Itinérant abattu dans le métro - Une nouvelle preuve du manque de ressources, selon le RAPSIM

L’opération policière de vendredi à la station de métro Bonaventure, au centre-ville de Montréal, a nécessité l’intervention de dizaines d’agents.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’opération policière de vendredi à la station de métro Bonaventure, au centre-ville de Montréal, a nécessité l’intervention de dizaines d’agents.

Le décès de Farshad Mohammadi, qui est mort sous les balles du Service de police de Montréal (SPVM), illustre une nouvelle fois douloureusement la pénurie de ressources pour les sans-abris, a souligné le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM).

Le sans-abri a été abattu vendredi après-midi lors d'une intervention policière à la sortie de la station de métro Bonaventure. L'homme âgé de 34 ans, connu dans les refuges pour sans-abris de la métropole depuis environ deux ans, aurait assailli à coups d'arme blanche un policier du SPVM, le blessant au haut du corps et à la tête. Témoin de la scène, un deuxième policier aurait ouvert le feu en sa direction, le blessant gravement. M. Mohammadi a succombé à ses blessures, tandis que les deux policiers ont reçu leur congé de l'hôpital au cours du week-end.

«Encore une fois, un gars de la rue se retrouve à mourir sous les balles du SPVM, a déclaré le coordonnateur du RAPSIM, Pierre Gaudreau, lors d'une entrevue avec Le Devoir. On trouve cela choquant parce qu'on est convaincu qu'il y a d'autres façons d'intervenir que d'en arriver là.»

En juin dernier, un autre itinérant, Mario Hamel, avait été mortellement touché par les balles des policiers du SPVM rue Saint-Denis, toujours à Montréal. L'intervention avait également coûté la vie à un passant en route pour le travail, Patrick Limoges.

Désinstitutionnalisation


Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a lancé hier un appel à l'action au gouvernement du Québec. «C'est difficile à accepter, d'autant plus qu'il y a de plus en plus de personnes avec des problèmes de santé mentale qui sont dans la rue. On dit au gouvernement: il faut faire quelque chose. Ce n'est plus juste un problème d'itinérance, où on peut trouver une chambre avec soutien communautaire», a-t-il affirmé à TVA Nouvelles, en marge du traditionnel dîner de la Fête des rois de l'Accueil Bonneau, où il a servi des rspvmepas chauds à des personnes de la rue.

De son côté, le président de la Fraternité des policiers, Yves Francoeur, montre du doigt la désinstitutionnalisation, qui a jeté à la rue des milliers de personnes au cours des 30 dernières années. «Et, malheureusement, à cause de la désinstitutionnalisation, on retrouve de plus en plus dans la rue des itinérants qui sont très souvent psychiatrisés, qui sont très souvent en état d'ébriété. Et, en fin de compte, qui se ramassent avec eux? Ce sont nos patrouilleurs», a-t-il déploré.

Le RAPSIM constate avec satisfaction les «pas» faits par le SPVM, notamment la mise sur pied d'une équipe mixte formée de policiers et de travailleurs sociaux du CLSC des Faubourgs, ainsi que l'amélioration de la formation des agents concernant les enjeux liés à l'itinérance et à la maladie mentale, qui s'ajoutent à l'extension, «à la grandeur de l'île», du rayon d'action de l'équipe Urgence psychosociale-Justice, du CSS Jeanne-Mance.

Mais M. Gaudreau convient que les policiers assument des responsabilités «qui dépassent non seulement leurs compétences, mais leur mandat. Beaucoup d'interventions [qu'ils font] relèvent davantage du système de la santé ou du travail de rue, mais qui ne sont pas assez soutenus.»

Le Plan d'action interministériel en itinérance 2010-2013 ne porte pas les fruits escomptés: l'itinérance prend de l'ampleur et les problématiques qui y sont reliées se complexifient. «Le corridor de services n'a pas été amélioré», a fait valoir Pierre Gaudreau.
26 commentaires
  • UglyToesPete - Inscrit 9 janvier 2012 03 h 07

    Comment dépenser l'argent des contibuables.....sur rien.

    Les études, preuves, et les expériences de maintes sociétés démontrent clairement ce qu'il faut PAS faire aux SANS ABRIS.

    Le Québec lui est très heureux et confortable a dépenser des sommes astronomiques.....en récoltant d'an a l'autre...de pire résultats. Comme d'habitude...ont est une République de bananes. Les royautées des impots minier...lol, c'est seul en 2011 qu'on as commencé a en avoir...avant ca, le gouv pensait pas etre en mesure d'en exiger des compagnies!!

    Pour SAUVER des sous (beaucoup de sous) il faut;

    A) Loger les sans abris.
    B) Les noyer avec des services.

    Ahh, vous pensez que A B serait plus dispendieux? Ouain, et c'est exactement pourquoi ont est une République de bananes!!

    La vérité, c'est que il y as de grandes économies a faire si ont s'occupais de nos plus faibles parmi nous.....mais le gouv insiste a les laissé dans la rue. Ça coute plus chère.....mais c'est un élément de pauvreté que le gouv souhaite maintenir a l'évidence pour encourager les petit rats a tourner leur roue.....sinon......

    C'est une mentalité des ages moyennes. Les Québécois sont assez éduqué et ouvert d'esprit pour comprendre aujourd'hui que aidé un sans abris pour obtenir un abri..ça aide la personne, ça diminue la criminalité, ça stabilise la société, etc. etc. Il y as des économies fou a faire..surtout dans le moyen et long terme.

    UTP

  • Catherine Paquet - Abonnée 9 janvier 2012 06 h 16

    Des ressources pour les policiers également...

    Il n'est pas normal que deux policiers soient obligés de tuer un pauvre homme seul, dans un endroit propre et éclairée, plutôt que de prendre le temps et les moyens de le maîtriser. Les policiers devraient posséder d'autres moyens et d'autres tactiques qu'un pistolet pour faire convenablement leut travail. Il doit bien se trouver des ressources en formation sociale, psychologique et humanitaire pour que nos concitoyens malades, fatigués, exacerbés ou simples passants ne soient pas en danger en présence de policiers...

  • Catherine Paquet - Abonnée 9 janvier 2012 06 h 20

    Nos bons journalistes amplifient ou minimisent les drames

    Si les journalistes n'utilisaient pas toujours les expressions "itinérant abattu" "prostituées tuées" on se souviendrait que ce sont des individus comme nous qui perdent la vien. Si, par exemple, on avait écrit ici, "Un homme abattu dans le métro", ce drame aurait pris une autre dimension que celle d'un fait divers...

  • Sanzalure - Inscrit 9 janvier 2012 06 h 32

    Fort et faibles

    C'est une triste société que celle où les plus forts, au lieu d'aider les plus faibles, utilisent leurs talents et leurs ressources pour les écraser davantage.

    Serge Grenier

  • Chantal_Mino - Inscrite 9 janvier 2012 06 h 54

    Facile de dire qu'il y a une manque de services en santé et en services sociaux ...

    Mais pour qu'il y ait déploiement de ses services,encore faut-il que les services de police le reconnaissent et en fassent la demande à l'équipe de suivi en santé mentale ou à l'accueil psychosocial du CLSC le plus proche d'où la situation se produit à chaque fois qu'une occasion se présente. Comme cela,ce sera enregistré dans SIC (système informatique),les besoins ressortiront sûrement et les services devront être déployés devant ces états de fait de besoins criants d'une population de plus en plus vulnérable éprouvant des problèmes de santé mentale,abandonnée,harcelée et laissée à elle-même au prix de nombre de vies gâchées,dont la leur.

    La police municipale de Montréal fonctionne encore selon les ordres donnés par nos élus clé en mains et non pour la paix publique en appliquant les lois et règlements qu'ils doivent pourtant faire respecter.

    Comme plusieurs policiers de Montréal-Nord ont déjà dit,ils appliquent les lois et les règlements seulement si le conseil d'arrondissement et les avocats de la police les y autorisent avec leur interprétation partiale.Ils peuvent même outrepasser la loi comme cela leur chante afin qu'un citoyen puisse être harcelé et intimidé à volonté sans aucun problème avec l'approbation de nos élus clé en mains et de leurs avocats payés à même nos taxes municipales.

    Le jour où les policiers de Montréal seront réellement des agents de la paix et respectueux de nos lois et de tous les citoyens,et non pas juste de nos élus clé en mains et de leurs tits amis qu'ils protègent en ne faisant pas le travail et en refusant de prendre les plaintes de citoyens lésés,menacés et intimidés,et qu'ils seront capables de faire appel à d'autres compétences pour compléter les leurs,ce genre d'accident malheureux et triste ne devrait plus arriver.

    La juge F. Charbonneau a du chemin à faire...Est-ce que nos chers élus et nos hauts fonctionnaires vont l'aider à réussir croyez-vous?