Tragédie de Columbia - Marc Garneau réitère sa confiance dans la NASA
28 août 2003
Société
Longueuil — Au lendemain de la publication du rapport d'enquête américain sur la tragédie de la navette Columbia, le président de l'Agence spatiale canadienne, Marc Garneau, a tenu à renouveler toute sa confiance à l'égard des gestionnaires de la NASA.
Outre le problème technique (la perte d'un morceau d'isolant), les enquêteurs américains ont estimé que les vols des navettes spatiales n'étaient plus considérés comme expérimentaux et risqués par les gestionnaires de la NASA, comme ils auraient dû l'être, ce qui a contribué à la désintégration de Columbia et à la mort des sept astronautes, au retour de leur mission.
«Ayant passé neuf ans à Houston, ayant participé à des réunions de gestionnaires au cours desquelles étaient considérés tous les problèmes qui survenaient, j'ai toujours été convaincu qu'ils prenaient la sécurité très au sérieux», a affirmé M. Garneau, qui a pris part à trois missions spatiales et passé 677 heures au total dans l'espace.
«La sécurité était toujours au premier plan, a-t-il poursuivi. Quand je me rendais au centre spatial Kennedy pour voir la navette dans laquelle j'allais décoller, j'avais le sentiment que tous ceux qui travaillaient à la préparation de la navette avaient pour priorité la sécurité de l'équipage.»
«J'aurais quitté si j'avais cru qu'ils ne faisaient pas tout leur possible», a renchéri M. Garneau, hier, en conférence de presse.
Pour M. Garneau, il demeurera toujours impossible de réduire le risque à zéro et les astronautes prennent leurs décisions en toute connaissance de cause.
«Les astronautes acceptent de risquer leur vie. On ne peut jamais assurer qu'un vol qui quitte la terre pour se rendre dans l'espace peut se faire sans risque», a affirmé M. Garneau.
Il juge que les reportages faits par les médias, à la suite de la publication du rapport d'enquête sur la NASA, comportent le risque de faire mal paraître l'agence américaine.
«Je ne voudrais pas qu'on ait l'impression que la NASA est une organisation qui a perdu le contrôle des choses et accorde une moins grande importance à la sécurité de l'équipage. Ce n'est pas le cas.»
Selon l'analyse qu'il fait de la situation, M. Garneau admet toutefois que des erreurs ont été commises.
«La source du problème n'est pas survenue en un instant, mais s'est infiltrée dans le système. Il s'agit d'un problème difficile à dépister qui s'introduit tranquillement. On se rassure, on se dit que la dernière fois il n'y a pas eu de problème et qu'on va probablement pouvoir continuer à faire des lancements. On n'a pas réussi malheureusement à évaluer le problème. C'est ce qui est survenu avec Columbia», a-t-il déclaré.
Le président de l'Agence spatiale a également fait valoir que, devant la panoplie des projets et des expériences à mener à terme, autant à la NASA qu'à l'Agence spatiale canadienne, les budgets limités forcent à faire des choix.
«Quand tout va bien, je peux vous dire que les pressions sont très grandes pour économiser. Par exemple, à la suite de la reprise de Challenger, quand j'ai volé sur la mission STS97 et que les 60 vols précédents avaient été bien réussis, des gens commençaient à se demander s'il ne se dépensait pas trop d'argent à vérifier la condition de la navette à chaque fois», a-t-il souligné.
M. Garneau risque lui-même de devoir réviser le budget de l'Agence spatiale canadienne en raison du report du vol du robot Dextre, prévu à l'origine pour avril 2005.
Il a expliqué que l'entreposage du robot Dextre, dont le décollage est retardé, entraîne des frais annuels de maintien. «On doit le placer en entreposage avec des conditions de température strictes, faire des vérifications occasionnelles. Il en coûte quelques millions de dollars», a-t-il dit.
Dextre est un robot multifonctionnel muni de deux bras qui doit servir, notamment, à réaliser des tâches d'assemblage de grande précision, réduisant ainsi la nécessité de recourir aux sorties dans l'espace effectuées par des astronautes.
Outre le problème technique (la perte d'un morceau d'isolant), les enquêteurs américains ont estimé que les vols des navettes spatiales n'étaient plus considérés comme expérimentaux et risqués par les gestionnaires de la NASA, comme ils auraient dû l'être, ce qui a contribué à la désintégration de Columbia et à la mort des sept astronautes, au retour de leur mission.
«Ayant passé neuf ans à Houston, ayant participé à des réunions de gestionnaires au cours desquelles étaient considérés tous les problèmes qui survenaient, j'ai toujours été convaincu qu'ils prenaient la sécurité très au sérieux», a affirmé M. Garneau, qui a pris part à trois missions spatiales et passé 677 heures au total dans l'espace.
«La sécurité était toujours au premier plan, a-t-il poursuivi. Quand je me rendais au centre spatial Kennedy pour voir la navette dans laquelle j'allais décoller, j'avais le sentiment que tous ceux qui travaillaient à la préparation de la navette avaient pour priorité la sécurité de l'équipage.»
«J'aurais quitté si j'avais cru qu'ils ne faisaient pas tout leur possible», a renchéri M. Garneau, hier, en conférence de presse.
Pour M. Garneau, il demeurera toujours impossible de réduire le risque à zéro et les astronautes prennent leurs décisions en toute connaissance de cause.
«Les astronautes acceptent de risquer leur vie. On ne peut jamais assurer qu'un vol qui quitte la terre pour se rendre dans l'espace peut se faire sans risque», a affirmé M. Garneau.
Il juge que les reportages faits par les médias, à la suite de la publication du rapport d'enquête sur la NASA, comportent le risque de faire mal paraître l'agence américaine.
«Je ne voudrais pas qu'on ait l'impression que la NASA est une organisation qui a perdu le contrôle des choses et accorde une moins grande importance à la sécurité de l'équipage. Ce n'est pas le cas.»
Selon l'analyse qu'il fait de la situation, M. Garneau admet toutefois que des erreurs ont été commises.
«La source du problème n'est pas survenue en un instant, mais s'est infiltrée dans le système. Il s'agit d'un problème difficile à dépister qui s'introduit tranquillement. On se rassure, on se dit que la dernière fois il n'y a pas eu de problème et qu'on va probablement pouvoir continuer à faire des lancements. On n'a pas réussi malheureusement à évaluer le problème. C'est ce qui est survenu avec Columbia», a-t-il déclaré.
Le président de l'Agence spatiale a également fait valoir que, devant la panoplie des projets et des expériences à mener à terme, autant à la NASA qu'à l'Agence spatiale canadienne, les budgets limités forcent à faire des choix.
«Quand tout va bien, je peux vous dire que les pressions sont très grandes pour économiser. Par exemple, à la suite de la reprise de Challenger, quand j'ai volé sur la mission STS97 et que les 60 vols précédents avaient été bien réussis, des gens commençaient à se demander s'il ne se dépensait pas trop d'argent à vérifier la condition de la navette à chaque fois», a-t-il souligné.
M. Garneau risque lui-même de devoir réviser le budget de l'Agence spatiale canadienne en raison du report du vol du robot Dextre, prévu à l'origine pour avril 2005.
Il a expliqué que l'entreposage du robot Dextre, dont le décollage est retardé, entraîne des frais annuels de maintien. «On doit le placer en entreposage avec des conditions de température strictes, faire des vérifications occasionnelles. Il en coûte quelques millions de dollars», a-t-il dit.
Dextre est un robot multifonctionnel muni de deux bras qui doit servir, notamment, à réaliser des tâches d'assemblage de grande précision, réduisant ainsi la nécessité de recourir aux sorties dans l'espace effectuées par des astronautes.
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