Mariages homosexuels - Chrétien veut apaiser le débat
8 août 2003
Société
Ottawa — Le premier ministre Jean Chrétien, défenseur malgré lui des mariages gais et lesbiens, demandera aux députés libéraux d'approuver le projet de loi sur les mariages homosexuels.
À l'occasion des prochaines rencontres d'été du caucus libéral, prévues dans deux semaines, Jean Chrétien devra probablement affronter une attaque en règle des libéraux opposés à cette réforme. Mais il a déjà préparé sa réponse.
Converti de la dernière heure à la cause des couples homosexuels, Jean Chrétien expliquera en douceur, à l'occasion des débats prévus du 19 au 21 août, la raison de ce changement de cap.
«Il parlera du fait qu'il faut faire face à la réalité, a expliqué hier Jim Munson, porte-parole du premier ministre. Il dira qu'il faut reconnaître une réalité déjà acceptée par certaines cours», a-t-il ajouté, faisant référence aux trois cours provinciales de l'Ontario, de la Colombie-Britannique et du Québec. Ces dernières ont estimé que la définition de la loi sur le mariage traditionnel contrevenait à la Charte canadienne des droits et des libertés.
Le 17 juin dernier, Jean Chrétien annonçait que le gouvernement fédéral ne ferait pas appel de ces décisions, les mariages homosexuels étant selon lui un signe des temps.
Cela ne l'a pas empêché de donner l'impression de traîner les pieds, évitant même de faire la moindre mention du mot «mariage».
Respecter la Charte des droits et libertés
M. Chrétien n'adressera pas de réprimande aux opposants.
«Il ne leur fera pas la leçon, a estimé M. Munson. Il dira: "Nous respectons la Charte des droits et des libertés"».
«Il dira que c'est notre obligation de protéger l'égalité de tous les Canadiens, en vertu de la Charte.»
Le premier ministre rappellera aux députés qu'ils ont tout à fait le droit de voter contre le projet de loi, qui sera probablement présenté à l'occasion d'un vote libre à la Chambre des communes.
La date reste toutefois à déterminer, mais cela pourrait avoir lieu après les élections générales anticipées, l'année prochaine.
De plus en plus de libéraux clament maintenant haut et fort leur opposition au mariage entre conjoints du même sexe et estiment qu'il est possible de contrer la loi.
Selon eux, la moitié du caucus libéral y est opposé, ce qui représente en gros le nombre des voix nécessaires pour faire battre le projet aux Communes.
Pratiquement tous les députés du NPD et du Bloc québécois, voire quelques conservateurs, ont déjà fait savoir qu'ils voteront en faveur de la loi. L'ensemble du caucus de l'Alliance canadienne y est à l'inverse totalement opposé.
Avant le vote des Communes, le projet de loi doit d'abord passer par la Cour suprême du Canada, qui doit donner son avis sur la constitutionnalité de la loi. Sa réponse n'est pas attendue avant 2004.
À l'occasion des prochaines rencontres d'été du caucus libéral, prévues dans deux semaines, Jean Chrétien devra probablement affronter une attaque en règle des libéraux opposés à cette réforme. Mais il a déjà préparé sa réponse.
Converti de la dernière heure à la cause des couples homosexuels, Jean Chrétien expliquera en douceur, à l'occasion des débats prévus du 19 au 21 août, la raison de ce changement de cap.
«Il parlera du fait qu'il faut faire face à la réalité, a expliqué hier Jim Munson, porte-parole du premier ministre. Il dira qu'il faut reconnaître une réalité déjà acceptée par certaines cours», a-t-il ajouté, faisant référence aux trois cours provinciales de l'Ontario, de la Colombie-Britannique et du Québec. Ces dernières ont estimé que la définition de la loi sur le mariage traditionnel contrevenait à la Charte canadienne des droits et des libertés.
Le 17 juin dernier, Jean Chrétien annonçait que le gouvernement fédéral ne ferait pas appel de ces décisions, les mariages homosexuels étant selon lui un signe des temps.
Cela ne l'a pas empêché de donner l'impression de traîner les pieds, évitant même de faire la moindre mention du mot «mariage».
Respecter la Charte des droits et libertés
M. Chrétien n'adressera pas de réprimande aux opposants.
«Il ne leur fera pas la leçon, a estimé M. Munson. Il dira: "Nous respectons la Charte des droits et des libertés"».
«Il dira que c'est notre obligation de protéger l'égalité de tous les Canadiens, en vertu de la Charte.»
Le premier ministre rappellera aux députés qu'ils ont tout à fait le droit de voter contre le projet de loi, qui sera probablement présenté à l'occasion d'un vote libre à la Chambre des communes.
La date reste toutefois à déterminer, mais cela pourrait avoir lieu après les élections générales anticipées, l'année prochaine.
De plus en plus de libéraux clament maintenant haut et fort leur opposition au mariage entre conjoints du même sexe et estiment qu'il est possible de contrer la loi.
Selon eux, la moitié du caucus libéral y est opposé, ce qui représente en gros le nombre des voix nécessaires pour faire battre le projet aux Communes.
Pratiquement tous les députés du NPD et du Bloc québécois, voire quelques conservateurs, ont déjà fait savoir qu'ils voteront en faveur de la loi. L'ensemble du caucus de l'Alliance canadienne y est à l'inverse totalement opposé.
Avant le vote des Communes, le projet de loi doit d'abord passer par la Cour suprême du Canada, qui doit donner son avis sur la constitutionnalité de la loi. Sa réponse n'est pas attendue avant 2004.
- » gay
Haut de la page

