Chutes de neige records - L’hiver en force

Les chutes de neige ont dépassé les 45 cm dans le corridor Montréal-Drummondville.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Les chutes de neige ont dépassé les 45 cm dans le corridor Montréal-Drummondville.

Le sud du Québec a connu jeudi une des tempêtes records de son histoire récente avec un demi-mètre de neige en une seule journée.

« C’est une journée historique qui va rester dans les annales », a estimé René Héroux, météorologue à Environnement Canada, qui confirme que le record de chute de neige établi en mars 1971 a été dépassé à Dorval.


Les chutes de neige ont dépassé les 45 centimètres dans le corridor Montréal-Drummondville. Environnement Canada a confirmé qu’à 18 h 30, Longueuil avait reçu 50 centimètres de neige. Dans la région de l’Estrie, certains secteurs ont également reçu plus de 40 cm de neige. En Mauricie et dans la région de Québec, 20 à 30 cm de neige sont tombés. Les précipitations devraient toutefois être moins importantes dans le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie, et le soleil devrait revenir dans la journée de vendredi.


Selon Environnement Canada, la dépression se déplace vers le nord-est depuis les États-Unis et devrait atteindre la Nouvelle-Écosse vendredi matin, puis le sud de Terre-Neuve en soirée.


La tempête a rendu les transports extrêmement difficiles à travers tout le territoire québécois. La Sûreté du Québec (SQ) a lancé l’opération Dégivreur, un plan d’urgence de bas niveau, et plusieurs agents ont eu à se déplacer en motoneige. Des dizaines de sorties de route sont à déplorer, ainsi que de nombreux enlisements et accidents de voiture, dont certains assez spectaculaires, comme ce carambolage d’une quinzaine de véhicules près de Saint-Cuthbert dans Lanaudière, qui a forcé la fermeture de l’autoroute 40 durant quatre heures. Aucun blessé grave n’était à déplorer jeudi soir.


Selon Météo Média, la texture de la neige est cette fois plus volatile et légère, ce qui a provoqué des rafales de « poudrerie ». Le vent a atteint 90 km/h près de l’île d’Orléans et soufflait à près de 85 km/h dans les rues de la ville de Québec.

 

Attente


Bien que cette nouvelle tempête n’ait pas facilité le travail des équipes d’Hydro-Québec, elle n’a pas provoqué beaucoup de nouvelles pannes en raison du faible poids de la neige. Jeudi après-midi, on comptait encore 2000 pannes d’électricité, principalement dans les Laurentides.


Plusieurs grands axes de circulation interurbains ont dû être partiellement fermés durant la journée de jeudi, entre autres l’A-30, l’A-20 ou l’A-13. De nombreux automobilistes ont parfois dû attendre plusieurs heures dans leur véhicule, alors que certains chauffeurs désespérés ont préféré abandonner leurs véhicules.


Les transports en commun ont également eu à souffrir de la tempête. La Société des transports de Montréal (STM) annonçait de 20 à 60 minutes de retard pour les bus jeudi en cours de journée, mais les métros circulaient normalement. À Laval, la circulation des bus a été interrompue en milieu de journée pour finalement reprendre vers 17 h. À Longueuil, plusieurs trajets ont été annulés et des retards de plus de 45 minutes ont été enregistrés. À Québec, le Réseau de transport de la Capitale annonçait une dizaine de minutes de retard sur l’ensemble de son réseau.


Les départs de bus à destination des États-Unis ont été annulés. L’Agence métropolitaine de transport (AMT) et Via Rail n’ont pas annulé de trains, mais des retards de plusieurs dizaines de minutes ont été enregistrés.


De son côté, le service Nez rouge a préféré suspendre ses activités pour la journée de jeudi. L’organisme a indiqué qu’il ne peut mettre en péril la sécurité des bénévoles qui raccompagnent les fêtards et qui ramènent leur véhicule. En milieu d’après-midi, les services de taxi de Montréal annonçaient un temps d’attente de deux heures.


À l’aéroport Pierre-Elliot Trudeau de Montréal, c’est plus de 200 vols qui ont été annulés, et une trentaine à l’aéroport Jean-Lesage de Québec.


« La réputation du Québec »


À Montréal, les opérations de déneigement devraient durer un peu plus de quatre jours et coûter 17 millions de dollars. Dès vendredi matin 7 h, c’est 3000 travailleurs et 2200 véhicules qui seront affectés au déblaiement et au chargement de la neige le long des quelque 6500 km de trottoirs et 4100 km de chaussées de la ville. Les conditions extrêmes de la journée de jeudi n’ont cependant pas déplu à tout le monde. Ainsi, un groupe de touristes français croisé sur la Place Jacques-Cartier semblait tout à fait heureux de voir la ville recouverte de neige. « C’est la réputation du Québec », a résumé Yves Doin, originaire des Alpes.


Du côté des Montréalais, les réactions étaient partagées. « C’est beau à voir de chez nous, mais ça m’a pris deux heures pour aller à Outremont », a expliqué Renée Lou, une habitante du centre-ville. Pascale Paradis, pour sa part, était heureuse du retour de la neige et estime qu’il lui a même fallu cinq minutes de moins pour se rendre à son travail.


Aux États-Unis, tandis que les grandes villes de la côte Est comme New York, Philadelphie et Boston ont surtout reçu du vent et de la pluie froide, d’autres régions ont eu droit à un mélange de neige et de pluie qui a considérablement ralenti les déplacements.

 

Avec La Presse canadienne

8 commentaires
  • Denis Therrien - Inscrit 28 décembre 2012 01 h 54

    Grosse tempête !

    Sortez vos vieilles raquettes en babiche s'il faut pour vous rendre aux partys du temps des Fêtes. ;)

    (S'il reste encore suffisamment d'endroits où l'asphalte et le tout à l'automobile ne sont pas rois) :))

    LOL

    Bon déneigement.

  • RONALD LESAGE - Inscrit 28 décembre 2012 09 h 20

    Habitante ou résidente .

    Au Canada et aux Antilles , habitant est synonyme de paysan ou cultivateur . Mauvais choix ; il aurait mieux voulu utiliser résidente .

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 28 décembre 2012 12 h 35

      Habitant : Définition

      "Qui a establi sa demeure, sa residence en quelque lieu. On tient qu’il y a à Paris cinq à six cens mille habitants. Les habitants d’une telle Province se sont revoltez." écrit Furetière.

      Les autorités de Nouvelle-France exigeaient que tous, surtout les gens sans attaches, deviennent habitants, c’est-à-dire, élu domicile quelque part afin d’éliminer les paresseux et vagabonds. Le développement des villes au XIXe siècle, l’a rendu péjoratif.(

    • Sylvain Auclair - Abonné 28 décembre 2012 14 h 23

      En fait, c'est résidante. Résident a un autre sens.

  • Jean Richard - Abonné 28 décembre 2012 09 h 48

    Une des nombreuses tempêtes du siècle

    Les tempêtes de neige font-elles partie des disciplines olympiques. Voyons un peu : Dorval a battu son propre record, remontant à mars 1971. Et pire, Montréal a battu Québec. Le maire Labeaume va-t-il laisser passer ça ?

    Ceux qui étaient de ce monde le 4 mars 1971 pourraient rigoler un peu ce matin en observant la situation. Ce jour-là, autant Montréal que Québec avaient connu une paralysie sans commune mesure avec ce qu'on a vu hier. À Montréal, seul le métro fonctionnait. Et qu'est-ce qu'on voyait dans les rues de la ville ? Des motoneiges. Oui, des motoneiges car la majorité des rues n'étaient plus praticables en voiture, en camion ou en autobus.

    À Québec, des dizaines de voitures avaient été littéralement ensevelies sur les autoroutes Duplessis et Henri-IV (on ne les voyait plus du tout) et il avait fallu attendre quelques jours avant que la situation puisse être rétablie. Et le long des rues bordées de bungalows sans étage, la neige atteignait souvent la hauteur du toit.

    Or, rien de tout ça hier. Pas de motoneiges dans les rues, les autobus ont circulé toute la journée (avec de nombreux retards, bien sûr), seules quelques petites rues sont devenues momentanément impraticables. Au marché Jean-Talon, il y avait plein de monde, comme d'habitude le jeudi.

    Faut-il applaudir la ville pour avoir, en 40 ans, décuplé l'efficacité de son système de déneigement (malgré la surpopulation automobile qui rend le déneigement de plus en plus pénible) ? Idem pour la STM ? Ou faut-il se poser des questions sur le système de mesure de la neige, très aléatoire, et passé à l'entreprise privée suite à la fermeture de toutes les stations météo du service météorologique canadien ? L'entreprise privée a parfois intérêt à ce que les chiffres soient le plus gros possible.

    En dehors de tout ça, il y a l'enflure médiatique, non négligeable - et profitable...

    • Sylvain Auclair - Abonné 28 décembre 2012 14 h 24

      Le problème en 1971, c'est qu'il y avait eu des chutes de neige les jours précédents.

  • France Marcotte - Abonnée 28 décembre 2012 11 h 17

    Impossible de rester chez soi?

    Tourne tourne la grande roue de l'économie, elle ne peut pas s'arrêter, même sous un mètre de neige.

    Que font sur la route les automobiles par ce temps de tous les diables?

    Impossible de ne pas y aller, quitte à rester embourbé, à rouler moins vite qu'à pied!

    Quand tout est conditionné à faire tourner la roue...

    À part les services essentiels, qu'est-ce qui est indispensable?

    Heureux et richissimes ceux qui ont pu simplement contempler cette magnifique bordée!

  • Jacques Dumont - Inscrit 28 décembre 2012 19 h 21

    Ajout

    Le 4 mars 1971 au coin de moreau et hochelaga un jeune homme avait atteler son traineau a chiens il se rendait chez johnson et johnson sur hochelaga pour aller chercher sa femme qui était au travail, et a la fin de la tempête le tunnel louis-h lafontaine côté sud était presque fermer il ne restait que quelques pieds les gens devaient se pencher pour sortir du tunnel et hier on nous parle de tempête du siecle mon oeil!!