Grand Prix du Canada - Ottawa refuse de modifier sa loi antitabac
La loi, c'est la loi, a tranché hier le premier ministre Jean Chrétien, refusant de manière catégorique de permettre à nouveau la commandite du tabac pour sauver le Grand Prix du Canada.
À l'instar du gouvernement Charest, les libéraux de Jean Chrétien adhèrent plutôt à la stratégie de Normand Legault, le promoteur du Grand Prix du Canada. Ensemble, ils tenteront de persuader les équipes de la F1 de faire pression sur Bernie Ecclestone, bref, de se battre à leurs côtés pour la survie de l'épreuve à Montréal.
Les libéraux apparaissent plus déterminés que jamais à bannir de la sphère publique toute commandite de l'industrie du tabac dès le 1er octobre. «Comme le gouvernement provincial l'a dit, il n'est pas question de changer la loi [antitabac]», a dit M. Chrétien à l'issue de la réunion du conseil des ministres.
Prudent dans les premiers jours de la crise secouant le Grand Prix du Canada, le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, Denis Coderre, a qualifié hier de «chantage» les manoeuvres de Bernie Ecclestone, un homme d'affaires qui s'en met «plein les poches».
Se prévalant d'une clause dans le contrat unissant sa compagnie, la Formula One Management, et la direction du Grand Prix du Canada, Bernie Ecclestone a retiré Montréal du championnat 2004 de F1 en raison de l'entrée en vigueur, après un moratoire de sept ans, des lois interdisant la commandite du tabac.
«Ça sent un peu le chantage. On se met un peu le doigt entre l'arbre et l'écorce. On n'a pas pris personne par surprise. Ça fait sept ans qu'on dit qu'on allait appliquer la loi», a commenté hier M. Coderre.
Après avoir consacré temps, énergie et argent à défendre sa loi, au nom d'un impératif de santé publique, le gouvernement Chrétien ne peut pas reculer. S'il accorde une nouvelle exemption à la F1, comme le souhaitent Bernie Ecclestone et l'industrie touristique montréalaise, le gouvernement pourra difficilement refuser d'en faire autant pour les Internationaux de tennis ou encore le Festival de jazz. Le directeur du tournoi de tennis, Eugène Lapierre, a d'ailleurs laissé entendre qu'il accueillerait mal une exemption unique pour le Grand Prix.
À la recherche d'une exception
La «Mission Grand Prix» annoncée lundi par le ministre provincial du Sport et du Loisir, Jean-Marc Fournier, peut donc compter sur l'appui d'Ottawa. Le gouvernement fédéral y a délégué le sous-ministre de l'agence de développement économique, Marc Lafrenière.
La «Mission Grand Prix» envisage de se rendre à Budapest, où se déroulera le Grand Prix de Hongrie, du 22 au 24 août prochain, afin de rencontrer les dirigeants de la F1. Le groupe fera valoir l'idée avancée par M. Fournier, qui milite en faveur de «l'exception au contrat» plutôt que de «l'exemption à la loi».
Comme l'a dit le ministre Coderre, si les manufacturiers ont accepté de courir sans les publicités du tabac à Magny-Cours, en France, et à Silverstone, en Angleterre, pourquoi n'en feraient-ils pas autant à Montréal? «On doit demander des explications non seulement à Bernie Ecclestone, mais à la Fédération internationale automobile, qui décide du calendrier. On doit leur demander comment on peut avoir cette exemption pour la France et l'Angleterre. [...] Si c'est bon pour un, c'est aussi bon pour le Canada.»
Cinq jours après l'annonce officielle de la disparition du Grand Prix, les classes politique et économique multiplient les rencontres afin de mettre au point une solution de rechange.
La coalition mise sur pied par Tourisme Montréal se réunit pour la première fois à 16 heures, aujourd'hui, afin de peaufiner sa stratégie. Le p.-d.g. de Tourisme Montréal, Charles Lapointe, avait suggéré vendredi dernier que le Canada s'aligne sur l'Union européenne et reporte de deux ans l'entrée en vigueur des interdits sur la commandite du tabac. L'intransigeance manifestée par Québec et Ottawa oblige le regroupement d'hôteliers, de restaurateurs et de commerçants à explorer de nouvelles pistes.
Le ministre Fournier rencontre pour sa part Normand Legault et le maire de Montréal, Gérald Tremblay.
Les quatre associations de marchands des rues Peel, Crescent, Saint-Laurent et de la Petite Italie, qui profitent beaucoup de la manne de la F1, organisent enfin une conférence de presse pour annoncer la tenue d'une manifestation samedi.
Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti
À l'instar du gouvernement Charest, les libéraux de Jean Chrétien adhèrent plutôt à la stratégie de Normand Legault, le promoteur du Grand Prix du Canada. Ensemble, ils tenteront de persuader les équipes de la F1 de faire pression sur Bernie Ecclestone, bref, de se battre à leurs côtés pour la survie de l'épreuve à Montréal.
Les libéraux apparaissent plus déterminés que jamais à bannir de la sphère publique toute commandite de l'industrie du tabac dès le 1er octobre. «Comme le gouvernement provincial l'a dit, il n'est pas question de changer la loi [antitabac]», a dit M. Chrétien à l'issue de la réunion du conseil des ministres.
Prudent dans les premiers jours de la crise secouant le Grand Prix du Canada, le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, Denis Coderre, a qualifié hier de «chantage» les manoeuvres de Bernie Ecclestone, un homme d'affaires qui s'en met «plein les poches».
Se prévalant d'une clause dans le contrat unissant sa compagnie, la Formula One Management, et la direction du Grand Prix du Canada, Bernie Ecclestone a retiré Montréal du championnat 2004 de F1 en raison de l'entrée en vigueur, après un moratoire de sept ans, des lois interdisant la commandite du tabac.
«Ça sent un peu le chantage. On se met un peu le doigt entre l'arbre et l'écorce. On n'a pas pris personne par surprise. Ça fait sept ans qu'on dit qu'on allait appliquer la loi», a commenté hier M. Coderre.
Après avoir consacré temps, énergie et argent à défendre sa loi, au nom d'un impératif de santé publique, le gouvernement Chrétien ne peut pas reculer. S'il accorde une nouvelle exemption à la F1, comme le souhaitent Bernie Ecclestone et l'industrie touristique montréalaise, le gouvernement pourra difficilement refuser d'en faire autant pour les Internationaux de tennis ou encore le Festival de jazz. Le directeur du tournoi de tennis, Eugène Lapierre, a d'ailleurs laissé entendre qu'il accueillerait mal une exemption unique pour le Grand Prix.
À la recherche d'une exception
La «Mission Grand Prix» annoncée lundi par le ministre provincial du Sport et du Loisir, Jean-Marc Fournier, peut donc compter sur l'appui d'Ottawa. Le gouvernement fédéral y a délégué le sous-ministre de l'agence de développement économique, Marc Lafrenière.
La «Mission Grand Prix» envisage de se rendre à Budapest, où se déroulera le Grand Prix de Hongrie, du 22 au 24 août prochain, afin de rencontrer les dirigeants de la F1. Le groupe fera valoir l'idée avancée par M. Fournier, qui milite en faveur de «l'exception au contrat» plutôt que de «l'exemption à la loi».
Comme l'a dit le ministre Coderre, si les manufacturiers ont accepté de courir sans les publicités du tabac à Magny-Cours, en France, et à Silverstone, en Angleterre, pourquoi n'en feraient-ils pas autant à Montréal? «On doit demander des explications non seulement à Bernie Ecclestone, mais à la Fédération internationale automobile, qui décide du calendrier. On doit leur demander comment on peut avoir cette exemption pour la France et l'Angleterre. [...] Si c'est bon pour un, c'est aussi bon pour le Canada.»
Cinq jours après l'annonce officielle de la disparition du Grand Prix, les classes politique et économique multiplient les rencontres afin de mettre au point une solution de rechange.
La coalition mise sur pied par Tourisme Montréal se réunit pour la première fois à 16 heures, aujourd'hui, afin de peaufiner sa stratégie. Le p.-d.g. de Tourisme Montréal, Charles Lapointe, avait suggéré vendredi dernier que le Canada s'aligne sur l'Union européenne et reporte de deux ans l'entrée en vigueur des interdits sur la commandite du tabac. L'intransigeance manifestée par Québec et Ottawa oblige le regroupement d'hôteliers, de restaurateurs et de commerçants à explorer de nouvelles pistes.
Le ministre Fournier rencontre pour sa part Normand Legault et le maire de Montréal, Gérald Tremblay.
Les quatre associations de marchands des rues Peel, Crescent, Saint-Laurent et de la Petite Italie, qui profitent beaucoup de la manne de la F1, organisent enfin une conférence de presse pour annoncer la tenue d'une manifestation samedi.
Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti
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