Anne Bourassa, 1906-2003 - La gardienne de la pensée d'Henri Bourassa s'éteint à 97 ans
La fille du fondateur du Devoir et arrière-petite-fille de Louis-Joseph Papineau, Anne Bourassa, est décédée mardi dernier à l'âge de 97 ans. Secrétaire particulière de son père tout au long de sa vie, elle conservait soigneusement, jusqu'à tout récemment, les archives d'Henri Bourassa ainsi que des souvenirs de la famille Papineau dans le sous-sol de sa résidence d'Outremont.
«C'est une femme qui s'est pleinement épanouie à vivre pour les autres. Elle était très sereine, joyeuse, elle n'avait que de beaux souvenirs et pourtant elle n'a vécu que pour les autres», se rappelle Hélène Pelletier-Baillargeon, qui a signé la biographie d'Olivar Asselin, compagnon d'armes d'Henri Bourassa.
Lorsque la biographe poursuivait ses recherches sur le journaliste, elle a eu l'occasion de rencontrer à plusieurs reprises Mme Bourassa, alors âgée de près de 90 ans. «Elle avait une mémoire phénoménale, absolument pas touchée par l'âge. Elle était exceptionnelle. C'était la plus charmante vieille dame que j'aie rencontrée», témoigne Mme Pelletier-Baillargeon.
Tous les historiens, écrivains, étudiants qui ont travaillé sur la vie de la famille Papineau et de Henri Bourassa sont passés par la maison de la rue de l'Épée, où «mademoiselle» Bourassa leur servait le thé et des biscuits en ouvrant les portes de sa mémoire et de ses archives. «Elle s'était donné comme mission de transmettre le souvenir de ses ancêtres. C'est comme si j'étais chez ma grand-mère et qu'elle me racontait le passé», raconte avec émotion l'écrivaine Micheline Lachance, qui l'a connue dans les années 1990, alors qu'elle préparait la trilogie Le Roman de Julie Papineau. «Encore à Noël cette année, elle me parlait d'Azélie [la fille cadette de Louis-Joseph Papineau] et j'avais l'impression de la connaître.»
L'écrivaine se souvient que la demeure de Mme Bourassa était parsemée de meubles et d'objets ayant appartenu à différents membres de la famille Papineau. Dans le sous-sol, une vingtaine de classeurs attendaient les érudits en quête de mémoire.
Née en 1906, Anne Bourassa n'est âgée que de 13 ans lorsque sa mère, Joséphine Papineau, décède. L'aînée de la famille élève donc ses sept frères et soeurs et tient maison pour son père. Restée célibataire, elle a été très présente dans la vie des membres de sa famille. Elle a précédé presque tous ses frères et soeurs dans la mort, à l'exception de son frère Bernard, missionnaire jésuite au Brésil.
Bercée par les valeurs ultramontaines de son père, elle nourrit des idées religieuses et morales conservatrices, comme en témoignent plusieurs lettres ouvertes publiées jusqu'à tout récemment dans Le Devoir. «Mais dans le commerce particulier qu'on pouvait avoir avec elle, c'était une personne d'une grande tolérance, d'une grande liberté, qui n'était absolument pas puritaine», nuance Mme Pelletier-Baillargeon.
Claude Ryan, qui a été directeur du Devoir de 1964 à 1978, se souvient d'Anne Bourassa comme d'une «fidèle et farouche gardienne de la réputation et des idées de son père». Cette dernière suivait de près l'actualité et «intervenait quand le journal s'éloignait de la pensée de son père, que ce soit en matière politique ou en matière religieuse. Elle le faisait toujours avec distinction, réserve et discrétion», se rappelle M. Ryan.
Mme Bourassa sera exposée au salon funéraire Alfred Dallaire (1111, rue Laurier) d'Outremont, demain et samedi. Le service religieux aura lieu samedi à 13h à l'église Saint-Germain d'Outremont.
«C'est une femme qui s'est pleinement épanouie à vivre pour les autres. Elle était très sereine, joyeuse, elle n'avait que de beaux souvenirs et pourtant elle n'a vécu que pour les autres», se rappelle Hélène Pelletier-Baillargeon, qui a signé la biographie d'Olivar Asselin, compagnon d'armes d'Henri Bourassa.
Lorsque la biographe poursuivait ses recherches sur le journaliste, elle a eu l'occasion de rencontrer à plusieurs reprises Mme Bourassa, alors âgée de près de 90 ans. «Elle avait une mémoire phénoménale, absolument pas touchée par l'âge. Elle était exceptionnelle. C'était la plus charmante vieille dame que j'aie rencontrée», témoigne Mme Pelletier-Baillargeon.
Tous les historiens, écrivains, étudiants qui ont travaillé sur la vie de la famille Papineau et de Henri Bourassa sont passés par la maison de la rue de l'Épée, où «mademoiselle» Bourassa leur servait le thé et des biscuits en ouvrant les portes de sa mémoire et de ses archives. «Elle s'était donné comme mission de transmettre le souvenir de ses ancêtres. C'est comme si j'étais chez ma grand-mère et qu'elle me racontait le passé», raconte avec émotion l'écrivaine Micheline Lachance, qui l'a connue dans les années 1990, alors qu'elle préparait la trilogie Le Roman de Julie Papineau. «Encore à Noël cette année, elle me parlait d'Azélie [la fille cadette de Louis-Joseph Papineau] et j'avais l'impression de la connaître.»
L'écrivaine se souvient que la demeure de Mme Bourassa était parsemée de meubles et d'objets ayant appartenu à différents membres de la famille Papineau. Dans le sous-sol, une vingtaine de classeurs attendaient les érudits en quête de mémoire.
Née en 1906, Anne Bourassa n'est âgée que de 13 ans lorsque sa mère, Joséphine Papineau, décède. L'aînée de la famille élève donc ses sept frères et soeurs et tient maison pour son père. Restée célibataire, elle a été très présente dans la vie des membres de sa famille. Elle a précédé presque tous ses frères et soeurs dans la mort, à l'exception de son frère Bernard, missionnaire jésuite au Brésil.
Bercée par les valeurs ultramontaines de son père, elle nourrit des idées religieuses et morales conservatrices, comme en témoignent plusieurs lettres ouvertes publiées jusqu'à tout récemment dans Le Devoir. «Mais dans le commerce particulier qu'on pouvait avoir avec elle, c'était une personne d'une grande tolérance, d'une grande liberté, qui n'était absolument pas puritaine», nuance Mme Pelletier-Baillargeon.
Claude Ryan, qui a été directeur du Devoir de 1964 à 1978, se souvient d'Anne Bourassa comme d'une «fidèle et farouche gardienne de la réputation et des idées de son père». Cette dernière suivait de près l'actualité et «intervenait quand le journal s'éloignait de la pensée de son père, que ce soit en matière politique ou en matière religieuse. Elle le faisait toujours avec distinction, réserve et discrétion», se rappelle M. Ryan.
Mme Bourassa sera exposée au salon funéraire Alfred Dallaire (1111, rue Laurier) d'Outremont, demain et samedi. Le service religieux aura lieu samedi à 13h à l'église Saint-Germain d'Outremont.
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