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Terrorisme - La bande d'étudiants s'intéressaient à la tour du CN

Brian Myles   28 août 2003  Société
Les 19 étudiants étrangers soupçonnés de faire partie d'une cellule dormante d'al-Qaïda, arrêtés le 14 août à Toronto, s'intéressaient de près à la tour du CN, à une centrale nucléaire et à d'autres édifices importants du Canada, selon les documents judiciaires rendus publics à ce jour.

Sept des 19 ressortissants provenant du Pakistan et de l'Inde devaient comparaître hier devant la Commission de l'immigration et du statut de réfugié dans la Ville reine. Le procureur fédéral s'est opposé à leur remise en liberté pour des raisons de sécurité. Les audiences se poursuivront aujourd'hui et demain afin de contrôler les motifs de leur détention.

Les 19 hommes, âgés de 18 à 33 ans, sont détenus en vertu des nouvelles dispositions de la Loi sur l'immigration afin de donner le temps aux autorités d'enquêter plus à fond sur la menace qu'ils pourraient poser pour la sécurité nationale. L'enquête en est à ses premiers balbutiements; les autorités n'ont toujours pas complété l'étude des quelque 25 boîtes de documents composant la preuve.

Les suspects sont entrés au Canada un peu avant le 11 septembre 2001 avec des visas d'étudiants frauduleux. Ils ont tous indiqué qu'ils étaient inscrits au Ottawa Business College, une institution qui a fermé ses portes en juin 2001. Le responsable de l'école, Luther Samuel, aurait vendu des dizaines de fausses lettres d'admission pour aussi peu que 400 $, permettant aux ressortissants étrangers d'obtenir ou de renouveler leurs visas.

Les 18 étudiants pakistanais et l'étudiant indien sont demeurés au Canada au-delà de l'expiration de leurs visas, obtenus illégalement au départ. Ils vivaient par groupes de quatre ou cinq dans des appartements dépourvus de meubles. L'un d'entre eux a suivi des cours de pilotage d'avion qui l'ont mené à survoler la centrale nucléaire de Pickering, près de Toronto. Deux autres ont déjà été interpellés par des agents de sécurité à la porte de cette centrale nucléaire en avril 2002. Ils voulaient traverser le terrain de la centrale pour se rendre à une plage voisine... à 4h15 le matin.

Les policiers soupçonnent également certains des étudiants d'avoir fabriqué ou testé des explosifs dans leurs appartements en raison de nombreux appels d'incendie.

Au moment de mettre sous presse, la Commission de l'immigration et du statut de réfugié avait décidé de prolonger la détention d'au moins un individu, Mohammed Asif Aziz, entré illégalement au Canada il y a quatre ans en se cachant dans un camion qui roulait en direction de Montréal. Il a vécu à Toronto sous une fausse identité, et les autorités ne sont toujours pas certaines de sa véritable nature. La commission a ordonné qu'Aziz reste en prison en raison de ce flou.

Aucune accusation n'a été portée contre les suspects jusqu'à maintenant. Certains d'entre eux ont même clamé leur innocence devant la commission.

Le Congrès musulman canadien a pour sa part crié au «profilage racial», exigeant des excuses d'Ottawa et la remise en liberté immédiate des 19 étrangers.

Avec la Presse canadienne






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