Justice responsables du droit public ».
 

Elle s’est engagée à ce que l’action du gouvernement se fasse en tout respect de la Charte des droits et libertés, mais a remarqué du même souffle que certaines des « améliorations déjà annoncées concernant la désintoxication » (allongement de la durée de 90 jours à 183 jours) n’avaient pas été ajoutées à la base d’analyse. Elle a réaffirmé les visées premières de son projet, soit de « favoriser la participation au marché du travail ».

153 commentaires
  • Richard Laroche - Inscrit 3 avril 2013 12 h 49

    Faire une omelette

    C'est certain que plus la vis est slaque dans le programme d'aide sociale, plus il y aura des profiteurs.
    C'est certain que serrer la vis sur un programme d'aide sociale va toujours affecter des gens qui ne sont pas nécessairement des profiteurs.
    Donc on ne peut pas diminuer le nombre de profiteurs sans affecter un minimum de gens honnêtes.
    La commission des droits de la personne devrait contribuer à mieux définir la loi pour épargner les personnes honnêtes, au lieu de juste critiquer sans recommandations constructives.

    • Yves Gingras - Inscrit 3 avril 2013 14 h 12

      Pourquoi Mme Maltais n'applique pas votre raisonnement aux coupes fédérales dans l'assurance-emploi. C'est cela être péquiste :critiquer le fédéral mais faire encore pire dans sa cour.

    • Richard Laroche - Inscrit 3 avril 2013 15 h 24

      Yves: les personnes affectées par les mesures fédérales sont hautement concentrées au Québec et dans les maritimes alors que le projet de Maltais touche des personnes sporadiquement dispersées partout au Québec.

      En d'autres mots, les changements de Harper provoquent un mal ciblé tandis que les changements de Maltais provoquent un mal "également réparti".

    • Maxime Dion - Inscrit 3 avril 2013 15 h 35

      @Richard Laroche

      Compte-tenu des montants faméliques que verse la Sécurité du revenu, il faudrait que vous puissiez démontrer comment un citoyen pourrait avoir envie de <<profiter>> de l’Aide-sociale…

      En tout cas, des études sociales récentes ont démontré qu’il y a de plus en plus d’anciens travailleurs dans la cinquantaine qui se contentent de vivre sur la rue à Montréal et de coucher par exemple à la Maison du Père, dans l’attente de percevoir leur pension de vieillesse à 65 ans, parce que les prestations mensuelles de l’Aide sociale sont maintenant insuffisantes pour leur permettre de payer un loyer mois après mois en toute quiétude.

    • Richard Laroche - Inscrit 3 avril 2013 22 h 37

      Votre exemple de Montréal c'est regarder la situation avec des oeillères. Y'a bien des endroits où les logements sont vraiment pas chers. Je peux vous assurer qu'il y a certaines personnes qui "profitent" de l'aide sociale en s'assurant sporadiquement des revenus "passe-passe" et qui s'en sortent juste assez bien pour se payer un logement "correct" et assouvir différents vices.

      Y'en a qui se satisfont de peu et qui ne voudraient pas travailler pour avoir un peu mieux. Je ne dis pas que c'est la norme, je dis juste que ça existe.

    • Nicole Bernier - Inscrite 4 avril 2013 06 h 47

      Le double standard
      Je suis toujours sidérée par ceux qui défendent des Partis politiques ou des Églises qui posent les mêmes gestes que d'autres Partis politiques ou d'autres Religions qu'ils dénoncent. Être un individu ou un peuple qui autorise son groupe à poser des gestes qu'il interdit de poser à un autre peuple ou à un autre individu, c'est la loi du double standard.

      Ici, il est question dans ce débat de coupure de revenu pour les plus pauvres, alors que l'on autorise les banques et les industries à faire des marges de profit énormes sur le dos des contribuables. Je lisais les milliars qui seront dépensés par le Fédéral pour décontaminer les mines abandonnées par ceux qui ne peuvent plus s'enrichir sur le dos des travailleurs. Tout le monde parle des bonnes intentions, mais il faut avoir le courage d'évaluer ses gestes réels et leurs conséquences. L'intention et le désir d'avoir un budget équilibrée ne justifie pas la stratégie prise pour y arriver... Le Fédéral et le Provincial reçoivent beaucoup de pression de ceux qui détiennent le pouvoir dans une société (et même des menaces...) mais de couper sur le dos des pauvres (les gens sans travail) en catimini comme a fait la Ministre pour essayer que son ministère contribue à l'équilibre budgétaire, c'est un manque d'Étique flagrant. Affirmer que la mesure est injuste parce qu'il y a plus de pauvres sans travail au Québec est un argument qui discrédite ceux qui sont capables de justifier le même comportement pour eux-mêmes. Les autres ne peuvent pas voler, mais ma gang peut le faire parce qu'elle a de bonnes intentions... Attaquer la mesure de du Fédéral qui consiste à agir contre les pauvres (qu'ils soient du Québec ou des Maritimes) tout en justifiant un autre parti politique d'agir avec autant d'arrogance ce n'est pas reluisant. D'ailleurs, si la ministre n'a pas fait ses devoirs avant d'agir, cela la discrédite tout autant, car cela veut dire qu'elle a un emploi dont elle n'a pas les compétences nécessair

    • Carole Dionne - Inscrite 4 avril 2013 09 h 02

      Hi HI!!

      Quand c'est péquiste, la cause recherché est bonne même s'il y a des dommages collatéraux. Mais si c'est le PLQ ou le fédéral, OUPS, pas pareil: c'est diaboliques.


      Mme Maltais a tellement chiâlé quand elle était dans l'opposition...

    • Richard Laroche - Inscrit 4 avril 2013 09 h 29

      Je n'ai pas dit que j'appuyais la mesure de Maltais. J'ai juste suggéré que la commission des droits de la personne contribue à mieux définir la loi pour protéger les plus vulnérables.

    • Louka Paradis - Inscrit 4 avril 2013 12 h 44

      La Commission des droits de la personne tente de discréditer les mesures de la ministre Maltais : évidemment ! son président, Gaëtan Cousineau, est un bon libéral de service issu de l'Outaouais rouge de bord en bord depuis la Confédération. Ce n'est pas surprenant qu'il fasse sa cabale médiatique et profite de la tribune que lui confère sa nomination partisane à la Commission des droits de la personne. Je trouvais que l'indignation de cette Commission était disproportionnée, et même presque caricaturale... Je comprends en m'informant mieux sur M. Cousineau : http://en.wikipedia.org/wiki/Gaétan_Cousine
      PLQ et QS associés contre le PQ : pas beau à voir... et sur le dos des plus démunis en sus. On aura tout vu. La vraie honte, c'est là qu'elle se trouve.

      Louka Paradis, Gatineau

    • Solange Bolduc - Abonnée 4 avril 2013 15 h 10

      "PLQ et QS associés contre le PQ : pas beau à voir... et sur le dos des plus démunis en sus. On aura tout vu. La vraie honte, c'est là qu'elle se trouve."

      Faut-il s'étonner que le PLQ et QS, le plus que pur s'associent dans les mauvaises oeuvres, et tout ça pour prendre le pouvoir ! Faut le faire !

      Pauvre Mme David qui aime tant défendre les plus démunis de la société!

    • Claude Champagne - Inscrit 4 avril 2013 16 h 04

      Merci mme. Paradis au sujet de Gaétan Paradis, c'est l'anguille sous roche que je cherchais.

    • Maxime Dion - Inscrit 4 avril 2013 20 h 11

      @ Richard Laroche

      Je parlais de Montréal, parce qu’il est de notoriété que la métropole du Québec draine vers elle depuis longtemps une bonne part des gens mal pris en provenance des régions.

      Probablement parce que c’est encore pire en région, où les ressources communautaires sont limitées, où les prix des aliments nettement plus chers, où il y a moins d’emplois et où l’automobile est quasiment essentiel pour travailler et faire son épicerie.

    • Maxime Dion - Inscrit 4 avril 2013 20 h 12

      @ Richard Laroche

      À 600 $ de prestation mensuelle pour une personne seule (le montant pour un couple tourne autour de quelque 800 $ par mois), c’est l’évidence même que les prestataires de l’Aide-sociale sont contraints de << (s'assurer) sporadiquement des revenus "passe-passe" >> pour combler leurs besoins essentiels après avoir acquitté le loyer.

      C’est l’insignifiance des montants accordés par l’Aide-sociale, ainsi que la règle qui plafonne à 200 $ le salaire qu’à le droit de gagner mensuellement un prestataire, qui les maintient dans la dépendance du système et qui leur confère le statut de fraudeur… Un fraudeur étant celui qui ne déclare pas l’argent perçu au-delà de 200$ qu’il retire d’un travail.

      C’est qu’il faut savoir que tout montant supplémentaire qui excède 200 $ par mois est retranché du chèque mensuel, et qu’il en va de même de la pension alimentaire versée aux enfants d’une famille monoparentale…

      Dans les faits, pour une personne seule, cela se traduit par un plafonnement du revenu qu’autorise le Ministère à environ 800 $ par mois (600 $ du chèque + 200 $ d’un travail). Tout montant en deçà de ce 200 $ est retranché du chèque mensuel.

      À propos de revenus d’appoint, je n’avais jamais observé auparavant à Montréal autant de personnes âgées écumer les poubelles, dans le but d’y récupérer des contenants consignés...

    • Maxime Dion - Inscrit 4 avril 2013 20 h 12

      @ Richard Laroche

      Quant à votre réflexion sur les vices qu’assouviraient les prestataires de l’Aide-sociale, je laisse le soin de cette critique aux médias-poubelles qui se spécialisent dans le colportage de ces préjugés-là. J’imagine sans peine que ces vices-là peuvent revêtir l’allure d’un sac de chip, d’une bière, d’un billet de loterie et même d’un BigMac…

    • Maxime Dion - Inscrit 4 avril 2013 20 h 22


      @Louka Paradis


      Si je suis votre raisonnement, c'est parce qu'il n'y a pas de libéral notoire en poste que la nouvelle coupure qui touche les personnes âgée est jusqu'à maintenant passée inaperçue...

      Ainsi, sans tambour ni trompette, le Ministère des Affaires municipales vient de mettre fin abruptement au <<Programme Logements adaptés pour aînés autonomes>>.

      Or, ce programme permettait notamment à des personnes âgées en région de pouvoir demeurer plus longtemps dans leur maison, plutôt que de rapidement échouer dans un CHSLD …

      Réf. :

      http://qgov.newswire.ca/gouvqc/communiques/GPQF/Ma

  • Sylvain Racine - Inscrit 3 avril 2013 13 h 31

    Bravo le PQ

    Quoi écrire de plus que ce que les fédéralistes doivent penser du PQ depuis le 4 septembre: Bravo le PQ!

    • Patrick Papineau - Abonné 3 avril 2013 16 h 14

      J'ai vraiment honte d'avoir voté pour ce parti; j'ai même le goût de remercier ceux qui ne leur ont pas accordé leur vote parce que s'ils étaient majoritaires, je ne pense vraiment pas qu'ils feraient moins de bêtises...

    • Marc Blanchard - Inscrit 3 avril 2013 18 h 07

      Il y a beaucoup, beaucoup de monde qui dit avoir voté pour le PQ.

      On se demande comment il se fait que le PQ est minoritaire.

    • Jean Brunet - Inscrit 4 avril 2013 09 h 31

      Voir un lien entre pauvreté et politique partisane vraiment!!!

  • Alain Carmel - Inscrit 3 avril 2013 13 h 42

    La ministre et le gouvernement ont fait preuve d'amateurisme et ont démontrer qu'il maitrise mal ce dossier. D'abord la protectrice du citoyen et maintenant la commission des droits de la personne qui donnent raison à Françoise David et aux groupes de défenses des droits...

    A la ministre: si vous maintenez le cap dans la voie que vous avez pris, alors HONTE À VOUS.

    A tous ceux et celles et continuent de défendre le projet de changement, HONTE À VOUS

    • Pierre Mayers - Abonné 3 avril 2013 21 h 53

      Agnes Maltais n'est-elle pas une députée de la région de Québec, la région des drettistes ? Alors tout s'explique : elle protège ses fesses

  • André Loiseau - Inscrit 3 avril 2013 13 h 50

    Un parti d'extrême droite?

    C'est quoi, pour le PQ, la simple sociale-démocratie ?

    • Patrick Boulanger - Abonné 3 avril 2013 14 h 55

      Le fond social-démocrate du PQ n'est plus ce qu'il a déjà été, mais je vous assure que ce parti ne peut pas être qualifié d'extrême droite !

    • Marc Blanchard - Inscrit 3 avril 2013 15 h 06

      Enflure verbale.

    • Patrick Papineau - Abonné 3 avril 2013 19 h 56

      @ Patrick Boulanger: le PQ ne peut véritablement être qualifié d'extrême-droite, mais si la CAQ avait proposé une telle mesure, les allusions au fascisme et au nazisme fuseraient...

    • Maxime Dion - Inscrit 3 avril 2013 21 h 50

      Soyons sérieux ! En ce qui concerne le PQ de Mme Marois, il ne s’agit que d’extrême-bouette, tant on patauge dans l’insignifiance sociale

      Si ça continue, on va finir par trouver Charest sympathique !

    • Djosef Bouteu - Inscrit 4 avril 2013 03 h 32

      Ben oui, un parti d'extrême-droite qui structure tout un réseau de garderies publiques (d'où l'argument que d'avoir des enfants en bas âge n'est plus une contrainte à l'emploi).

      Vous en avez d'autres de-même, des critiques hyperbolique au fondement douteux?

    • Franklin Bernard - Inscrit 4 avril 2013 08 h 55

      Extrême-droite, extrême-bouette, fascisme, nazisme... On se calme? Les abus de langage ne ternissent que ceux qui en font usage.

    • Jean Brunet - Inscrit 4 avril 2013 09 h 33

      Gauche et droite on une chose en commun partout (cf. France) les $$$, compassion svp.

    • Maxime Dion - Inscrit 4 avril 2013 11 h 22

      @Franklin Bernard

      De la même façon que le caricaturiste attitré du journal dépeint un évènement, ces expressions que vous décriez sont caricaturales, en ce sens qu’elles grossissent les traits d’une opinion…

    • Franklin Bernard - Inscrit 4 avril 2013 16 h 34

      @Maxime Dion

      Si vous ne voyez pas que les références à l'extrême-droite, au fascisme et au nazisme dépassent largement les limites de la caricature raisonnable pour tomber dans l'infect amalgame, vous devriez revoir votre Histoire du 20ème siècle.

  • Solange Bolduc - Abonnée 3 avril 2013 14 h 32

    Faire fructifier les talents que l'on a, c'est bien ça : la dignité humaine !

    Je crois que sur le fond, Mme Maltais a raison d'encourager les gens à retourner sur le marché du travail, c'est probablement le fait de diminuer les prestations avant même que la personne ait trouvé un emploi qui dérange, et avec raison !

    Ce qui ne devrait pas l'empêcher de poursuivre une politique qui valorise davantage les gens, mais ne les diminuent pas physiquement ou psychologiquement.

    Mme Maltais a le devoir de protéger les plus démunis, de les aider à retorouver une dignité qu'ils auraient peut-être perdue, pour la plupart !

    Mais je demeure persuadée qu'il faut encourager les assistaués sociaux à sortir de chez eux, non à continuer de s'emmurer...Faire fructifier les talents (tous en ont) que l'on a : c'est ça retrouver sa dignité !

    Je ne crois pas que c'est le programme que nous annonce QS ? Le salaire minimum pour tous ne redonne pas à chacun sa dignité , il faut plus...

    • Alain Carmel - Inscrit 3 avril 2013 17 h 20

      Chère Solange

      Grande nouvelle: je suis assez d'accord avec ton commentaire...

      L'idée de base de vouloir aider les gens à sortir de l'aide sociale est géniale et je suis sûr que c'est ce que veux fondalement la ministre. Mais je suis juste convaincu qu'elle ne s'est pas pris de la bonne façon!

    • Maxime Dion - Inscrit 3 avril 2013 21 h 54

      @Alain Carmel

      Pensez-vous que c'est dans cette optique que Mme Maltais a donné en Chambre un coup de pouce à ce pauvre Pierre K Péladeau ?

    • Maria Gatti - Inscrite 4 avril 2013 06 h 32

      Québec solidaire veut favoriser l'emploi aussi, mais il faut avant tout que ces emplois existent, et que les travailleurs âgées ne subissent pas une discrimination qui fait de cet emploi (souhaité par eux et elles aussi, en passant) un miroir aux alouettes.

      Je suis dans la cinquantaine avancée, et si je trouve assez de piges pour éviter le "b.s.", ce n'est pas vraiment adéquat pour vivre dignement, et je ne réussis pas à trouver un emploi décent et permanent. J'ai une maîtrise et parle plusieurs langues - imagine une travailleuse de mon âge avec moins de scolarité!

      Avec un revenu aussi famélique, comment s'habiller, se coiffer, se déplacer et tout ce qu'il faut pour trouver un emploi?

    • Fernand Lachaine - Inscrit 4 avril 2013 07 h 16

      Madame Bolduc, vous avez exprimé ce que je pense de ce programme.
      Si implanté de facon humaniste, je crois vraiment que c'est de cette façon qu'il faut venir à l'aide de nos plus démuniES et non pas faire parvenir un chèque mensuel sans au moins vérifier si d'autres moyens ne peuvent pas être mis à leur disposition pour un mieux vivre.
      C'est sûr qu'il y a de ces personnes qui seront incapables de se sortir de l'aide sociale pour causes d'une état physique ou mental anormaux (parfois les deux) . Pour celles et ceux-là, il faut accentuer l'aide monétaire pour qu'elles ou ils puissent vivre adéquatement.
      Par contre, il y a des personnes, si aidées de façon intelligente, pourraient se sortir de leur isolement et prison psycologiques et devenir un atout pour notre société (j'en connais de ces personnes-là).
      Je crois vraiment que la ministre doit continuer à implanter le programme de changements à l'Aide Sociale.
      C'est un pas dans la bonne direction

    • Solange Bolduc - Abonnée 4 avril 2013 10 h 22

      Mme Gatti, j'ai de la compassion pour vous et bien d'autres qui vivent une situation différente de la vôtre !

      Il n'y a pas que le travail rémunéré qui valorise quelqu'un, il faut se fixer des objectifs, être plus créatif dans ce qu'on fait, avoir de l'ambition, des projets d'avenir, cela compense pour ce qu'on ne réussit pas à obtenir financièrement.

      J'ai connu beaucoup d'artistes pauvres, et ils ont réussi à passer à travers, à garder leur dignité parce qu'ils étaient débrouillards.

      Aujourd'hui on attend tout de la société : On n'a même plus besoin de confectionner ses vêtements, on en obtient gratuitement ou pour presque rien dans Villeray (Notre-Dame du Rosaire). Et quand on n'en veut plus on les jette, et on va s'en chercher d'autres au lieu de faire l'effort d'aller les porter pour récupération!

      Vous dites : "Avec un revenu aussi famélique, comment s'habiller, se coiffer, se déplacer et tout ce qu'il faut pour trouver un emploi?"

      Pour vous coiffer, avez-vous besoin de vous payer un coiffeur ? Et combien de gens n'osent pas marcher pour aller se chercher un emploi ou aller porter son CV (c'est quoi un kilomètre à pied ?), alors que tous les médecins le recommandent pour se maintenir en santé....Pourquoi ne faites-vous pas du sport pour vous donner du courage? Pourquoi ne faites-vous pas du bénévolat ?

      Et ce n'est pas que l'argent qui va vous permettre d'obtenir tout ce que je viens d'énumérer, mais une culture de l'effort pour soi, pour être bien avec soi-même : et cette culture s'apprend jeune, par des modèles, par la pratique. Il faut un maximun d'effort personnel pour s'épanouir dans la vie, vivre avec peu d'argent, car souvent (pas toujours bien sûr! ) l'argent n'a rien à voir avec son bien-être personnel ou la dignité ! Quand on a la santé on peut faire beaucoup, il s'agit de vouloir vraiment, de garder espoir et de ne pas se fier que sur unsalaire pour vivre ! La débrouillardise, ça s'apprend et QS ne fera pas de miracles, croy

    • Maxime Dion - Inscrit 4 avril 2013 11 h 24

      @Fernand Lachaine

      Ça existe déjà, des programmes d’employabilité et de scolarisation…

      Là, il s’agit simplement de coupures sous le couvert d’un programme de réinsertion.

      Si cela n’avait pas été le cas, le Protecteur du citoyen ainsi que la Commission des droits de la personne n’auraient pas dénoncé la mesure.

    • Maxime Dion - Inscrit 4 avril 2013 11 h 43

      @ Richard Laroche

      Je parlais de Montréal, parce qu’il est de notoriété que la métropole du Québec draine vers elle depuis longtemps une bonne part des gens mal pris en provenance des régions.

      Probablement parce que c’est encore pire en région, où les ressources communautaires sont limitées, où les prix des aliments nettement plus chers, où il y a moins d’emplois et où l’automobile est quasiment essentiel pour travailler et faire son épicerie.

    • Maxime Dion - Inscrit 4 avril 2013 11 h 44

      @ Richard Laroche

      À 600 $ de prestation mensuelle pour une personne seule (le montant pour un couple tourne autour de quelque 800 $ par mois), c’est l’évidence même que les prestataires de l’Aide-sociale sont contraints de << (s'assurer) sporadiquement des revenus "passe-passe" >> pour combler leurs besoins essentiels après avoir acquitté le loyer.

      C’est l’insignifiance des montants accordés par l’Aide-sociale, ainsi que la règle qui plafonne à 200 $ le salaire qu’à le droit de gagner mensuellement un prestataire, qui les maintient dans la dépendance du système et qui leur confère le statut de fraudeur… Un fraudeur étant celui qui ne déclare pas l’argent perçu au-delà de 200$ qu’il retire d’un travail.

      C’est qu’il faut savoir que tout montant supplémentaire qui excède 200 $ par mois est retranché du chèque mensuel, et qu’il en va de même de la pension alimentaire versée aux enfants d’une famille monoparentale…

      Dans les faits, pour une personne seule, cela se traduit par un plafonnement du revenu qu’autorise le Ministère à environ 800 $ par mois (600 $ du chèque + 200 $ d’un travail). Tout montant en deçà de ce 200 $ est retranché du chèque mensuel.

      À propos de revenus d’appoint, je n’avais jamais observé auparavant à Montréal autant de personnes âgées écumer les poubelles, dans le but d’y récupérer des contenants consignés...

    • Maxime Dion - Inscrit 4 avril 2013 11 h 45

      @ Richard Laroche

      Quant à votre réflexion sur les vices qu’assouviraient les prestataires de l’Aide-sociale, je laisse le soin de cette critique aux médias-poubelles qui se spécialisent dans le colportage de ces préjugés-là. J’imagine sans peine que ces vices-là peuvent revêtir l’allure d’un sac de chip, d’une bière, d’un billet de loterie et même d’un BigMac…

    • Maxime Benoit - Inscrit 4 avril 2013 12 h 57

      Reagan et Tatcher ont tout deux essayé la même chose. On peut en constater le résultat chez nos cousins britaniques et américains.

      Ah le PQ! Comme un parti de droite anglo saxon, mais en français! Ce qui est l'essentiel d'ailleurs: quant à se faire avoir par l'élite économique autant qu'elle parle notre langue!

      Lévesque fut notre FDR et comme lui, son parti, lorsqu'il l'a quitté, n'est devenu qu'une étiquette commercial, un package pour les dupes. Le PQ ne fera jammais l'indépendance, ni politique et comme on peut le constater maintenant, ni non plus économique. Austérité et son amie récession, nous voilà!

    • Alain Carmel - Inscrit 4 avril 2013 14 h 26

      @Maxime Dion

      Pour ce qui esr de l'aide au "très pauvre" PKP....disons que c'est le jupon qui dépasse et qui en dit long sur la personne et le parti.