jeudi 26 novembre 2009 Dernière mise à jour 22h45


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Fin de l'occupation du parc Lafontaine - Ce n'est qu'un début, de dire les squatteurs

Alec Castonguay   7 juillet 2003  Société
Une militante évincée dans la nuit de samedi à hier du parc Lafontaine est revenue sur les lieux hier afin de discuter des prochaines actions pour dénoncer la pénurie de logements abordables.
Photo : Patrick Sanfaçon
Une militante évincée dans la nuit de samedi à hier du parc Lafontaine est revenue sur les lieux hier afin de discuter des prochaines actions pour dénoncer la pénurie de logements abordables.
Le maire Gérald Tremblay a beau refuser d'employer le mot «crise» pour décrire la pénurie de logements, les militants pour des habitations abordables entendent bien lui rappeler tout l'été que la situation est loin d'être réglée. L'occupation du parc Lafontaine, qui a été démantelée dans la nuit de samedi à hier, après une seule journée, n'est qu'une première étape, selon les organisateurs de la manifestation.

Les moyens d'action et de sensibilisation vont se multiplier dans les prochaines semaines pour «garder le momentum», soutient Mathieu Thériault, porte-parole du Comité des sans-emploi de Montréal-Centre. «Il y a certainement d'autres squats qui vont suivre, puisque ce mode d'action reste super-pertinent, affirme-t-il. Mais ça ne se prépare pas en 10 minutes.»

Pour celui du parc Lafontaine, c'est bel et bien la fin. Les militants n'ont pas l'intention de réinstaller leurs tentes, même s'ils étaient de retour sur les lieux hier. Lors d'une réunion qui a duré près de trois heures et a rassemblé une trentaine de personnes, les occupants ont décidé de remiser les abris de toile pour l'instant, même si le squat devait originellement s'étirer jusqu'à samedi. «On a décidé de ne pas reprendre là où nous étions quand la police est intervenue, raconte Mathieu Thériault. Mais les gens vont se réunir ici toute la semaine pour garder contact et décider de la suite des choses.»

Déjà, quelques projets sont en marche. Aujourd'hui, une partie des manifestants qui étaient au parc Lafontaine vont se diriger vers Guindonville dans le cadre d'une activité de protestation organisée par le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU). Samedi prochain, un pique-nique se tiendra au parc Outremont, non loin de la résidence de Gérald Tremblay; puis un grand rassemblement pacifique se tiendra à 15h00 au parc Lafontaine pour informer le public sur la crise du logement et sur les avenues possibles pour enrayer la pénurie.

Frustration dans l'air

Samedi matin, près de 300 militants pour le logement social avaient décidé de planter leurs tentes en plein centre du parc Lafontaine, à quelques pas du théâtre extérieur. Toute la journée, les occupants de «Tent City» ont partagé leur inquiétude et leur colère de voir la crise du logement être banalisée par la Ville de Montréal. «Ce n'est pas parce que la crise a été bien gérée qu'il n'y en a pas, souligne Mathieu Thériault. On veut que ça se parle et que les gens soient conscients que rien n'est réglé.»

Au FRAPRU, on montre du doigt Gérald Tremblay, qui «a changé de discours» depuis qu'il dirige la Ville. «En 2001, il accusait le maire de l'époque, Pierre Bourque, de jouer à l'autruche et de ne pas reconnaître la crise du logement, explique le porte-parole, François Saillant. Cette année, il y a deux fois plus de ménages qui ont demandé à recevoir un supplément au loyer et il refuse d'employer le mot "crise", comme si tout allait bien.»

Hier, les manifestants, qui avaient été évincés la veille à une heure du matin par 200 policiers, se disaient «frustrés» et «démoralisés» que les forces de l'ordre aient mis fin au squat de façon si «brutale». «On ne dérangeait personne, sauf les politiciens, mentionne Mathieu Thériault. Par contre, ça n'a pas été une surprise, les policiers nous avaient avertis qu'après minuit ils passeraient à l'action.»

Ce dernier pense que les manifestations sont entrées dans une «logique sensationnaliste. Si on suit les règlements, il faut huit permis pour occuper un bout de trottoir et ne pas faire trop de bruit, ironise Mathieu Thériault. Si on veut attirer l'attention, il faut aller à la limite de la légalité, avec pour conséquence que la pression policière est de plus en plus forte.»

Mais pour François Saillant, il n'y avait «aucune espèce de justification» pour l'intervention de samedi soir. «L'atmosphère était bon enfant, avec de la musique et quelques tentes, dit-il. Il n'y avait rien de répréhensible et personne ne troublait la sécurité publique. Ce règlement de ne pas se tenir dans les parcs après minuit est rarement appliqué. Quand je suis rentré chez moi vers deux heures du matin, des gens jouaient à la pétanque à l'autre bout du parc sans être inquiétés le moindrement par les policiers. C'est la preuve qu'on a appliqué le règlement plus durement que d'habitude.»

Pas de passe-droit

Au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), on estime avoir simplement fait son travail. «Les règlements municipaux sont faits pour être suivis par tous, explique le porte-parole, Yannick Ouimet. Si on fait une exception pour eux, il faudrait en faire pour tout le monde. On n'est pas là pour régler les problèmes sociaux, mais pour faire appliquer la loi.»

Le SPVM a effectué neuf arrestations pour entrave au travail des policiers et a émis neuf constats d'infraction — au coût de 138 $ — pour présence dans un parc après minuit.

C'est la Ville de Montréal qui a demandé qu'on applique le règlement à la lettre dans le cas du squat au parc Lafontaine. «On n'avait pas à faire de passe-droit, le règlement existe pour toute la population, soutient Bernard Larin, attaché de presse au comité exécutif de la Ville. Il y a moyen de faire valoir son point de vue sans contrevenir aux règles.»






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009