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Pluies torrentielles et vents intenses - Isabel affectera l'Outaouais et l'Abitibi

Pauline Gravel   17 septembre 2003  Société
Cette photo prise par satellite lundi montre l’ouragan Isabel alors qu’il se dirigeait vers la côte est américaine. L’ouragan, de puissance cinq à un certain moment sur l’échelle Saffir-Simpson, s’est toutefois affaibli. Hier, alors qu’Is
Photo : Agence Reuters
Cette photo prise par satellite lundi montre l’ouragan Isabel alors qu’il se dirigeait vers la côte est américaine. L’ouragan, de puissance cinq à un certain moment sur l’échelle Saffir-Simpson, s’est toutefois affaibli. Hier, alors qu’Is
Dans sa course vertigineuse, l'ouragan Isabel devrait frapper la Caroline du Nord demain avant de foncer dans les terres. Même si la tempête aura probablement perdu beaucoup d'intensité lorsqu'elle atteindra le sud ontarien et l'ouest québécois, elle devrait néanmoins y déverser plusieurs centimètres de pluie et les balayer de vents suffisamment forts pour arracher branches d'arbre et fils électriques. Les craintes sont vives en Ontario, car Isabel rappelle par de nombreux points Hazel, qui en 1954 avait tué 81 personnes et occasionné beaucoup de dommages dans la Ville reine.

L'ouragan Isabel a pris naissance le 6 septembre dernier à 2700 km à l'est de la Barbade. À mesure qu'il se rapprochait des côtes américaines, son intensité s'est accrue. Les vents tourbillonnant autour de son oeil ont même atteint des pointes dépassant les 252 km/h, caractéristique des ouragans classés au sommet de l'échelle Saffir-Simpson qui en compte cinq. Hier en fin d'après-midi, alors que l'ouragan était situé à 900 km au sud-est de la Caroline du Nord, les vents entourant l'oeil du cyclone s'étaient affaiblis et n'étaient plus qu'en catégorie 2. Néanmoins, les habitants de la côte de la Caroline du Nord barricadaient leur maison et les autorités locales ordonnaient même l'évacuation de cette zone côtière.

Les météorologues prévoient en effet que ce cyclone tropical frappera la côte demain matin avant de poursuivre sa trajectoire vers le nord-ouest. Son oeil et les vents qui l'enveloppent traverseront la Virginie et la Pennsylvanie vendredi matin. Le système traversera l'extrémité ouest du lac Ontario durant la soirée de vendredi et rejoindra l'Abitibi au cours de la journée de samedi. Les pluies qui précéderont les derniers souffles d'Isabel devraient toutefois arroser le sud ontarien dès la matinée de vendredi.

«L'Outaouais et l'Abitibi sont les régions du Québec qui seront les plus affectées», précise le météorologue Richard Lafortune, du Centre canadien des ouragans à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse. «Elles devraient recevoir entre 40 et 60 millimètres de pluie en l'espace de 24 heures. Et les vents pourraient souffler de 60 à 70 km/h, avec des rafales atteignant 80 km/h.»

Ces pluies torrentielles font craindre des inondations dans les secteurs de faible élévation ainsi que le débordement des égouts. Les vents violents pourraient casser des branches d'arbre — surtout qu'en cette saison ceux-ci ont encore leurs feuilles — et couper des fils électriques. Les habitants de ces régions devront donc prévoir lampes de poche et radio à piles car ils risquent de subir des pannes d'électricité sporadiques, prévient le météorologue.

«Quand le système arrivera en territoire canadien, ce ne sera plus vraiment un ouragan, nuance M. Lafortune. Ce sera un système en transition qui aura perdu la plupart de ses caractéristiques tropicales — que sont l'oeil de l'ouragan et les bandes de vents en spirale qui gravitent autour. Mais il subsistera néanmoins une bonne dépression. En clair, la concentration de vents très forts (atteignant entre 100 et 150 km/h) et de pluies intenses confinés autour de l'oeil de l'ouragan devraient se muer en vents plus étendus et plus uniformes ne dépassant pas 60 à 70 km/h.» En entrant dans les terres, l'ouragan perd sa source d'énergie qu'est l'eau chaude. Et la friction qui est alors plus grande que sur l'océan ralentit son mouvement, explique le scientifique.

Une fois au-dessus de la terre ferme, le système continuera de s'affaiblir à moins qu'il ne rencontre un autre système avec lequel il pourra interagir et reprendre du poil de la bête, prévient-il.

C'est justement ce qui est arrivé en 1954. L'ouragan Hazel qui avait fouetté la Caroline du Nord et emprunté sensiblement la même trajectoire que celle que devrait suivre Isabel avait redoublé d'intensité au détour d'une rencontre avec un creux barométrique présent sur les Grands Lacs. La tempête ragaillardie avait alors déferlé sur la frontière entre l'Ontario et le Québec, tout en déversant 200 millilitres de pluie et en tuant 81 personnes.

«Cette fois, on ne croit pas que le creux barométrique qui progresse actuellement depuis l'Ouest canadien arrive suffisamment tôt pour interagir avec Isabel, avance Richard Lafortune. Isabel devrait continuer sa route par elle-même vers l'Abitibi et se diriger vers l'ouest du Labrador dimanche matin avant d'être absorbée par les nombreux systèmes qui rôdent dans le nord de l'Atlantique.»

Étant donné que les eaux de l'Atlantique Sud sont cet automne plus chaudes que les autres années, les météorologues prévoient que les ouragans seront plus nombreux que normalement. «Neuf dépressions ont déjà atteint l'intensité de tempête tropicale et ont reçu un nom depuis le début de la saison — des ouragans — en juin, alors qu'à cette date-ci nous n'en comptons en moyenne que six», souligne M. Lafortune. Isabel ne sera donc probablement pas la dernière menace de l'automne.






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