Indignation d'une mamy juive - Israël construit un «mur de l'apartheid»
La muraille qu'érige l'État hébreu le long de sa frontière avec la Cisjordanie n'indispose pas que les Palestiniens. Des juifs aussi dénoncent ce «mur de l'apartheid» qui éventre des villes et sépare maints agriculteurs palestiniens de leurs champs.
Helga Mankovitz, une juive canadienne âgée de 67 ans, est revenue troublée de son récent séjour dans les territoires occupés de Cisjordanie.
Le sort réservé aux nombreux Palestiniens habitant à proximité de la frontière entre Israël et la Cisjordanie l'a profondément bouleversée.
«Je voulais voir ce qui se passe réellement là-bas, en être témoin et le raconter à tous», a déclaré très sereinement cette petite dame aux cheveux de neige avant de décrire les diverses manifestations auxquelles elle a assisté en marge du mur de sécurité, qu'élève l'État d'Israël dans le but de freiner l'entrée de terroristes sur son territoire. Salué par les Israéliens vivant dans la perpétuelle angoisse des attentats kamikazes, ce mur est par contre fortement décrié par les Palestiniens, qui ont été expropriés ou qui le plus souvent se sont retrouvés coupés de leurs terres. «Ces barrières dressées au milieu de leurs cultures maraîchères ou de leurs champs d'oliviers privent les Palestiniens de leurs principales sources de revenus, a souligné Mme Mankovitz. On avait bien promis à ces agriculteurs l'ouverture de passages afin de leur assurer un accès à leurs terres. Mais l'armée israélienne verrouille ces portes quand bon lui semble, ou le plus souvent les laisse cadenassées en permanence.»
«Danger mortel»
Constituée d'une muraille de béton de huit mètres de hauteur, elle-même bordée de fossés antichars, de détecteurs de mouvements et de barbelés, la palissade est également tapissée de panneaux annonçant le «danger mortel qu'encourt quiconque oserait franchir ou endommager cette barrière».
Ces messages d'intimidation indignent Helga Mankovitz, qui décrivait hier l'incongruité de la situation.
«Dès que les manifestants palestiniens ont cherché à couper les barbelés dans l'espoir de s'approcher des portes donnant accès à leurs vergers ou leurs cultures, l'armée israélienne a aussitôt tenté de les écarter en leur lançant des gaz lacrymogènes et des projectiles de caoutchouc», a-t-elle expliqué.
Touchée au coeur, Helga Mankovitz s'est jointe à quatre actions visant à compromettre l'édification du mur. Ces manifestations réunissaient non seulement des centaines de Palestiniens, une cinquantaine de militants du Mouvement de solidarité internationale en faveur du peuple palestinien (MSI) venus des quatre coins du monde, mais aussi quelques dizaines d'activistes israéliens. Helga Mankovitz n'est en effet pas la seule à se préoccuper du sort des Palestiniens, et elle se réjouit de l'existence parmi les Juifs d'Israël d'un fort mouvement pacifiste qui s'oppose à l'érection de cette barricade. «Juifs et Arabes sont frères», brandissaient justement rue Peel certains militants venus saluer la mamy juive, qui a foulé pour la première fois de sa vie le sol de la Palestine du 13 juillet au 2 août dernier.
Ces manifestations menées régulièrement en bordure du mur longeant la ligne du cessez-le-feu de 1967 se passent parfois dans le calme.
Meilleures conditions de vie
«Tous les lundis, les proches parents de prisonniers retenus en Israël brandissent le portrait de leur être cher et réclament de meilleures conditions de vie. Tout cela est très triste et pathétique», a déclaré Mme Mankovitz.
D'autres événements dégénèrent toutefois dans la violence. Plus tôt cette semaine, l'armée israélienne a rudoyé et incarcéré de nombreux manifestants qui s'opposaient à la démolition d'une maison palestinienne qui était située à l'endroit où doit être dressé le mur de sécurité. Parmi la quarantaine d'activistes détenus par les autorités israéliennes figuraient deux militants canadiens, dont la Montréalaise Soledad Delgado.
Cette dernière a finalement été relâchée 24 heures après son arrestation, mais elle se voit maintenant refuser l'entrée dans les territoires occupés.
Steffan Christoff, du MSI de Montréal, a dénoncé l'«attitude complice» du gouvernement canadien qui, «malgré sa position officielle contre l'occupation illégale par Israël de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, donne carte blanche aux arrestations, au mauvais traitement et à l'expulsion des citoyens canadiens des territoires occupés». «M. Graham, ministre canadien des Affaires étrangères, refuse de protester contre cette violation des droits des ressortissants canadiens», s'est insurgé M. Christoff, qui dénonce cette ghettoïsation des Palestiniens.
Helga Mankovitz semblait somme toute déçue du peu d'impact qu'avaient eu ces manifestations sur la poursuite des travaux de construction du mur.
Lesquels seraient pratiquement terminés, a-t-elle précisé.
Tandis que les partisans du MSI invitaient Helga Mankovitz à témoigner, un autre mur s'esquissait de part et d'autre de la rue Peel à l'angle du boulevard René-Lévesque. Des membres de B'Nai Brith Canada brandissaient des pancartes invitant à lire la Bible dans laquelle il y est clairement écrit que la «terre d'Israël appartient aux Juifs». Ces féroces défenseurs de l'intégrité de l'État d'Israël interprétaient les gestes des activistes du MSI comme des «actes de génocide contre les Juifs».
«Ces personnes appuient les kamikazes. Elles veulent la destruction de l'État d'Israël», a déclaré l'un de ces contre-manifestants qui a désiré garder l'anonymat.
«Il n'y a pas d'autres façons [que d'ériger ce mur] de protéger les Juifs qui veulent mener une vie normale, aller au cinéma ou aller prendre un café.»
Helga Mankovitz, une juive canadienne âgée de 67 ans, est revenue troublée de son récent séjour dans les territoires occupés de Cisjordanie.
Le sort réservé aux nombreux Palestiniens habitant à proximité de la frontière entre Israël et la Cisjordanie l'a profondément bouleversée.
«Je voulais voir ce qui se passe réellement là-bas, en être témoin et le raconter à tous», a déclaré très sereinement cette petite dame aux cheveux de neige avant de décrire les diverses manifestations auxquelles elle a assisté en marge du mur de sécurité, qu'élève l'État d'Israël dans le but de freiner l'entrée de terroristes sur son territoire. Salué par les Israéliens vivant dans la perpétuelle angoisse des attentats kamikazes, ce mur est par contre fortement décrié par les Palestiniens, qui ont été expropriés ou qui le plus souvent se sont retrouvés coupés de leurs terres. «Ces barrières dressées au milieu de leurs cultures maraîchères ou de leurs champs d'oliviers privent les Palestiniens de leurs principales sources de revenus, a souligné Mme Mankovitz. On avait bien promis à ces agriculteurs l'ouverture de passages afin de leur assurer un accès à leurs terres. Mais l'armée israélienne verrouille ces portes quand bon lui semble, ou le plus souvent les laisse cadenassées en permanence.»
«Danger mortel»
Constituée d'une muraille de béton de huit mètres de hauteur, elle-même bordée de fossés antichars, de détecteurs de mouvements et de barbelés, la palissade est également tapissée de panneaux annonçant le «danger mortel qu'encourt quiconque oserait franchir ou endommager cette barrière».
Ces messages d'intimidation indignent Helga Mankovitz, qui décrivait hier l'incongruité de la situation.
«Dès que les manifestants palestiniens ont cherché à couper les barbelés dans l'espoir de s'approcher des portes donnant accès à leurs vergers ou leurs cultures, l'armée israélienne a aussitôt tenté de les écarter en leur lançant des gaz lacrymogènes et des projectiles de caoutchouc», a-t-elle expliqué.
Touchée au coeur, Helga Mankovitz s'est jointe à quatre actions visant à compromettre l'édification du mur. Ces manifestations réunissaient non seulement des centaines de Palestiniens, une cinquantaine de militants du Mouvement de solidarité internationale en faveur du peuple palestinien (MSI) venus des quatre coins du monde, mais aussi quelques dizaines d'activistes israéliens. Helga Mankovitz n'est en effet pas la seule à se préoccuper du sort des Palestiniens, et elle se réjouit de l'existence parmi les Juifs d'Israël d'un fort mouvement pacifiste qui s'oppose à l'érection de cette barricade. «Juifs et Arabes sont frères», brandissaient justement rue Peel certains militants venus saluer la mamy juive, qui a foulé pour la première fois de sa vie le sol de la Palestine du 13 juillet au 2 août dernier.
Ces manifestations menées régulièrement en bordure du mur longeant la ligne du cessez-le-feu de 1967 se passent parfois dans le calme.
Meilleures conditions de vie
«Tous les lundis, les proches parents de prisonniers retenus en Israël brandissent le portrait de leur être cher et réclament de meilleures conditions de vie. Tout cela est très triste et pathétique», a déclaré Mme Mankovitz.
D'autres événements dégénèrent toutefois dans la violence. Plus tôt cette semaine, l'armée israélienne a rudoyé et incarcéré de nombreux manifestants qui s'opposaient à la démolition d'une maison palestinienne qui était située à l'endroit où doit être dressé le mur de sécurité. Parmi la quarantaine d'activistes détenus par les autorités israéliennes figuraient deux militants canadiens, dont la Montréalaise Soledad Delgado.
Cette dernière a finalement été relâchée 24 heures après son arrestation, mais elle se voit maintenant refuser l'entrée dans les territoires occupés.
Steffan Christoff, du MSI de Montréal, a dénoncé l'«attitude complice» du gouvernement canadien qui, «malgré sa position officielle contre l'occupation illégale par Israël de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, donne carte blanche aux arrestations, au mauvais traitement et à l'expulsion des citoyens canadiens des territoires occupés». «M. Graham, ministre canadien des Affaires étrangères, refuse de protester contre cette violation des droits des ressortissants canadiens», s'est insurgé M. Christoff, qui dénonce cette ghettoïsation des Palestiniens.
Helga Mankovitz semblait somme toute déçue du peu d'impact qu'avaient eu ces manifestations sur la poursuite des travaux de construction du mur.
Lesquels seraient pratiquement terminés, a-t-elle précisé.
Tandis que les partisans du MSI invitaient Helga Mankovitz à témoigner, un autre mur s'esquissait de part et d'autre de la rue Peel à l'angle du boulevard René-Lévesque. Des membres de B'Nai Brith Canada brandissaient des pancartes invitant à lire la Bible dans laquelle il y est clairement écrit que la «terre d'Israël appartient aux Juifs». Ces féroces défenseurs de l'intégrité de l'État d'Israël interprétaient les gestes des activistes du MSI comme des «actes de génocide contre les Juifs».
«Ces personnes appuient les kamikazes. Elles veulent la destruction de l'État d'Israël», a déclaré l'un de ces contre-manifestants qui a désiré garder l'anonymat.
«Il n'y a pas d'autres façons [que d'ériger ce mur] de protéger les Juifs qui veulent mener une vie normale, aller au cinéma ou aller prendre un café.»
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