Justice - Des délateurs se sentent floués
Photo : Jacques Nadeau
L’ex-agent source Jim Boivin assure que de nombreux délateurs n’hésiteront pas à faire dérailler le système juidiciaire s’ils n’obtiennent pas satisfaction.
L'ex-agent source Jim Boivin a réclamé hier la tenue d'une enquête publique sur les délateurs, lesquels feraient l'objet d'une utilisation «abusive et illégale» de la part de l'État.
M. Boivin est en contact sur une base régulière avec une dizaine de délateurs (ou témoins repentis), ces criminels recrutés par la police pour infiltrer le crime organisé et témoigner contre ses têtes dirigeantes. Des délateurs insatisfaits de leur traitement n'hésiteront pas à faire dérailler des procès à venir, soit en témoignant de manière approximative, soit en révélant les vices du système, a indiqué hier M. Boivin dans un entretien au Devoir.
Les délateurs reprochent au gouvernement de ne pas respecter les ententes signées avec eux, entre autres en ne leur fournissant pas une nouvelle identité tel que promis. Ils craignent également pour leur sécurité en prison puisqu'ils sont parfois mis en contact avec des détenus réguliers qui veulent leur peau, alors qu'on leur avait fait miroiter de paisibles conditions de détention.
C'est notamment le cas de Jim Boivin, qui a intenté une poursuite de 1,8 million de dollars contre le procureur général du Québec pour bris de contrat. Boivin a infiltré, vers le milieu des années 90, des groupes de trafiquants de drogue reliés aux Hells Angels, au gang de l'Ouest, à la mafia italienne pour le compte de la Sûreté du Québec. Producteur de marijuana prospère, il avait choisi d'aider les policiers «par principe», en réaction au «power trip» des Hells Angels qui tentaient d'asseoir par la violence un monopole sur le trafic de drogue.
Avant d'amorcer sa collaboration avec les enquêteurs, Boivin a avoué tous ces crimes, y compris sa participation à un meurtre non résolu datant de 1983. Il a écopé d'une peine de sept ans et demi de pénitencier pour homicide involontaire, mais il n'en a purgé que le sixième. Son travail d'agent source a mené à plusieurs condamnations.
Lors de son séjour en prison, Boivin a rencontré plusieurs délateurs qui ont juré de perdre volontairement des procès en guise de représailles pour des promesses non tenues par le gouvernement. «Je n'ai jamais vu un délateur avec qui le gouvernement n'a pas agi de façon malhonnête», affirme Jim Boivin.
Jim Boivin a formulé une demande d'enquête auprès du nouveau ministre de la Sécurité publique, Jacques Chagnon. Selon lui, les nombreuses irrégularités commises dans l'utilisation, la gestion et l'encadrement des délateurs minent la crédibilité du système judiciaire. En raison de la radicalisation des groupes criminels et de leur propension à la violence meurtrière, le recours aux délateurs est devenu l'un des moyens les plus efficaces pour faire rouler les têtes des gros bonnets du crime. En maltraitant les délateurs actuels, Québec envoie un bien mauvais message aux recrues potentielles, estime Jim Boivin.
À l'heure actuelle, les témoins spéciaux sont encadrés par un comité de contrôle provincial et par les différents corps de police, ce qui ouvre toute grande la porte à la pression, à la menace et au chantage. Jim Boivin recommande au ministre Chagnon de créer une agence indépendante de protection des témoins spéciaux pour remédier à la situation.
M. Boivin est en contact sur une base régulière avec une dizaine de délateurs (ou témoins repentis), ces criminels recrutés par la police pour infiltrer le crime organisé et témoigner contre ses têtes dirigeantes. Des délateurs insatisfaits de leur traitement n'hésiteront pas à faire dérailler des procès à venir, soit en témoignant de manière approximative, soit en révélant les vices du système, a indiqué hier M. Boivin dans un entretien au Devoir.
Les délateurs reprochent au gouvernement de ne pas respecter les ententes signées avec eux, entre autres en ne leur fournissant pas une nouvelle identité tel que promis. Ils craignent également pour leur sécurité en prison puisqu'ils sont parfois mis en contact avec des détenus réguliers qui veulent leur peau, alors qu'on leur avait fait miroiter de paisibles conditions de détention.
C'est notamment le cas de Jim Boivin, qui a intenté une poursuite de 1,8 million de dollars contre le procureur général du Québec pour bris de contrat. Boivin a infiltré, vers le milieu des années 90, des groupes de trafiquants de drogue reliés aux Hells Angels, au gang de l'Ouest, à la mafia italienne pour le compte de la Sûreté du Québec. Producteur de marijuana prospère, il avait choisi d'aider les policiers «par principe», en réaction au «power trip» des Hells Angels qui tentaient d'asseoir par la violence un monopole sur le trafic de drogue.
Avant d'amorcer sa collaboration avec les enquêteurs, Boivin a avoué tous ces crimes, y compris sa participation à un meurtre non résolu datant de 1983. Il a écopé d'une peine de sept ans et demi de pénitencier pour homicide involontaire, mais il n'en a purgé que le sixième. Son travail d'agent source a mené à plusieurs condamnations.
Lors de son séjour en prison, Boivin a rencontré plusieurs délateurs qui ont juré de perdre volontairement des procès en guise de représailles pour des promesses non tenues par le gouvernement. «Je n'ai jamais vu un délateur avec qui le gouvernement n'a pas agi de façon malhonnête», affirme Jim Boivin.
Jim Boivin a formulé une demande d'enquête auprès du nouveau ministre de la Sécurité publique, Jacques Chagnon. Selon lui, les nombreuses irrégularités commises dans l'utilisation, la gestion et l'encadrement des délateurs minent la crédibilité du système judiciaire. En raison de la radicalisation des groupes criminels et de leur propension à la violence meurtrière, le recours aux délateurs est devenu l'un des moyens les plus efficaces pour faire rouler les têtes des gros bonnets du crime. En maltraitant les délateurs actuels, Québec envoie un bien mauvais message aux recrues potentielles, estime Jim Boivin.
À l'heure actuelle, les témoins spéciaux sont encadrés par un comité de contrôle provincial et par les différents corps de police, ce qui ouvre toute grande la porte à la pression, à la menace et au chantage. Jim Boivin recommande au ministre Chagnon de créer une agence indépendante de protection des témoins spéciaux pour remédier à la situation.
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