Kateri Tekakwitha est canonisée par Benoit XVI

Vatican — Kateri Tekakwitha, cette jeune Mohawk reconnue pour avoir accompli plusieurs miracles, est devenue dimanche la première femme autochtone d'Amérique du Nord à être élevée au rang de sainte.

Le pape Benoit XVI l'a canonisée lors d'une cérémonie au Vatican, en présence de plusieurs délégations du Canada et des États-Unis, et de nombreux représentants des Premières Nations.
 
Dans son homélie, le pape a salué chacun des sept nouveaux saints comme des exemples de courage pour l'Église.
 
Prenant la parole en anglais et en français, faisant honneur aux liens de la sainte avec le Canada, le pape a souligné à quel point il était peu commun pour une femme avec de telles racines de faire le choix d'une telle dévotion à la foi catholique.
 
Kateri Tekakwitha est née en 1656 à Ossernenon, qui fait partie aujourd'hui de l'État de New York. Elle est morte à 24 ans, sur la réserve de Kahnawake, près de Montréal, où son corps repose.
 
Le dernier miracle qui lui est attribué est celui de la survie récente d'un jeune garçon de 5 ans, atteint de la bactérie mangeuse de chair. Les médecins avaient décrété qu'il n'y avait plus rien à faire, d'autant plus que la bactérie s'était logée dans sa tête. Une religieuse a amené la famille de l'enfant à prier Kateri Tekakwitha. Le bambin s'est rétabli et n'a aujourd'hui aucune séquelle.
 
Orpheline

Kateri Tekakwitha était la fille d'un chef mohawk et d'une mère algonquine catholique, baptisée et éduquée par des missionnaires français. Sa famille a été décimée par la variole et la petite Kateri, orpheline, est restée défigurée et handicapée des suites de l'infection.
 
Son corps se trouve dans un sanctuaire de marbre à l'église Saint-François-Xavier de Kahnawake, et plusieurs membres de la communauté devaient figurer parmi les quelque 1500 pélerins canadiens attendus aux célébrations au Vatican.
 
Des centaines de personnes, plusieurs arborant des costumes traditionnels, ont rempli une école de Kahnawake pour assister à la retransmission de la canonisation.
 
Le premier ministre Stephen Harper a émis une déclaration, en parlant d'un «grand honneur et un heureux événement pour les nombreux Nord-Américains et autochtones qui chérissent le témoignage de sa foi ainsi que la force de son caractère».
 
Kateri Tekakwitha rejoint ainsi au rang de saint le Frère André, les religieuses Marguerite d'Youville et Marguerite Bourgeoys et les Saints-Martyrs canadiens, les jésuites Jean de Brébeuf, Noel Chabanel, Antoine Daniel, Charles Garnier et Gabriel Lalemant.
6 commentaires
  • Michel Hélène - Inscrit 21 octobre 2012 18 h 35

    Merci Kateri

    Mieux vaut se tendre la main que le coup de poing! Kateri est un bel exemple de courage que nos sociétés tendent malheureusement à effacer. Elle a souffert pour le bien à tous, pour sa communauté et pour nous aussi. Dans le temps, cette mode de souffrance existait autant en Europe qu'ici en Amérique.

  • Dany Leblanc - Abonné 21 octobre 2012 19 h 32

    En 2012!

    À quoi cette cérémonie va servir? Kateri deviendra-t-elle un demi-dieu qui va gérer on ne sait quoi? Deviendra-t-elle la patronne des Canadiens? Est-elle la cause de la guérison du gamin ou tout simplement ce dernier a été tellement chanceux qu'on a crû à un un miracle?

    Le Vatican avait bien besoin d'une sainte amérindienne pour faire oublier toutes les injustices commises dans le passé. C'est un coup d'épée dans l'eau, une réalité qui n'existe que dans l'imaginaire des croyants. Il n'y aura aucun miracle, aucune apparition de la sainte, rien du tout, juste de la fabulation.

  • - Inscrit 21 octobre 2012 19 h 57

    Métisse?

    Il est intéressant de noter que Kateri Tekakwitha était métisse algonquine - agnière qui étaient deux nations autochtones (les Algonquins et les Agniers) qui se disputaient la traite et le commerce avec les Français de la Nouvelle-France. Les missionnaires avaient l'habitude à l'époque d'aller dans les villages agniers (leur vrai nom Kanienkehaka) qui faisaient partie de la confédération iroquoise (Haudenausee ou Peuple de la maison longue) et qui avaient à l'époque de Kateri déjà anéanti leurs compétiteurs, aussi iroquoiens, les Hurons connus aussi sous le nom de Wendat.

    À l'époque, les Agniers (faisant partie des 5 nations) tentaient de demeurer neutres entre les Anglais et les Français mais ces derniers favorisaient le commerce avec les nations de l'ouest plutôt que celles du sud et cela a dégénéré en guerre d'escarmouche entre Français et les 5 nations qui cessa avec la grande paix de Montréal de 1701. Pour en revenir à Kateri Tekakwitha, elle a rejoint des Agniers qui se trouvaient déjà dans la région de Montréal et qui faisaient partie de la Nouvelle-France catholique. Sa langue seconde (sa langue principale étant le Kanien'kéha) était donc le français et ce sont en particulier les Relations des Jésuites qui l'ont fait connaître le plus à l'époque.

  • Gilbert Troutet - Abonné 21 octobre 2012 21 h 05

    Béates attitudes

    Je suis sidéré qu'à notre époque des pontifes s'érigent encore le droit de décider qui est saint et qui ne l'est pas. D'ailleurs, qu'est que ça veut dire? Qu'on va ainsi tout droit au ciel? C'est de la même étoffe que la croyance des Musulmans en un paradis où des vierges vont leur tomber dans les bras s'ils se sacrifient pour la cause.

    Or, j'entendais aujourd'hui à Radio-Canada un reportage sur les dizaines de milliers de «sorcières» qu'on a torturées et exterminées au Moyen Âge parce qu'elle représentaient soi-disant des menaces à la foi catholique. Et que dire du massacre des «hérétiques», comme à Béziers en 1209, où l'on a massacré 20 000 personnes : http://www.aquadesign.be/calendrier/massacre-bezie,293.html

    Un lecteur souligne à juste titre les torts que l'Église a causés aux Autochtones dans les «pensionnats indiens«, et ce jusqu'au milieu des années 70. La grand messe que le Vatican nous sert aujourd'hui ne suffira pas à nous faire oublier les abus du passé.

    • E. Desclaux - Inscrit 22 octobre 2012 10 h 28

      Bonjour,
      juste une petite réaction à votre évocation du massacre de Bézier -ville catholique- saccagée par les troupes du Roi Philippe Auguste. Cette ville était loin de compter le nombre d'habitants que vous signalez comme massacrés. Je vous conseille de vérifier vos sources auprès de ressources universitaires.Si vous vous intéressez au Moyen-Age, il est important de remarquer que ce qui concerne l'Inquisition à été, par un passé situé entre la fin de la renaissance à nos jours ,très exagéré

  • Cindy Couillard - Inscrit 23 octobre 2012 10 h 49

    commentaire

    Je trouve toujours dommage que l'on se servent des exemples des mauvais croyants d'époque pour écraser tout ce qui peut sortir de bon des catholiques, de ceux qui ont une foi sincère.

    En tout cas, moi je suis bien contente qu'il y en ait une de plus d'identifiée. J'ai toujours apprécié cette petite amérindienne. ( en passant, ça en fait pas des demi-dieux. Les Saints sont des amis du ciel à qui nous pouvons demander de prier pour nous, tout simplement.)