Révision du financement des garderies - Les familles écopent
Photo : Jacques Grenier
Les trois scénarios présentent une augmentation totale de 100 millions en frais supplémentaires pour les parents.
Les scénarios de développement et de financement du réseau des services de garde québécois déposés hier par les libéraux soulèvent de nombreuses critiques chez les tenants d'un service de garde universel à tarif réduit.
L'Assocation québécoise des centres de la petite enfance du Québec se dit même prête à relancer la mobilisation pour contrer les intentions du gouvernement. Au printemps, une pétition de 130 000 signatures avait été déposée à l'Assemblée nationale et une manifestation qui avait attiré 25 000 personnes s'était déroulée à Montréal.
La présidente de l'Association, Hélène Potvin, n'était toutefois pas surprise par les scénarios qu'a présentés le gouvernement Charest. Selon elle, dès le printemps, les échos dans les médias laissaient entrevoir une remise en question du système actuel. Elle est «profondément déçue» des proposition faites par les libéraux, car ce sont les familles qui écopent et qui devront payer à elles seules l'augmentation des coûts du réseau.
Les trois scénarios de financement déposés hier par les ministres responsables du dossier prévoient tous une augmentation des frais que doivent acquitter les parents pour envoyer leurs enfants en service de garde.
«Les services de garde, c'est une nécessité sociale comme l'école. Le gouvernement veut d'un côté baisser les impôts, et de l'autre on est prêt pour y arriver à faire payer plus cher les familles qui utilisent les services de garde. On demeure réticent à cela», a déclaré hier Mme Potvin au Devoir au cours d'un entretien téléphonique.
Le responsable aux communications du Chantier de l'économie sociale, Jean Robitaille, abonde dans le même sens: «Ce sont juste les parents, et non l'ensemble de la société, qui vont devoir payer pour les services de garde, alors que c'est un service essentiel.»
M. Robitaille constate que les trois scénarios présentent une augmentation totale de 100 millions de dollars, que les parents vont devoir assumer eux-mêmes pour envoyer leurs enfants en service de garde. «L'an prochain, le gouvernement Charest veut retourner un milliard aux Québécois [par une baisse d'impôt], mais aux parents qui ont des enfants, on va leur demander de payer 100 millions de plus pour les services de garde. Pourquoi ce sont juste les parents qui doivent payer et non pas tous les contribuables?», se questionne M. Robitaille.
«L'an prochain, s'il y a une baisse d'impôt au Québec, ce sont les familles québécoises qui vont l'avoir payée en partie, ajoute de son côté le porte-parole de l'opposition officielle en matière de famille et enfance, Jonathan Valois. C'est vraiment ça le message que l'on veut envoyer aux familles québécoises, avec tous les problèmes de démographie que nous avons?»
M. Valois ajoute que le gouvernement du Québec devrait se tourner vers le fédéral, et non pas vers les parents, pour financer le réseau. Il explique que le fédéral a cessé de donner des crédits d'impôt aux familles du Québec qui utilisaient les centres de la petite enfance à 5 $. «Le fédéral a économisé de cette façon 200 millions, de l'argent qu'il n'a jamais renvoyé au Québec. Je ne peux pas croire que nous allons nous déchirer entre Québécois quand la moitié des crédits d'impôt sont au fédéral», mentionne M. Valois.
En ce qui concerne le développement du réseau, Jean Robitaille déplore qu'aucune augmentation des places dans les CPE ne soit prévue dans les trois scénarios. D'après lui, les garderies privées, dont l'objectif est d'être rentables, ne seront pas intéressées à aller s'installer, par exemple, en Gaspésie ou sur la Côte-Nord. «Comment allons-nous faire pour répondre aux besoins des régions?», se demande M. Robitaille.
Le président de l'Association des garderies privées, Sylvain Lévesque, assure quant à lui que les garderies privées ne font qu'attendre le feu vert du gouvernement pour aller s'installer en région. Il ajoute que le troisième scénario de développement, qui prévoit des places en halte-garderie et en garderie privée, est la situation idéale pour répondre aux besoins des parents.
L'Assocation québécoise des centres de la petite enfance du Québec se dit même prête à relancer la mobilisation pour contrer les intentions du gouvernement. Au printemps, une pétition de 130 000 signatures avait été déposée à l'Assemblée nationale et une manifestation qui avait attiré 25 000 personnes s'était déroulée à Montréal.
La présidente de l'Association, Hélène Potvin, n'était toutefois pas surprise par les scénarios qu'a présentés le gouvernement Charest. Selon elle, dès le printemps, les échos dans les médias laissaient entrevoir une remise en question du système actuel. Elle est «profondément déçue» des proposition faites par les libéraux, car ce sont les familles qui écopent et qui devront payer à elles seules l'augmentation des coûts du réseau.
Les trois scénarios de financement déposés hier par les ministres responsables du dossier prévoient tous une augmentation des frais que doivent acquitter les parents pour envoyer leurs enfants en service de garde.
«Les services de garde, c'est une nécessité sociale comme l'école. Le gouvernement veut d'un côté baisser les impôts, et de l'autre on est prêt pour y arriver à faire payer plus cher les familles qui utilisent les services de garde. On demeure réticent à cela», a déclaré hier Mme Potvin au Devoir au cours d'un entretien téléphonique.
Le responsable aux communications du Chantier de l'économie sociale, Jean Robitaille, abonde dans le même sens: «Ce sont juste les parents, et non l'ensemble de la société, qui vont devoir payer pour les services de garde, alors que c'est un service essentiel.»
M. Robitaille constate que les trois scénarios présentent une augmentation totale de 100 millions de dollars, que les parents vont devoir assumer eux-mêmes pour envoyer leurs enfants en service de garde. «L'an prochain, le gouvernement Charest veut retourner un milliard aux Québécois [par une baisse d'impôt], mais aux parents qui ont des enfants, on va leur demander de payer 100 millions de plus pour les services de garde. Pourquoi ce sont juste les parents qui doivent payer et non pas tous les contribuables?», se questionne M. Robitaille.
«L'an prochain, s'il y a une baisse d'impôt au Québec, ce sont les familles québécoises qui vont l'avoir payée en partie, ajoute de son côté le porte-parole de l'opposition officielle en matière de famille et enfance, Jonathan Valois. C'est vraiment ça le message que l'on veut envoyer aux familles québécoises, avec tous les problèmes de démographie que nous avons?»
M. Valois ajoute que le gouvernement du Québec devrait se tourner vers le fédéral, et non pas vers les parents, pour financer le réseau. Il explique que le fédéral a cessé de donner des crédits d'impôt aux familles du Québec qui utilisaient les centres de la petite enfance à 5 $. «Le fédéral a économisé de cette façon 200 millions, de l'argent qu'il n'a jamais renvoyé au Québec. Je ne peux pas croire que nous allons nous déchirer entre Québécois quand la moitié des crédits d'impôt sont au fédéral», mentionne M. Valois.
En ce qui concerne le développement du réseau, Jean Robitaille déplore qu'aucune augmentation des places dans les CPE ne soit prévue dans les trois scénarios. D'après lui, les garderies privées, dont l'objectif est d'être rentables, ne seront pas intéressées à aller s'installer, par exemple, en Gaspésie ou sur la Côte-Nord. «Comment allons-nous faire pour répondre aux besoins des régions?», se demande M. Robitaille.
Le président de l'Association des garderies privées, Sylvain Lévesque, assure quant à lui que les garderies privées ne font qu'attendre le feu vert du gouvernement pour aller s'installer en région. Il ajoute que le troisième scénario de développement, qui prévoit des places en halte-garderie et en garderie privée, est la situation idéale pour répondre aux besoins des parents.
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